La théorie du trou noir
Le terme « trou noir » a été employé
pour la première fois en 1967 par John Wheeler. Grâce
à nos connaissances sur les mécanismes de formation
et de mort des étoiles, l’existence des trous noirs
a pu être confirmée.
Pour simplifier, on peut dire que la théorie est partie du
principe qu’à priori, rien ne s’oppose à
ce qu’il puisse exister des objets si denses et si massifs
que la lumière elle-même ne pourrait s’en échapper.
Selon Newton, « tous les objets de l’univers s’attirent
mutuellement avec une force inversement proportionnelle au carré
de la distance ».
Ce qui signifie que pour échapper à l’attraction
gravitationnelle exercée par une planète ou une étoile,
il faut dépasser la vitesse de la lumière.
La vitesse suffisante est appelée « vitesse de libération
». Exemple : pour quitter la Terre, une fusée doit
atteindre 11,2 Km/s. La vitesse de libération de la Terre
est donc de 11,2 Km/s
Donc, si on suppose qu’il existe des astres suffisamment
massifs pour que la lumière elle-même ne puisse s’en
échapper, cela signifie que la vitesse de libération
de ces astres est supérieure à celle de la lumière
soit environ 300 000 Km/s.
Cette théorie a été émise conjointement
par John Michell en 1783 et par Pierre Simon de Laplace en 1796.
Mais à cette époque on ne connaissait pas encore la
vitesse de la lumière.
Qu’est ce qu’un trou noir ?
En réalité, les trous noirs ne sont rien d’autre
que des résidus d’étoiles massives qui ont explosé
en supernova.

Les restes de la supernova Puppis
A. © NASA
Après l’explosion, il reste au centre de l’astre
mort un noyau ultra dense de quelques kilomètres de diamètre.
Il y a à partir de là deux solutions
:
1/ Si sa masse ne dépasse pas
trois fois celle du soleil, le noyau dense ne peut plus se comprimer
et demeure en l’état. C’est une étoile
à neutrons.
2/ Si sa masse dépasse d’au
moins trois fois celle du soleil, la gravité devient si forte
que l’effondrement sur lui-même se poursuit. L’astre
mort devient alors un trou noir.
Donc, quand une étoile a épuisé son hydrogène,
elle s'effondre sous l'effet de sa propre gravité. L'étoile
devient des centaines de fois plus grosse: c'est une géante
rouge.
Si l'étoile est plus massive que le soleil, elle devient
plus grande qu'une géante rouge: c'est une supergéante.
Puis la supergéante s'effondre brutalement et libère
une énergie phénoménale qui pulvérise
l'étoile: c'est une supernova. Les trous noirs sont donc
la conséquence de la mort des étoiles les plus massives.

Que font les trous noirs ?
Selon le principe de la relativité générale,
tout corps déforme l’espace temps qui l’entoure.
Cette déformation de l’espace-temps n’est pas
perceptible près de la Terre qui n’est pas massive.
Cette déformation est déjà observable près
du soleil.
A proximité d’un trou noir, elle est très marquée.
Donc, les distances sont raccourcies. Par exemple, les durées
seraient allongées. Une seconde serait plus longue à
côté d’un trou noir que sur Terre.
Ainsi, plus on se rapproche d’un trou noir et plus le temps
se ralentit.

Le 24 février 1987, cette
supernova a explosé dans le Grand Nuage de Magellan (© Nasa)
Mais, dans la mesure où toutes nos lois physiques ne peuvent
s’appliquer, personne ne peut dire vraiment ce qui se passe
au sein d’un trou noir.
Tout objet qui entre dans l’horizon d’un trou noir s’y
enfonce sans retour possible.
Théoriquement, on pourrait s’approcher d’un
trou noir à une certaine distance et se satelliser autour
s’en s’y engloutir. Mais, l’expérience
n’a jamais été tentée.
Observation d’un trou noir
En 1997, une équipe du service d’astrophysique du
CEA a réussi, pour la première fois, à observer
les phénomènes qui se produisent à proximité
d’un trou noir.
Il s’agissait dans ce cas précis de matière
arrachée à une étoile voisine. L’astre
baptisé GRS 1915+105 était à 40 000 années-lumière
de la Terre.
Il avait été détecté en 1992.
Dans la mesure où des supernovas explosent en permanence
au sein de la galaxie, il se créerait de nouveaux trous noirs
en continu.

Noyau de la galaxie NGC 4261,
vu par le téléscope spatial Hubble. Il ressemble à
un disque d'accrétation entourant un trou noir hypermassif
(© Digital Vision LTD)
Il faut souligner que l'on peut observer ce qui se passe dans le
voisinage d'un trou noir mais pas le trou noir par lui-même.
La lumière ne pouvant s'échapper d'un trou noir, il
est invisible.
Les représentations qu'on peut en avoir ne sont que des
vues d'artiste.

Représentation
d'un trou noir. © Terra Nova
Trou noir et voyage interstellaire
Les trous noirs auraient un symétrique dans une autre partie
de l’univers. Par opposition, on les appelle des fontaines
blanches ou « trous blancs ».
Si un trou noir absorbe la matière, le trou blanc la rejette.
Donc, en théorie, un trou noir relié à un
trou blanc créerait une porte spatio-temporelle. Ce serait
donc un voyage instantané.

Représentation
d'un trou noir absorbant la matière . © Terra Nova
Prenons le cas d’un voyage qui serait effectué par
un équipage vers les espaces interstellaires à bord
d’un vaisseau. Le principe a bien sûr été
largement étudié avec notamment le projet Dédale
élaboré dans les années 70.
Très schématiquement, disons que le concept se basait
sur de nouvelles avancées en physique nucléaire, notamment
sur la fusion.
Si un vaisseau était capable de se déplacer à
90% de la vitesse de la lumière, il serait soumis à
la déformation de l’espace-temps.
Par exemple, Alpha du Centaure, distante de 4,3 années-lumière
serait atteinte en 3 ans. Le centre de la Voie Lactée, à
30 000 années-lumière, serait atteint en 10 ans.
Mais, sur Terre, des millions d’années se seraient
écoulés.
Ce type de voyage serait donc sans retour.

La nébuleuse du Crabe
est ce qui reste de la première supernova du millénaire,
qui explosa en 1054 (© Digital Vision LTD)
On comprend mieux pourquoi les trous noirs fascinent autant. Ils
pourraient représenter le seul moyen de voyager instantanément
dans l’univers.
Malheureusement, le champ gravitationnel exerce des effets tellement
destructeurs que le passage dans un trou noir nous semble définitivement
impossible.
V.B (11.2005)
Voyage
dans le temps
Bibliographie
Au coeur des étoiles et galaxies Editions Hachette 2004.
L'Astronomie De La Martinière Jeunesse 2002. Comprendre les
Etoiles et Planètes Gründ 1990
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Astronomie
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