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Société secrète des vampires

Le mythe du vampire existe toujours. Alimentée par le cinéma, cette croyance a malheureusement inspiré des tueurs en série comme Peter Kürten baptisé « le vampire de Düsseldorf ». Au 21e siècle, la culture vampirique est plus forte que jamais.
Il existe un réseau de plusieurs milliers de vampires en Amérique du Nord et en Europe et également, dans une moindre mesure, au Japon.
Les vampires modernes sont réunis au sein d'ordres occultes dont les rituels sont directement inspirés des sociétés secrètes européennes du 19e siècle.

New York : la ville des vampires

New York ne dort jamais. À partir du crépuscule, cette ville fourmille d'individus plutôt étranges. Il existe plusieurs clans de vampires dans la ville. Chaque clan possède son propre territoire.
Les initiés écrivent le mot vampire avec un y « vampyre » ; le « y » symbolise les crocs.

Parmi eux, les plus connus sont les Hidden Shadows ou le clan Sabretooth Omega.

Tous ces clans sont très discrets et évitent les médias. Chaque mois, une soirée est organisée. C'est le lieu de rendez-vous de centaines de vampires venus de Harlem, du Bronx et du Queens.

Vampire

Illustration d'un vampire. By Vertige Van Voorst_sl.

Father Sebastian est l'un des fondateurs du clan Sabretooth et de l'Ordo Strigoi Vii.
La philosophie des membres s'appelle le strigoi Vii qui signifie « vampire vivant » en roumain. Ils suivent la « Voie de la main gauche » pour entrer dans le 5e éon : l'ère de Satan.

Ils ne croient pas en l'existence d'un dieu, car ils sont leur propre dieu.
L'égalité entre les deux sexes est totale. Hommes et femmes possèdent les mêmes pouvoirs.

Father Sebastian contrôle un réseau de plusieurs milliers de vampires en Amérique du Nord et en Europe. Il a également pris des contacts en Asie.

Susan Walsh, journaliste, a disparu en 1996, dans le New Jersey, alors qu'elle souhaitait écrire un article sur les clans vampiriques de New York. Mais, il semble beaucoup plus probable que cette disparition soit liée à l'enquête qu'elle menait sur la mafia russe et les réseaux de prostitution.

Qu'est-ce qu'un vampire moderne ?

Les membres intègrent le vampirisme à leur mode de vie Ce ne sont pas des gothiques. Ils portent de faux crocs qui sont réalisés sur mesure.

Ces crocs représentent le côté charnel, la face bestiale et donc l'animal qui sommeille en chaque être humain.

En portant ces crocs de manière visible, le « vampire » ne triche pas sur sa vraie nature ; il montre aux autres le prédateur qu'il est réellement.

Vampire

Vampire. By Alvaro Tapia

Les vampires modernes n'ont rien de comparable avec ceux qui ont alimenté la littérature. Il s'agit pour la plupart de jeunes qui ont grandi dans les ghettos.
Manifestement, devenir vampire permet à ces jeunes d'intégrer une famille, un groupe et d'avoir une identité.
Unis, ils se sentent plus puissants et surtout, ils existent enfin, au sein d'un système qui broie l'individu isolé.

Les initiés portent d'ailleurs un médaillon, le ankh, symbole qui unit tous les vampires et montre qu'ils constituent une entité ayant un but commun.

Parmi les milliers de vampires, tous n'ont pas les mêmes motivations. Certains le deviennent par mode, pour se trouver une identité, par spiritualité ou tout simplement par luxure.
En effet, le sexe est étroitement lié au vampirisme.

D'autres membres sont des fétichistes du sang, persuadés que ce breuvage leur donne l'énergie indispensable pour survivre.

Si à New York, les vampires se font discrets la journée, ce n'est pas le cas à La Nouvelle-Orléans. Dans le quartier français, très mal réputé, le vampirisme sévit au grand jour.
Des membres de tous les États s'y retrouvent pour y organiser des fêtes, des cérémonies et des rituels.

La peur des morts-vivants en Europe

Au 21e siècle, en Europe centrale, la peur des vampires, subsiste.
En 2004, une affaire de zombi à défrayer la chronique. Dans un petit village de Roumanie, Marotinu de Sus, des habitants ont déterré un homme, accusé par sa nièce d'un un vampire.
En effet, Mirella Marinescu affirmait que son oncle, qui était revenu à la vie, voulait la tuer.

Le corps a été exhumé puis éventré avec un couteau. Les hommes ont ensuite arraché le cœur avec une fourche.
Enfin, les cinq hommes ont apporté de la paille et des feuilles de maïs pour brûler la dépouille.

La fille du défunt a porté plainte et la police a ouvert une enquête qui n'a abouti sur aucune arrestation.
Contrairement aux membres des clans vampiriques, ces personnes n'intègrent nullement le vampirisme dans leur mode de vie. Elles ont une réelle peur des zombis.
Ces croyances et superstitions qui perdurent dans les villages reculés de Roumanie et de l'ensemble des Balkans sont les mêmes que celles qui existaient au Moyen Âge.

Magie rouge et rituel du sang

Tous les vampires modernes ne boivent pas du sang. Certains se contentent de se nourrir d'énergie psychique.
Cependant, des rituels du sang sont régulièrement organisés.
Les membres s'infligent des blessures pour que le sang s'écoule.
L'acte sexuel est étroitement lié à la magie rouge. Le sado-masochisme semble prédominer.

Depuis la nuit des temps, le sang est sacré et doué de pouvoirs selon la pensée magico-religieuse.Véhicule de la vie, il contient l'âme.

Le sang des sacrifices sert à fortifier les dieux et à affirmer leur immortalité. Le liquide rouge communique aux divinités et aux hommes la puissance physique et spirituelle.
Le sang possède donc, selon les différents mythes, un pouvoir de régénération.

Dans de nombreuses coutumes ancestrales, le sang humain est bu pour guérir les malades.

Le mythe des vampires, obligés de boire du sang humain pour vivre, s'inspire très probablement de ces coutumes.

Pour la plupart d'entre nous, le vampirisme est devenu un phénomène populaire, qui nous fait sourire.
Cependant, derrière ce qui peut sembler un simple folklore un peu ridicule, se cache un véritable mal de vivre.
Intégrer un clan de vampires constitue pour tous ces jeunes gens la seule possibilité de s'affirmer et de supporter la réalité quotidienne.
Mais quels sont les buts poursuivis par les leaders de ces clans ? Qu'adviendrait-il si ces réseaux tombaient entre les mains de gourous moins pacifiques ?

V. Battaglia (18 .06.2012)

 

Références principales

Le Vampirisme au quotidien : Réflexions sur Dracula et la psychologie des vampires. Gérard Lopez. Atelier de l'Archer 2000
Vampires - la vérité occulte. Konstantinos et Kurt Martin. AdA éditions 2009
Vampyres : Quand la réalité dépasse la fiction de Laurent Courau et Lukas Zpira. Pop Culture 2006
Dictionnaire des symboles, mythes et croyances. C.Morel. L'Archipel 2004