Le
zèbre a l’allure, la rapidité
et le sabot sûr propre aux équidés.
Mais, ce drôle de cheval, expose sans complexe
sa robe rayée noir et blanc dans les grands
espaces d’Afrique. Le zèbre vit exclusivement
en Afrique où il existe trois espèces.
Dans l’ Antiquité, le zèbre
était appelé hippotigris ou cheval
tigre.
Le zèbre : trois espèces
africaines
Comme
le cheval ou l’âne, le zèbre
appartient à la famille des équidés.
Le zèbre est un périssodactyle c’est-à-dire
qu’il possède des doigts recouverts
de corne en nombre impair.
Tous les équidés ont aujourd’hui
un seul orteil, celui du milieu, muni d’un
sabot massif et sur lequel le poids du corps est
en équilibre.
L’homme
a essayé de domestiquer le zèbre mais les tentatives n'ont pas été une grande réussite.
Le Zèbre de Montagne (Equus zebra)
Ses
oreilles sont plus grandes et sa robe soyeuse
forme un pli caractéristique au niveau
du cou. On compte deux sous-espèces : le
zèbre de Hartmann et le zèbre du
Cap.
Le zèbre de Hartmann (Equus zebra
hartmannae) est confiné à
la Namibie. La sécheresse est l'un des
principaux facteurs du déclin de la population.
Ce zèbre se défend vigoureusement
contre ses prédateurs. On a observé
un étalon qui, après avoir tué
une hyène tachetée à coups
de sabot, a continué de frapper la bête
morte sur une distance de 100 m.
Le
zèbre de Hartmann est grégaire et
diurne. La population totale est estimée
à environ 13 000 individus. Un étalon
a une hauteur au garrot de 144 cm environ pour
un poids maximum de 350 kg.
Le zèbre du Cap (Equus zebra zebra) avait pratiquement disparu au milieu des années
30. Sa population se reconstitue peu à
peu dans des réserves. On compte environ
700 spécimens qui vivent essentiellement
dans la réserve du Cap. La hauteur au garrot
varie de 116 à 128 cm pour un poids de
230 à 260 kg.
Il
vit dans les zones montagneuses.
Le zèbre de Grévy (Equus
grevyi)
Il
présente des rayures étroites et
un ventre blanc ainsi que des oreilles arrondies.
On pense qu’il fut le premier zèbre
à évoluer peu après que les
premiers équidés aient développé
leurs sabots.
Alors que les deux autres espèces ont une
vie sociale organisée en hardes, le zèbre
de Grévy est plus solitaire.
On
l’a baptisé ainsi car le premier
spécimen décrit par les scientifiques
fut un zèbre offert par le roi d’Ethiopie
au Président français Jules Grévy
en 1882.
Bien
que protégée, cette espèce
est toujours chassée pour sa peau. Il n’en
reste que quelques milliers qui vivent dans le
nord du Kenya dans des zones assez désertiques.
Le
zèbre de Grévy se distingue des
autres par la formation de petites hardes très
fermées. Elles mélangent étalons,
juments et poulains. Ils ne fondent pas de familles
à proprement parler mais s’établissent
sur un territoire dont ils refusent l’accès
aux autres mâles territoriaux, n’accueillant
que des femelles en rut.
Régnant
sur un domaine assez vaste, jusqu’à
10 Km², l’étalon de Grévy
est plutôt solitaire, ne tolérant
pas les autres mâles si les femelles sont
prêtes à s’accoupler.
Le zèbre de Burchell (Equus burcelli)
C’est
le plus fréquent dans les plaines d’Afrique.
Un mâle peut peser jusqu’à
300 kg. Au galop, il atteint 60 km/h. On estime
que la population est d’environ 300 000
individus. Ce sont ceux que l’on trouve
actuellement dans les plaines, au sud de l’Ethiopie
et du Soudan, dans le centre de l’Angola
et en Afrique du Sud orientale.
La
taille au garrot varie de 130 à 140 cm
pour un poids de 300 à 320 kg.
Les rayures du zèbre
Comme
nos empreintes digitales, les rayures du zèbre
lui sont propres : uniques, elles constituent
une vraie carte d’identité qui assure
la reconnaissance par les congénères.
Leurs dessins sont variables selon les espèces.
Elles sont fines chez le zèbre de Grévy
mais larges chez les deux autres espèces.
Depuis
longtemps, les zoologistes tentent d’expliquer
la présence de ces étonnantes zébrures
incroyablement voyantes. Plusieurs hypothèses
ont été émises.
Actuellement,
les scientifiques pensent que les rayures protègent
les zèbres des piqûres de la mouche
tsé-tsé. Cette pique est mortelle
et transmet la maladie du sommeil.
C’est
une hypothèse qui peut compléter
celle du camouflage car quand on observe un zèbre
dans une plaine, il se marrie en fait très
bien avec son environnement.
Pour d’autres scientifiques, les zébrures
constituent des signaux à la fois optiques
et chimiques dont la fonction majeure est d’aider
à la cohésion de la harde.
Le zèbre est sociable
Les
zèbres sont des mammifères grégaires
avant tout. Ils vivent en hardes, par associations
ou par familles. Sociables, ils paissent souvent
avec d’autres herbivores comme les gnous.
Braire
est pour le zèbre un geste social important,
surtout lorsque la sécurité du troupeau
est menacée.
Le
zèbre de Burchell et le zèbre de
montagne ont un mode de vie assez semblable. Il
n’est pas basé sur la dominance territoriale
d’un mâle mais sur la formation de
clans.
Les
zèbres des plaines forment eux de vastes
troupeaux structurés autour du noyau familial.
Chaque cellule familiale comprend le mâle,
une à six juments et les poulains. Au sein
de cette structure, l’étalon protège
avant tout, plus qu’il ne domine.
Au
sein de la harde, les amitiés se nouent
grâce aux séances de toilettage.
L’un des zèbres saisit la peau de
l’autre et le gratte doucement avec ses
incisives.
Le
contact physique est très important pour
le zèbre de Burchell
L’étalon
Les
jeunes mâles célibataires forment
des groupes qui perdurent environ deux ans. Jeux
et duels leurs apprennent les techniques qui leur
permettront de devenir chef de famille. Les étalons
dominants seront ceux qui auront fait preuve de
plus d’agilité, de rapidité
et de réflexes.
Vers
4 ans, l’étalon est prêt à
fonder une famille et part à la recherche
d’une ou plusieurs juments.
Le
combat entre étalons est un rituel immuable
et nécessaire à la harde car elle
a besoin d’un chef. La violence déployée
par les mâles en cette occasion est impressionnante.
Ils se mordent à la gorge et aux jambes
jusqu’à ce que l’un des deux
s’avoue vaincu.
La
maîtrise des coups de sabot s'effectue dans
ce cercle de jeunes mâles. Les étalons
dominants exigent auprès de leurs semblables
des preuves de soumission, sollicitées
par des attitudes d'intimidation et annoncées
par le dépôt d'un crottin près
du rival.
La reproduction du zèbre
La
cellule familiale est très stable. Entre
les juments de la même famille, une hiérarchie
est établie ainsi qu’entre les poulains
d’âges différents.
Les
juments peuvent mettre bas chaque année
et sont disponibles pour une nouvelle saillie
dix jours après l’accouchement.
Mais, en général, elle ne mette
au monde un petit que tous les deux ans.
A
15 jours, le jeune broute de l’herbe mais
sa mère continue à l’allaiter
jusqu’à l’âge de 7 mois.
Le jeune est très entouré par ses
parents mais également par la harde. L’étalon
veille avec une grande attention à sa sécurité.
Les
jeunes quittent la famille vers l’âge
de 2 à 3 ans.
Les grandes migrations
N’étant
pas ruminant, le zèbre doit passer plus
de 60% de son temps à paître pour
s’alimenter. En effet, l’absence de
rumination rend le transit intestinal rapide et
l’assimilation des aliments superficielle
: une grande quantité de végétaux
est nécessaire pour renouveler l’apport
quotidien en protéines.
Le zèbre est donc un véritable boulimique
qui sait se contenter de tout : herbes, graminées,
roseaux, feuilles ou écorces.
Il est peu sélectif. Par contre, et notamment
le zèbre des plaines, l’eau est indispensable
à sa survie. Il doit boire au moins une
fois par jour.
Le
zèbre des plaines peut parcourir 15 km
par jour uniquement occupé à brouter.
A la saison sèche, les zèbres effectuent
leur migration saisonnière. Ils peuvent
effectuer des parcours de plusieurs centaines
de kilomètres, à la recherche d’eau
et de pâturages plus verts.
Le voyage
n'est pas sans danger. By Picture Taker 2 . Licence
Le
zèbre des plaines est le plus résistant
et survit aussi bien dans la savane que dans les
bois ou les terrains broussailleux.
Pendant la saison des pluies, une sous-espèce
du zèbre des plaines, le zèbre de
Grant, se rassemble par milliers d’individus
dans les prairies du Serengeti pour une vaste
migration vers la réserve de Masaï
Mara au Kenya, distante de 200 km.
Le
zèbre de montagne cherchera, lui, à
s’élever vers les plus hauts plateaux.
Le zèbre de Grévy est adapté
à la vie dans les zones semi-désertiques.
Il a l’habitude de creuser des trous dans
les lits des rivières asséchées
pour faire jaillir l’eau.
Le zèbre et l’homme
Bien
que le zèbre des plaines peuple encore
les savanes, les autres espèces ont vu
leur population régresser, certaines ayant
même disparu.
Pendant
des siècles, en Afrique, un équilibre
naturel permit aux hardes d’herbivores de
coexister avec les tribus indigènes. Ces
dernières ne se livraient à la chasse
qu’en fonction de leurs besoins vitaux.
Avec
l’arrivée des colons blancs, l’environnement
a été complètement bouleversé.
La chasse intensive a réglé le sort
de nombreux quadrupèdes. Par exemple, deux
sous-espèces de zèbres, le quagga
et l’Equus quagga burchelli ont été
totalement exterminées.
Les
quaggas, des zèbres de couleur beige, rayés
seulement sur l’encolure et l’avant
du corps, ont été décimés
par milliers par les Boers, les colons hollandais
implantés en Afrique australe.
Le dernier quagga en liberté a été
abattu en 1878 et la race s’est définitivement
éteinte en 1883 avec la mort de la dernière
femelle dans un zoo d’Amsterdam.
L’Equus
quagga burchelli peuplait le sud du Botswana et
l’Etat d’Orange. La colonisation entraîna
un véritable massacre et le dernier spécimen
mourut en 1911.
Le
zèbre de montagne a été sauvé
in extremis de l’extinction grâce
à une loi édictée en 1913.