Les avions-fusées possèdent des
performances intermédiaires entre celles
des avions supersoniques et celles des navettes
spatiales. Ces engins pourraient bien révolutionner
les vols dans l’espace.
Dans un futur peut-être pas si lointain,
le tourisme spatial pourrait bien faire partie
intégrante de notre vie.
Les vols suborbitaux
Traverser l’Atlantique est encore aujourd’hui un voyage
assez long pour le commun des mortels. Pourtant, les avions-fusées
permettent cette traversée en 12 minutes en vol suborbital.
Ce type d’engin spatial peut atteindre une centaine de kilomètres
d’altitude. Outre la rapidité, le voyageur profite
d’une vue imprenable sur notre belle planète ainsi
que des sensations de l’apesanteur.
L’air est beaucoup moins dense en haute altitude et sa résistance
y est moindre. De ce fait, l’avion-fusée doit s’élever
très haut pour prendre de la vitesse.
Techniquement, ce type de vol est aujourd’hui réalisable.
Il suffit pour cela d’atteindre au minimum une vitesse de
Mach 4,5.
Projet chez Boeing d'un avion-fusée
civil (dessin Digital/Vision)
Par comparaison, un vol long-courrier vole au-dessous de Mach 1
et, le Concorde volait à environ Mach 2.
Cependant, cette accélération n’est pas suffisante
pour maintenir l’avion-fusée en orbite. Il retombe
à cause de la gravité terrestre d’où
le nom de vol suborbital.
Deux modes de propulsion sont envisageables :
Un lanceur monoétage
Une fusée placée sur le dos d’un gros avion
La vitesse des avions-fusées est telle qu’un jour,
on pourra faire le tour de la Terre en moins de 3 heures.
Le frein essentiel à ce type de transport est bien sur le
coût.
Les vols orbitaux
Dans un futur plus lointain, les avions-fusées pourront
effectuer des vols orbitaux. Il leur faudra pour cela atteindre
Mach 26 (environ 28 000 km/h soit 8 km/seconde).
Ce type de vol nécessite un carburant spécial et
cela en très grande quantité. Cette contrainte transforme
l’engin en un immense réservoir car le carburant constituerait
90% de la masse totale.
Navette Rockwell X 33. Projet
de la Nasa qui débouchera sans doute sur une nouvelle génération
de navettes (Digital/Vision)
Les matériaux envisagés sont les fibres composites
et le titane qui est ultraléger et très résistant
aux grosses variations de températures.
Cependant, les vols orbitaux ne sont pas réalisables dans
un avenir proche car la technologie n’est pas au point et
surtout le coût est exorbitant.
Le tourisme spatial
L’objectif de ces avions-fusées est de créer
un marché du tourisme spatial ouvert au grand public.
La demande est forte et peut-être ce marché se développera
t-il dans les 50 prochaines années. Aujourd’hui, seuls
les plus fortunés pourraient en bénéficier.
Un billet coûterait au minimum 10 000 euros à condition
qu’une amélioration de la technologie fasse baisser
le prix du voyage.
De plus, les prototypes actuels ne peuvent contenir qu’une
quinzaine de passagers ce qui est bien insuffisant pour rentabiliser
un tel voyage.
Dessin d'un projet de navette
spatiale américaine X 30 (Digital/Vision)
Les Américains, les Japonais et les Européens travaillent
sur les prototypes et misent sur ce nouveau marché.
Les Etats-Unis ont deux projets : le Black Horse Pathfinder et le
Spacebus.
La France envisage de réaliser le Star-H qui est un avion
supersonique qui larguera en plein ciel une petite navette dotée
d’un moteur de fusée.
De son côté, le Japon travaille sur le Kankoh-Maru
qui serait capable de transporter 50 passagers à 200 km d’altitude.
Les joies de l'apesanteur
Le tourisme spatial peut sembler irréaliste ou du moins
très loin d’être réalisable. Cependant,
les progrès technologiques s’accélèrent
de plus en plus.
Il est fort à parier que d’ici quelques générations
les joies de l’apesanteur deviendront un loisir commun.