Les Walkyries La mythologie nordique est à l’image des peuples qui vivaient dans un environnement froid et rude. |
Mourir au combat était un honneur pour les guerriers nordiques. Ils savaient que les plus braves rejoindraient Walhalla, le palais des défunts de Wotan (Odin). Ce sont les Walkyries qui choisissent selon les vœux d’Odin les nobles et les héros morts au combat. Ces esprits ou nymphes se rendent sur les champs de bataille pour guider les combats, accorder la victoire puis ramener les morts au Walhalla. Les Walkyries sont ambiguës. D’une part, elles symbolisent l’héroïsme et les récompenses dues aux plus braves, de l’autre elles incitent en se servant de leurs charmes les guerriers à se sacrifier.
Walhalla est un magnifique palais dans lequel « vivent » les héros morts, les Einherjar, qui constituent l’armée personnelle d’Odin. Les Walkyries leur servent de l’hydromel, produit par la chèvre Heidrun. Ils mangent la chair du sanglier Saerihimnir. Boisson et viande sont inépuisables. Tous ces guerriers doivent livrer leur dernière grande bataille aux côtés d’Odin à Ragnarök.
Wotan est un dieu qui réclame toujours plus de combats et de puissance. Dieu de la guerre, de la mort, de la magie et de la poésie, c’est un personnage plutôt inquiétant. Les Peuples du Nord pensaient que la vie avait commencé avec la fusion de la glace et du feu et que tout prendrait fin à Ragnarök.
Odin, représenté à la fin du Moyen Age (Royal Library, Copenhague) Habitués à des hivers longs sans lumière, les populations nordiques ont retranscrit leurs angoisses au quotidien à travers leur mythologie. L’Islande est une île volcanique. Ce n’est donc pas un hasard si Ragnarök est décrit comme un jour où les flammes monteront jusqu’au ciel et où la terre sombrera dans la mer. Les poètes étaient des membres importants de la communauté. Ils avaient la charge d’élaborer les mythes puis de les répéter et de les transmettre par la tradition orale. La mythologie nordique est restée très ancrée en Norvège, en Suède, au Danemark, en Scandinavie et en Islande bien après l’introduction du christianisme. Ces mythes ont inspiré de nombreux artistes dont John Ronald Revel Tolkien, devenu célèbre, avec son épopée « Le Seigneur des Anneaux ». Richard Wagner (1813-1883) a magistralement mis en musique cette mythologie. Les quatre opéras de L'Anneau du Nibelung (Der Ring des Nibelungen) sont directement inspirés de la mythologie nordique : Das Rheingold; Die Walküre; Siegfried; Götterdämmerung Cependant, l’interprétation wagnérienne de Wotan est plus complexe et tout à fait d’actualité. Le pouvoir y est moins absolu et plus empreint d’incertitudes. Dans la mythologie grecque, les Dieux sont immortels. Ce n’est pas le cas de la mythologie nordique. Il sait dès le départ qu’elle sera l’issue du Ragnarök. Condamné à être dévoré par le loup Fenrir, il ne peut éviter la destruction du monde. Wagner a su donner une interprétation moderne à ces mythes. Les puissants de ce monde, ceux qui nous gouvernent ou qui tiennent entre leurs mains tous les pouvoirs, sont malgré tout impuissants face à l’inexorable loi de la mort. Ce temps est donc précieux et doit être utilisé à bon escient. Véronique Battaglia (30.04.2009) |


