Le terme de truite évoque immanquablement
l’image d’un bon repas ou d’une
partie de pêche. Effectivement, ce poisson
est l’un des plus connus et représente
un pôle économique important.
La truite, comme le saumon ou le brochet, fait partie
de l’ordre des Salmoniformes. Ce sont des
poissons à chair grasse et savoureuse très
prisés des consommateurs.
La truite a la capacité d’évoluer
tant en eau douce qu’en eau salée.
Elle partage cette aptitude avec le saumon dont
elle est très proche. La truite de mer n'est
en fait qu'une forme migratrice de la truite de
rivière.
Les différentes espèces
de truites
On distingue plusieurs espèces
:
La truite de mer (Salmo trutta trutta) qui est une migratrice
La truite de lac (Salmo trutta lacustris) qui remonte
les affluents pour y frayer
La truite de rivière (Salmo trutta fario) généralement
sédentaire
Ombre commun (Thymallus thymallus)
fait aussi partie des Salmonidés
Plus trapues que les saumons, avec une tête plus ramassée
aux yeux situés plus en avant, les truites sont parfois
si proches du saumon que seul un examen de l’anatomie
interne permet de les distinguer.
Le saumon rouge est reconnaissable
entre tous (Oncorhyncus nerka). Ce genre regroupe les espèces
de saumons du Pacifique
C’est notamment le cas pour la truite de mer et surtout
la truite arc-en-ciel.
Saumon de l'Atlantique (Salmo
salar)
Anciennement classée dans le genre Salmo (Salmo gairdneri),
la truite arc-en-ciel a été replacée
dans le genre Oncorhyncus sous le nom de Oncorhyncus mykiss,
genre auquel font partie les saumons du Pacifique.
Truite arc-en-ciel
Le genre Salmo serait le plus ancien des Salmonidés
comme en témoignent les fossiles d’Eosalmo qui
remontent à l’Eocène, soit environ 50
millions d’années avant notre ère.
La truite de mer
Jadis répandue dans les mers du sud de l’Europe,
la truite de mer est aujourd’hui circonscrite aux mers
Noires, Caspienne et d’Aral.
La Méditerranée est devenue trop chaude pour
elle.
La truite de mer est argentée, ponctuée de
noir sur les flancs et le dos. On la connaît également
sous le nom de truite saumonée ou truite argentée.
Cette truite a besoin d’une eau froide et oxygénée
pour la reproduction. Les alevins passent environ un an en
eau douce avant de rejoindre la mer où ils y resteront
pendant 5 ans.
Elle retournera ensuite dans sa rivière natale, qu’elle
remonte, pour à son tour se reproduire.
En mer, elle se tient près des embouchures et remonte
les fleuves généralement plus haut que le saumon.
Comme lui, elle se nourrit de crustacés et de petits
poissons.
Les plus gros spécimens peuvent atteindre une taille
de 90 cm et un poids de 10 kg. Mais, en moyenne, cette truite
mesure 30 à 70 centimètres pour 500 grammes
à 5 kilos.
La truite de rivière
La truite commune est le poisson roi de nos rivières.
On la reconnaît facilement à son corps élancé
et ses flancs constellés de points noirs et rouges.
Elle aime les eaux froides, agitées et bien oxygénées.
Elle accepte cependant les eaux plus calmes à condition
qu’elles ne soient pas trop polluées et que leur
température n’excède pas 18°C.
Poisson carnassier, la truite a un régime alimentaire
très varié : vers, mollusques, insectes, larves,
crustacés et petits poissons.
A la belle saison, la truite se poste près de la surface
pour attendre les éphémères qui dérivent
au fil du courant. Elle guette également celles qui,
fraîchement écloses, s’apprêtent
à quitter par milliers le milieu aquatique.
Pour surprendre les vairons, elle s’embusque entre
deux eaux, à des postes de chasse précis, situés
tout près de son repaire.
En règle générale, la plus grosse truite
s’attribue le repaire le plus sûr et le poste
le plus favorable.
Le meilleur habitat pour cette truite est une rivière
qui propose de nombreux herbiers afin qu’elle y trouve
refuge. Le meilleur repaire ou poste se situe dans les rivières
où les racines s’enchevêtrent et où
de gros blocs de pierre dérivent le courant.
Territoriale, elle est souvent prête à défendre
son domaine.
A l’approche de l’hiver, les truites remontent
les rivières, parfois sur plusieurs kilomètres.
Ayant trouvé l’endroit favorable pour déposer
leurs œufs, elles creusent les graviers en agitant leur
nageoire caudale.
Pendant ce temps, les mâles veillent, agressifs, prêts
à se précipiter sur tout ce qui peut représenter
un danger.
Le mâle fertilise les œufs au fur et à mesure
que les femelles les pondent.
Après la fécondation, la ponte est recouverte
de graviers, puis abandonnée. Un an plus tard, les
truitelles mesurent 12 cm. Adulte, elle mesurera jusqu’à
80 cm pour un poids qui peut atteindre 8 kg. La moyenne cependant
se situe à environ 500 grammes.
La pêche, la pollution et les prédateurs font
que, sur une ponte de 800 œufs, un seul couple de truites
adultes subsistera trois ans plus tard.
La truite arc-en-ciel
Cette truite est originaire de la côte Pacifique, du
nord de l’Asie au Sud de la Californie. Elle a été
massivement implantée sur tous les continents.
Peu sensible à la pollution, elle s’adapte à
des eaux supérieures à 20°C. Elle est très
vorace et grossit assez vite pour être rapidement consommable.
Elle a généré des races sédentaires
satisfaisantes sur le plan de l’élevage.
C’est cette truite que l’on trouve à l’étal
de notre poissonnier.
Elle doit son nom à la bande colorée, allant
du bleu au rose-pourpre, qui orne ses flancs.
A l’état sauvage, selon l’endroit où
elle vit, elle est migratrice ou sédentaire. Quand
elle vit près de la côte, elle passe une grande
partie de son existence en mer et remonte les cours des fleuves
pour frayer, de novembre à mars.
Elle dépose ses œufs sur un lit de graviers près
de la source des rivières.
Lors de la remontée des cours d’eau, cette truite
cesse de se nourrir. Elle est alors victime d’artériosclérose,
comme son cousin, le saumon du Pacifique.
Mais contrairement à ce dernier, la truite arc-en-ciel
n’en meure pas. En effet, dès qu’elle retourne
en mer, après le frai, elle guérit de cette
maladie caractérisée par un durcissement des
artères.
On a introduit cette truite en Europe dès 1880. Les
poissons proviennent des Etats-Unis ou du Canada, mais il
est rare qu’ils se reproduisent en Europe.
Au centre d’aquaculture de Roscoff, en Bretagne, elle
est habituée à l’eau de mer et croit plus
vite que celle que l’on élève en eau douce.
Plus robuste que la truite de rivière, elle grandit
vite. En deux étés, elle pèse 200 grammes
et mesure 25 cm. Elle atteindra 70 cm de long à l’âge
adulte.
D’importantes populations de truites arc-en-ciel sont
lâchées en rivière peu avant l’ouverture
de la pêche.