Le jour d'après : un film engagé
Les films de Roland Emmerich riment avec des blockbusters
grand public. Jusqu’à présent, il nous
avait offert des films synonymes de patriotisme américain
surgonflé au fond moral douteux.
Rappelez vous de Godzilla qui montrait du doigt les méchants
français et leur créature préhistorique
issu d’essais nucléaires ou d’Independance
Day ou l’Amérique se positionne en sauveur du
monde.
A la fin de la séance, le public était presque
contraint de se mettre au garde à vous, la bannière
étoilée sur l’épaule et d’entamer
l’hymne national américain.

Et bien, contre toute attente, le jour d'après donne
l’occasion à R.Emmerich d’opérer
un virage à 180°. Pas de patriotisme exacerbé,
bien au contraire. Le Président des Etats-Unis passe
pour un parfait imbécile à la solde des gros
consortiums.
Encore plus étonnant, étant donné les
derniers évènements en Irak mais les pays Arabes
se transforment en gentils écologistes inquiets du
devenir de la planète.

Zoom
Affiche
L’autre cible de R.Emmerich est très nettement
les médias. Trop occupés à faire grimper
l’audimat, ils donnent dans la totale désinformation
au profit du sensationnel douteux. Je ne sais pas vous mais
moi ce comportement me rappelle quelque chose.
Ce film, très engagé politiquement, est-il
réaliste du point de vue scientifique ?

Zoom
Affiche
Les catastrophes décrites dans Le
Jour d'après
Tout d’abord une immense barrière de glace se
disloque en Antarctique. Une averse de grêle meurtrière
s’abat sur Tokyo.

Des ouragans d’une violence sans précédent
ravagent Hawaï.
La neige tombe pour la première fois sur New Delhi.
Enfin, des tornades dévastent Los Angeles.

Tous ces phénomènes sont présentés
comme les symptômes d’une mutation climatique
annonçant un nouvel ère glaciaire.
Cette catastrophe d’ici la fin du film va d’ailleurs
frapper la planète toute entière, sans épargner
aucun des cinq continents, au cours d’une gigantesque
tempête.
Les scientifiques s’expriment
Jean –Marie Pelt, Président de l’Institut
européen d’écologie, écrit dans
un article paru dans Santé Magazine :
« Deux consultants viennent de remettre un rapport
commandé par le Pentagone sur l’évolution
de l’environnement mondial.
Ce rapport très pessimiste est très dérangeant
pour l’administration américaine qui en minimise
les conclusions »

Cela n’a rien d’étonnant quand on sait
que les U.S.A se refusent toujours à ratifier le protocole
de Kyoto qui vise à réduire les émissions
de gaz carbonique et autres gaz à effet de serre.
Voici un résumé des conclusions
de ces deux experts :
« D’ici quelques décennies, ils prévoient
un écroulement des digues aux Pays-Bas. La fonte des
glaciers inondera les vallées en aval : les eaux de
l’Himalaya se déverseront sur le bassin du Gange.
17% de l’Inde serait totalement submergés.
Des canicules en séries favoriseraient l’apparition
d’épidémies qui s’étendraient
jusqu’en Europe. »
Vous pouvez constater que le film n’est pas loin de
la réalité

Rapport du Centre Hadley
En Europe, ces dernières années, on a connu
des crues répétées et de violentes tempêtes.
En Alaska, des immeubles se sont effondrés suite à
la fonte du permafrost et à la disparition progressive
de la calotte glaciaire arctique.
Des centaines d’îles dans le Pacifique ont disparu,
englouties par les eaux.
Moins connu du public, le problème des épidémies
a déjà commencé a causer des ravages.
Le réchauffement du climat a en effet permis à
la malaria de s’étendre. Cette maladie a causé
selon l’OMS la mort supplémentaire de 5 millions
de personnes.

Des preuves qui ne trompent pas
La planète a perdu 10% de sa surface enneigée
en 40 ans. Les glaciers se réduisent et la glace de
l’océan arctique a perdu 40% de son volume en
50 ans.
Jusqu’en 1996, on comptait 200 catastrophes annuelles
(inondations, sècheresses, tempêtes). Aujourd’hui,
ce chiffre a doublé.

Comparatif entre le scénario catastrophe du film et
celui des scientifiques
Oui, si nous ne faisons rien pour diminuer nos émissions
de gaz à effet de serre, les climatologues prévoient
un retour à des températures que nous n’avons
pas connu depuis 40 millions d’années.
A cette époque, la Terre n’avait pas de calotte
polaire permanente. Le film voit juste en mettant en exergue
le problème de la fonte des glaciers.
Cette fonte entraînera par voie de conséquence
une élévation du niveau des eaux. Nos plus grandes
capitales seront englouties sous les eaux.
Là encore, le scénario ne révèle
pas de la science-fiction. Des régions entières
seront effectivement inondées.
Concernant les Etats-Unis, il est prévu une diminution
de 50% de la pluviosité. Ce continent risque donc de
devenir très aride et peu propice à l’agriculture.
En Europe, toute l’Europe du Nord, y compris une partie
de la France et de l’Angleterre, sera recouverte de
glace.

Il y a un point sur lequel le metteur en scène a pris
quelques fantaisies par rapport à la réalité.
Il s’agit du temps nécessaire pour que le pire
scénario catastrophe se mette en place. Vous ne verrez
pas du jour au lendemain de la neige tomber en plein mois
d’août à Paris.
Mais attention, si les phénomènes mettront plus
de temps à se concrétiser, on ne parle plus
actuellement en millions d’années mais bel et
bien en dizaines d’années.
Nous constatons déjà les premiers changements
climatiques et il nous reste peu de temps pour réagir.

Réagir avant l’inexorable
Il serait temps que les gouvernements prennent au sérieux
les avertissements des scientifiques. Il ne faut pas se cacher
la face. L’inertie provient avant tout des enjeux financiers.
Quand un journaliste dit à la télévision
qu’il est conseillé de prendre une douche plutôt
qu’un bain, ça me fait sourire.
Il ne suffira pas malheureusement de ces quelques gestes pour
sauver notre civilisation. C’est tout notre mode de
vie qui devra être revu.
Par exemple, nous possédons aujourd’hui la technologie
pour rendre nos véhicules non polluants. Mais aucun
gouvernement n’a le courage de mettre les mesures en
place.
Nous possédons également la technique pour remplacer
le bois ce qui éviterait le défrichement anarchique.

L’homme s’est toujours cru capable de dompter
son environnement. Mais, si le déséquilibre
climatique s’amplifie, nous ne pourrons plus rétablir
la situation.
Même si le film de Roland Emmerich peut être qualifié
de film à grand spectacle, une chose est certaine,
l’urgence est réelle.
Site
officiel du film
V.B (05.2004)
Dossiers complémentaires sur les
catastrophes climatiques
La
Crise Climatique
L'Age
Glaciaire
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