Un tremblement de terre est l'une des catastrophes
naturelles parmi les plus dangereuses. A la différence
d'un cyclone ou d'une éruption volcanique,
un séisme frappe en quelques secondes ne
donnant aucune chance de fuir.
On ne peut éviter un séisme mais
le principal objectif est de prévoir l'endroit
où le futur tremblement de terre se produira.
La Terre bouge à raison
de plus d’un million de secousses par an.
Bien sûr, cette activité tellurique
n’est pas, dans la plupart des cas, perceptible
à l’homme.
Notre histoire est marquée
de séismes meurtriers qui soulignent la
fragilité de notre planète et par
là même, de notre société.
Comprendre le fonctionnement d'un séisme
Un tremblement de terre ne frappe pas au hasard. Quelques
points scientifiques essentiels permettent de mieux comprendre
le phénomène.
La tectonique des plaques
L’activité sismique mondiale est mieux perçue
grâce à la théorie de la tectonique des
plaques. L’écorce terrestre est constituée
de plusieurs plaques d’une centaine de kilomètres
d’épaisseur qui se déplacent les unes
par rapport aux autres. Mais, ce déplacement se fait
par à coup. Les séismes naissent au niveau des
zones de contact de ces plaques.
La dynamique des plaques
Les plaques les plus importantes sont : l’américaine,
l’eurasienne, l’africaine, l’indo-australienne
et l’antarctique.
Ces plaques sont associées à des plaques secondaires
: somalienne, arabique, plaque de Nacza, de Cocos, des Caraïbes
et des Philippines.
Ces plaques rigides sont soumises à des tensions si
fortes qu’elles subissent régulièrement
des ruptures brutales.
Les énormes quantités d’énergie
libérées lors de ces ruptures sont à
l’origine des tremblements de terre.
Les zones d’intense activité sismique
Les zones sensibles aux tremblements de terre sont :
Les dorsales médio-océaniques qui se situent
à 1 ou 2 km sous la surface des océans
Les zones de subduction qui donnent lieu à de
violents séismes. Ces derniers sont centrés
jusqu’à 700 km de profondeur sur le plan incliné
de la croûte océanique.
On parle de subduction quand une plaque océanique
plonge sous une autre plaque
Les zones de failles transformantes le long desquelles
les plaques coulissent. Exemple : la faille de San Andreas
en Californie.
Les zones de collision qui sont la collision entre
deux continents
Foyer et épicentre d’un séisme
Le foyer ou hypocentre est le point d’origine de la
rupture de l’écorce terrestre.
L’épicentre est le point de la surface se trouvant
à la verticale du foyer. C’est là que
la secousse est maximale.
La magnitude du séisme
La magnitude quantifie la puissance du tremblement de terre.
Cette échelle de puissance a été élaboré
par Charles Francis Richter et utilisé à partir
de 1935. Cette échelle est graduée de 1 à
9.
Les ondes
L’énergie d’un séisme se transmet
à partir du foyer par l’intermédiaire
d’ondes élastiques : les ondes P ou primaires
qui sont longitudinales et les ondes S ou secondaires qui
sont transversales.
La vitesse de propagation des ondes varie de 2 à 14
km/s.
1755 : le séisme de Lisbonne
Le 1er novembre 1755, un temps radieux règne sur Lisbonne
qui prépare les cérémonies de la Toussaint.
Subitement, tôt dans la matinée, la terre vacille
et s’entrouvre. En 6 minutes, tout le centre de la ville
est dévasté.
Ce séisme fait 60 000 morts.
Lisbonne a déjà connu une dizaine de tremblements
de terre en 250 ans. En 1531, un séisme a fait des
milliers de morts.
La plaque tectonique qui porte l’Afrique et la Méditerranée
s’enfonce très lentement sous la plaque de l’Europe.
La fête des morts a attiré une foule considérable
dans la ville. Dans les églises pleines, les voûtes
s’effondrent. Des incendies se déclarent partout.
Beaucoup de gens meurent piétinés dans la panique.
La population se réfugie sur le port, en espérant
pouvoir s’enfuir par la mer. Mais, c’est un immense
raz de marée qui les y attend.
Peinture de Glama, Lisbonne,
musée d'Art ancien
A cette époque, les moyens de communication et de
transport sont limités. A la hâte, les cadavres
sont jetés dans la Tage sans penser aux risques de
contamination des eaux. Ce sont les curés qui enregistrent
les noms des survivants. C’est d’ailleurs ainsi
qu’on officialise les sobriquets dont les pauvres étaient
affublés en guise de patronymes.
Les survivants n’oseront pas regagner la ville avant
20 ans et s’entasseront dans des villages de toile.
La ville a été entièrement reconstruite
dans les années qui ont suivies.
1906 : Le tremblement de Terre de San Francisco
Petit village en 1848, c’est à la ruée
vers l’or que San Francisco doit sa fortune. Deux ans
plus tard, la ville compte déjà 50 000 habitants.
En 1906, elle st devenue la 9ème métropole des
Etats-Unis avec 250 000 habitants. C’est alors une ville
moderne et élégante qui est devenue un centre
culturel.
Cette cité en plein essor va être totalement
détruite le 18 avril 1906 à 5h35 du matin. Le
séisme d’une ampleur de 8,2 sur l’échelle
de Richter n’est pas le vrai responsable de la catastrophe.
A cette époque, les maisons sont faites majoritairement
en bois. Le vrai responsable des nombreux morts est l’immense
incendie qui ravage la ville.
Seulement une demi-heure après la première secousse,
on recense déjà 50 foyers d’incendie.
Le feu a fait rage pendant 2 jours sous le regard impuissant
des pompiers.
Photo d'archives
Les habitants ont eu à cœur d’effacer ce
drame et la ville fut reconstruite très rapidement.
La faille de San Andreas fait planer une menace constante
sur la Californie. Cette faille correspond au frottement latéral
des plaques du Pacifique et d’Amérique du Nord.
Les sismologues avaient évalué qu’un tremblement
de terre majeur se produisait à peu près tous
les 80 ans.
Avec une étonnante régularité, San Francisco
a connu un autre séisme en 1986 (force 7). Mais, contre
toutes prévisions, elle en a connu un autre en 1989
(force 6).
On ne peut donc vraiment prévoir quand se déroulera
le Big One, le séisme le plus violent qui fera peut-être
un jour disparaître la Californie.
En 1994, c’est un séisme de 6,6 sur l’échelle
de Richter qui a frappé Los Angeles et fait 42 morts
et 2 600 blessés. Il a été suivi de plus
de 200 répliques.
Mais, cette fois la coupable n’est pas la faille de
San Andreas mais une plus petite, toute proche qui avait déjà
provoqué un séisme important en 1971.
Los Angeles 1994
Los Angeles est situé sur la plaque Pacifique alors
que San Francisco est sur la plaque nord américaine.
La plaque Pacifique se déplace vers le Nord/Ouest par
rapport à l’Amérique du Nord à
la vitesse de 5 cm par an.
Dans 50 millions d’années environ, les habitants
de Los Angles feront route, malgré eux, vers l’Alaska.
1988 : séisme dans le Nord de l’Arménie
La région touchée le 7 décembre 1988
est située au milieu d’un réseau de failles.
L’Afrique monte vers l’Eurasie tandis que l’Arabie
s’écarte de l’Afrique.
A l’opposé, l’Inde percute l’Asie.
En découle notamment la faille Nord-anatolienne qui
a tué plusieurs dizaines de milliers de personnes depuis
1939.
Pas un bâtiment de plus de 7 étages n’est
resté debout après ce tremblement de terre de
magnitude 7. Les règles de construction parasismiques
n’avaient pas été respectées.
Arménie 1988
La lenteur des opérations de sauvetage a été
unanimement dénoncée. L’inorganisation
a été totale et en plus les trafiquants et des
médecins moscovites n’ont pas hésité
à se servir dans les aides humanitaires et le matériel
médical livré.
Pour les soviétiques, le bilan officiel est de 55 000
morts mais pour les observateurs étrangers, il est
d’environ 200 000.
1995 : le séisme de Kobe
Le Japon est au cœur d’une forte activité
sismique. La cause en est les mouvements de la plaque Pacifique,
celle de l’Eurasie et de la plaque des Philippines.
Le 17 janvier 1995 à 5h46, un séisme d’une
magnitude de 7,2 réveille la deuxième région
économique du Japon : le Kansai.
Dans le centre de Kobe, tout n’est que désolation.
Plus de 2 000 immeubles ont été détruits
dès la première secousse.
16 répliques, toutes meurtrières, suivront.
Le bilan final sera de 6 000 morts.
Japon 1995
Pourtant, les autorités japonaises avaient affirmé
un an plus tôt que les structures japonaises étaient
les plus solides au monde.
De plus, le constat montre que le Japon s’était
mal préparé à gérer une telle
catastrophe. Pourtant, en 30 ans, ce pays a investi plus de
5 milliards de francs dans la recherche sur les prévisions
des tremblements de terre.
Il existe des signes avant-coureurs qui préludent
aux séismes :
Variation du champ magnétique local
Augmentation de la circulation des eaux souterraines
Diminution de la résistivité des roches
Légères déformations de la surface
du sol
Dans les régions à risques, plus le dernier
séisme est loin, plus le risque est grand qu’un
nouveau se produise.
Le cycle sismique est très variable. Il peut s’écouler
des dizaines ou des centaines d’années entre
deux ruptures de forte magnitude.
Des moyens de détection et d’enregistrement
existent :
Les sismographes qui permettent d’amplifier le plus
infime mouvement du sol
Les réseaux « WWSSN » (américain)
et géoscope (français) qui sont des appareils
de mesures enregistrant toutes les composantes du mouvement
du sol sur deux bandes de fréquences complémentaires.
L’interférométrie : des prises de
vue par satellites qui donnent les modifications de la surface
terrestre.
A ce jour, aucun tremblement de terre n’a pu être
prévu. La meilleure protection reste liée aux
constructions.
Le choix de l’implantation et la solidité des
fondations sont primordiaux. Sans mise en œuvre des dispositions
parasismiques, de nombreux morts seront encore à déplorer.
Dernier tremblement de terre. Le Séisme
en Asie
Les vagues géantes générées par
un puissant séisme au large de l'Indonésie ont
déferlé dimanche 26 décembre sur l'Asie
du Sud, après avoir dévasté villages
de pêcheurs et stations touristiques, notamment en Inde,
au Sri Lanka et en Thaïlande.
Ce séisme, le plus violent survenu dans le monde depuis
quarante ans, avec une magnitude de 8,9 sur l'échelle
ouverte de Richter, s'est produit au large de l'île
de Sumatra.
Il a provoqué une série de raz-de-marée
et des vagues atteignant parfois dix mètres de haut
ont submergé des milliers de kilomètres de côtes
en Inde, au Sri Lanka, en Malaisie, en Indonésie, en
Thaïlande et dans les Maldives.
Le bilan est très lourd puisqu'on avance le chiffre
d'un million de morts. Les scientifiques avaient pourtant
sonné l'alarme. Les populations auraient eu entre 3
et 5 h pour évacuer les zones les plus dangereuses.
Qui sont les responsables ? Pourquoi les gouvernements n'ont-ils
pas avertis les populations ?