Culte Vaudou et zombi Aujourd’hui encore, en Haïti, le vaudou est très vivace principalement dans les couches les plus populaires de la société. Ce culte fascine par ses rituels magiques mais surtout parce que le vaudou est associé au zombi.
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Au 15e siècle commence le commerce d’esclaves africains en direction de Haïti. Ces hommes emportent avec eux leurs croyances et leurs traditions. On trouve des temples vaudou dans les quartiers pauvres de Port-au-Prince mais ce culte est surtout pratiqué dans les villages.
Une poupée criblée d'épingles, avec un poulet décapité retrouvés dans un cimetierre de la Nouvelle-Orléans en 1981 En dépit des campagnes menées par l’Eglise, les cultes demeurent vivaces à Haïti mais également au Brésil et aux Caraïbes. Sous le régime des Duvalier, renversé en 1986, les sinistres Tontons Macoutes, l'armée privée de la famille, étaient supposés compter de nombreux zombis dans leurs rangs. Cette croyance populaire augmentait la crainte qu'ils inspiraient. "Papa Doc" lui même était redouté pour ses pouvoirs magiques.
Selon le culte vaudou, Dieu « le Grand Maître » est au-dessus de tout et a créé les esprits « les loa » qui sont au service de l’homme. La prise de possession par ce maître se fait où cours d’une cérémonie où des animaux, des volailles le plus souvent, sont immolés. Les officiants sont le « uga », prêtre vaudou, ou « mambo » s’il s’agit d’une femme ; le « boko » est le magicien qui peut faire le bien ou le mal, et le « loup-garou », le sorcier.
Le sorcier vaudou a une face noire et une face blanche car il peut être malfaisant ou bienfaisant Ces officiants sont inséparables. Ils mettent en contact leurs adeptes avec leurs divinités au cours de rituels marqués par des chants et des danses effrénées. Lorsque l’excitation atteint son paroxysme, un ou plusieurs fidèles entrent en transe, et chacun est possédé par un esprit. Les cérémonies vaudou commencent toujours par une invocation à Legba « le Maître des Portes ». Il garde le passage entre le monde des dieux et celui des humains.
Les cérémonies vaudou se déroulent sur le sol en terre battue du temple. Un houngan trace sur le sol, avec de la farine, des vevers (symboles du loa) Etrangement, la Vierge Marie est représentée dans le Vaudou par Erzulie, la déesse de l’Amour dont la virginité n’est pas la principale qualité. Un adepte chevauché par Damballah, le dieu-serpent, peut se contorsionner sur le sol comme un reptile. Damballah est identifié à saint Patrick car celui-ci avait un pouvoir sur les serpents.
L’un des aspects les plus controversés du vaudou est bien sûr l’existence de zombis. Auprès des populations, le zombi est craint mais fait aussi pitié. Il arrive d’ailleurs que des défunts aient la tête tranchée pour qu’ils ne deviennent pas des morts-vivants. Il semble qu’il y ait trois sortes de zombis:
Les Haïtiens racontent de nombreuses histoires de zombis. Un prêtre catholique confia à l’anthropologue Francis Huxley qu’il avait vu dans un village un zombi en train de ronger la corde lui liant les mains.
Femme zombie, photographiée en 1937, à Haïti, est vivante bien que supposée morte depuis 1907 En 1918, l’importante raffinerie de Port-au-Prince avait un besoin urgent de personnel. Un jour, un contremaître noir se présenta avec 9 hommes au regard vitreux, qui traînaient les pieds et semblaient totalement hébétés. D’anciens zombis ont pu témoigner qu’ils avaient été traités en esclaves. Par exemple, Clairvius Narcisse tomba malade en 1962 et fut déclaré mort peu après. Il témoigna qu’il pouvait voir et entendre mais sans rien éprouver. Il assista donc à son propre enterrement puis on le déterra, on lui attacha les poignets et on l’emmena dans une exploitation. Il y travailla environ 2 ans avec une centaine d’autres zombis esclaves. Ces prétendus morts-vivants sont drogués pendant toute la durée de leur esclavage.
Clairvius Narcisse désigne son nom sur la tombe d'où il est sorti comme zombi esclave Si Narcisse retrouva la raison ainsi que quelques autres esclaves, c’est parce que le surveillant oublia de leur administrer la dose nécessaire.
Des études récentes, telle celle du Dr Wade Davis de l’Université de Harvard, ont démontré qu’il était possible à l’aide de certaines substances de ralentir presque totalement le rythme cardiaque.
Affiche du film I walked with a Zombie . Comme le vampire ou le loup-garou, le mythe du zombi a été une aubaine pour le cinéma Davis a également remarqué que ceux qui deviennent des zombis sont des gens à qui l’on reproche certains comportements :
Ces gens sont jugés par des sociétés secrètes haïtiennes, les Bizango. Le poison est versé le plus souvent dans la chaussure ou sur le dos de la personne visée afin qu’il imprègne la peau. Les principaux ingrédients de ce poison seraient d’après le Docteur Wade Davis :
La tétrodotoxine provoque une paralysie qui entraîne une immobilité totale durant laquelle la frontière entre la vie et la mort devient incertaine.
Le culte vaudou au cinéma. Scène de l'Empire des ténèbres, de W.Craven en 1987 Le poison intensifie subtilement la terreur de sa victime persuadée du pouvoir de son tortionnaire. D’ailleurs pour accroître leur emprise, les prêtres n’hésitent pas à utiliser des subterfuges. Un jour, un Uga déterra un cadavre et lui rendit un semblant de vie végétative devant une assistance terrifiée. L’amour et la vengeance jouent un grand rôle dans le vaudou. Mieux vaut éviter d’offenser certaines personnes. Le mauvais aspect du vaudou permet tout simplement, sous couvert de la sorcellerie, de pouvoir utiliser de la main d’œuvre comme esclaves. V.Battaglia (09.2005) |






