Découverte en 1779, la péninsule
de Valdès a été baptisée
ainsi par l’Italien Antonio Malaspina en
l’honneur d’Antonio Valdès.
Unie au continent par un isthme de 35 kilomètres
de long, la péninsule a une superficie
de 400 kilomètres carrés environ.
La péninsule de Valdès est composée
d’une succession de golfes, de baies et
de falaises formés de sédiments
marins datant du miocène.
Les traces de faune marine fossile y sont donc
très nombreuses. Aujourd’hui, les
eaux tranquilles des golfes offrent un refuge
pour la baleine franche et à d’autres
mammifères marins comme l’éléphant
de mer.
On peut également observer l’orque
et sa technique de chasse perfectionnée.
La péninsule de Valdès
A la fin du 19e siècle, on exploitait le sel
de Salina Grande. Mais, aujourd’hui, elle compte
à peine 220 habitants qui vivent de l’élevage
du mouton.
Depuis qu’elle a reçu le statut de réserve
naturelle en 1983, la péninsule est devenu
une destination touristique.
Ce tourisme grandissant ne semble pas, pour l’instant,
perturber l’équilibre naturel.
Exposée aux vents glaciaux de l’Atlantique,
la péninsule de Valdès est caractérisée
par une végétation basse de la steppe
patagonienne désertique.
La réserve naturelle de l’Isla de los
Pajaros (l’île des oiseaux), créée
en 1967, a permis de protéger les aires de
nidification des oiseaux marins.
L’accès en est interdit aux touristes
depuis 1975. Cet îlot constitue en effet l’habitat
idéal pour 181 espèces d’oiseaux.
Une colonie de manchots de Magellan y a également
élue domicile.
Un sanctuaire pour la baleine franche
Appartenant au sous-ordre des mysticètes,
la baleine franche australe (Eubalaena australis)
mesure jusqu’à 18 m de long pour un poids
qui peut atteindre 90 tonnes.
C’est l’un des mammifères marins
les plus menacés de la planète.
Sur sa tête, couverte de plaques de kératine,
s’ouvrent les deux évents par où
elle exhale les souffles de vapeur d’eau caractéristiques.
Le terme « baleine franche » a été
donné par leurs exterminateurs. En effet, ce
terme ne dévoile que l’extrême
facilité avec laquelle les chasseurs pouvaient
les approcher et les tuer. En effet, totalement inoffensives,
ces baleines ne coulaient pas, une fois mortes ce
qui permettait de les dépecer sans problème.
Rare et vulnérable, la baleine australe est
aujourd’hui protégée et l’on
en comptabilise entre 2 500 et
4 000.
On est très loin de la surpopulation d’antan
mais l’on a évité de justesse
l’extinction.
500 d’entre elles se reproduisent dans les
eaux du golfe de San José qui échancrent
la péninsule de Valdès.
Elles arrivent au début de l’hiver austral
et, après 12 mois de gestation, les femelles
donnent naissance à un seul baleineau de 5
mètres entre juin et septembre.
L’orque en pleine chasse
Sur les côtes de la péninsule, chaque
année, le même spectacle se déroule.
L’orque, prédateur patient, nous démontre
son ingéniosité quand il s’agit
de chasser les mammifères tels que le lion
de mer.
Sa technique de chasse est incroyablement perfectionnée.
L’orque patrouille le long de la côte.
Elle se laisse entraîner hors de l’eau
par les vagues, mais pas trop pour ne pas s’échouer.
Puis, comme un éclair, elle s’empare
de sa proie, et retourne avec son butin dans l’eau
en profitant du ressac.
L’agression est fulgurante et le timing parfaitement
orchestré.
Pour bien savourer sa victoire, l’orque ne
tue pas immédiatement sa victime mais s’amuse
un peu avec en la lançant en l’air comme
un ballon.
La colonie de lions de mer assiste alors impuissante
à ce jeu cruel.
L’orque, très puissant, peut également
s’attaquer à de plus grosses proies comme
l’éléphant de mer.
Des colonies d’éléphants de mer
se prélassent également sur les plages
de la péninsule. Ils y viennent pour se reproduire
entre décembre et février.
Ils s’installent alors au pied des promontoires
protégés par de hautes falaises qui
en interdisent l’accès aux prédateurs
terrestres.
La faune terrestre
Mammifère herbivore de la famille des camélidés,
le guanaco (Lama guanicoe) est l’habitant le
plus caractéristique de la Patagonie argentine.
La péninsule de Valdès en compte environ
2 200.
Répandu dans une grande partie de l’Amérique
du Sud, le renard s’aventure jusqu’aux
landes désolées de la Patagonie.
Il prolifère d’ailleurs sur la péninsule
grâce à l’abondance de gibier.
La faune de la péninsule est riche d’autres
espèces comme le pichi, un petit tatou nocturne.
Introduit à la fin du 19e siècle par
l’homme, le lièvre commun a colonisé
cet habitat. Il menace d’ailleurs sérieusement
le lièvre de Patagonie, le mara.
Actuellement, c’est l’homme qui constitue
la plus grande menace pour toute cette faune, quelle
soit marine ou terrestre.
Il ne s’agit plus de la menace de la chasse
impitoyable mais plutôt de l’occupation
progressive des habitats par l’homme.