Parmi tous les récits bibliques, l’épisode
de la tour de Babel est un bon exemple de conte
moral puisqu’il met en garde contre l’excès
d’orgueil.
Cependant, ce récit n’est pas qu’une
simple légende. En effet, Babylone et la
tour de Babel ont bien existé.
Si l’on s’en réfère à
tous les récits relatifs à la tour
de Babel, toutes les races et les langues auraient
surgi en ce lieu unique.
Quelle est l’origine de toutes les langues
? Ont-elles surgies de nulle part comme par magie
ou par hasard ?
Existe-t-il des preuves scientifiques à l’appui
des récits bibliques sur la tour de Babel
?
Bien qu’il n’existe aucun consensus
de la communauté scientifique sur ces différentes
questions, certaines découvertes archéologiques
tendant à démontrer que Babylone et
sa célèbre tour ont joué un
rôle primordial dans l’histoire de l’humanité.
Le récit biblique de
la tour de Babel
« Tout le monde se servait d’une même langue et des mêmes
mots. Comme les hommes se déplaçaient à
l’orient, ils trouvèrent une vallée au
pays de Shinéar et ils s’y établirent.
Ils se dirent l’un à l’autre : »Allons
! Faisons des briques et cuisons les au feu ! »
La brique leur servit de pierre et le bitume leur servit de
mortier. Ils dirent : » Allons ! Bâtissons-nous
une ville et une tour dont le sommet pénètre
les cieux ! Faisons-nous un nom et ne soyons pas dispersés
sur toute la Terre ! »
La tour de Babel de Bruegel
Or Yahvé descendit pour voir la ville et la tour que
les hommes avaient bâties. Et Yahvé dit : Voici
que tous font un seul peuple et parlent une seule langue,
et tel est le début de leurs entreprises ! Maintenant,
aucun dessein ne sera irréalisable pour eux. Allons
! Descendons ! Et là, confondons leur langage pour
qu’ils ne s’entendent plus les uns les autres.
»
Yahvé les dispersa de là sur toute la face
de la Terre et ils cessèrent de bâtir la ville.
Aussi la nomma t-on Babel, car c’est là que Yahvé
confondit le langage de tous les habitants de la Terre et
c’est de là qu’il les dispersa sur toute
la face de la Terre. »
Genèse, XI, 1-9.
Ce texte biblique raconte donc comment les descendants de
Noé, qui parlent une seule langue, essaient de construire
une tour assez haute pour toucher le ciel.
En punition de leur vanité, les hommes perdent la possibilité
de se comprendre et sont dispersés.
C’est donc là que se trouverait l’origine
de la diversité des langues.
Le mythe de la tour de Babel est donc étroitement
lié à celui de l’Arche de Noé et
du Déluge.
Histoire et mythe
Il y a environ 5 500 ans, le long des rives de la Mésopotamie,
des cités-Etats ont émergées. Les Mésopotamiens
nous ont laissé le premier système d’écriture
et leurs impressionnantes ziggourats.
Ziggourat de Tchoga Zanbil
en Irak
Une ziggourat est une structure de pierre, semblable à
une pyramide, parfois haute de 100 mètres.
Elle est faite de plates-formes superposées de dimensions
décroissantes. Chaque ziggourat est dédiée
à un dieu local. Elle est surmontée d’un
temple qui sert de lieu de passage à ce dieu lors de
ses voyages sur Terre.
Ce qui est surprenant, c’est qu’il existe des
ziggourats et des pyramides dans le monde entier. Certaines
sont positionnées, au millimètre près,
de la même manière.
Il est difficile d’y voir un simple hasard.
Ziggourat d'Our en Irak
Comme il est dit dans le récit biblique, les ziggourats
étaient construites en brique.
La plus grande ziggourat est sans conteste celle qui se trouve
à Babylone, sur les rives de l’Euphrate.
Cette tour s’appelle Etemenanki « la demeure du
ciel et de la terre ». Elle a très certainement
servi de modèle à la tour biblique.
La tour de Babel et Babylone
Dans l’Iraq actuel, à Babylone, on a retrouvé
un immense mur de briques crues, seul vestige de la tour de
Babel.
Fouilles à Babylone
au début du 20e siècle
Jusqu’au début du 20e siècle, tout ce
que l’on savait de Babylone provenait des écrits
de l’historien grec Hérodote (v.484-v.420 avant
notre ère) et des récits bibliques.
En 1899, des archéologues allemands entreprirent la
première exploration poussée de Babylone. Les
fouilles se poursuivirent jusqu’en 1917. Mais, beaucoup
plus récemment, Saddam Hussein avait décidé
de restaurer Babylone et sa tour.
La guerre d’Irak a stoppé ce projet colossal.
La porte d'Ishtar a été
reconstruite au musée Pergamon de Berlin
Babylone « La Porte du dieu » était le
centre du culte du dieu Mardouk. Les vestiges de la cité,
encore visibles, datent du roi Nabuchodonosor II ((604-562
avant notre ère), qui avait entreprit une vaste reconstruction.
Enceinte extérieure
longue d'environ 18 km (à l'origine) qui protégeait
Babylone
Le récit de la bible est conforme aux découvertes
archéologiques. La tour de Babel a bien été
édifiée en briques cuites, solidarisées
par du bitume.
Cette tour avait été érigée bien
avant le règne de Nabuchodonosor II. Elle reposait
sur une base carrée et mesurait 91 mètres de
haut.
Elle dominait la cité de ses sept étages, couronnés
par un temple dédié au dieu Mardouk.
La porte d'Ishtar à
Babylone était empruntée par les processions
se dirigeant vers la ziggourat (Peinture à l'huile
de Maurice Bardin)
Les preuves archéologiques et les textes suggèrent
que la plupart des ziggourats étaient peintes dans
des teintes magnifiques, et abondamment décorées
de tuiles émaillées et de sculptures dorées.
Une inscription babylonienne affirme que la ziggourat d’Etemenanki
était en « briques cuites émaillées
d’un bleu resplendissant ».
Grandeur et décadence de la tour
de Babylone
A l’époque de son édification, cette
ziggourat est l’un des plus grands monuments que l’homme
ait jamais érigés.
Les fouilles ont permis de reconstituer sa splendeur.
Reconstruite à plusieurs reprises, elle connaît
son apogée sous Nabuchodonosor II. Au sommet de la
ziggourat, le dieu Mardouk était représenté
par une statue recouverte d’or et qui pesait 22 tonnes.
Mardouk était devenu le dieu principal de la Mésopotamie.
Reconstitution de la voie sacrée
Après la conquête perse, la tour est laissée
à l’abandon. Quand il visite les ruines, en 331
avant notre ère, Alexandre le Grand, décide
de redonner à la ziggourat son faste d’antan.
Mais, 10 000 hommes suffisent à peine pour dégager
le terrain en 2 mois.
Alexandre abandonne alors son projet.
Malheureusement, cette merveille a succombé aux ravages
du temps et au pillage. Il n’en reste aujourd’hui
que l’empreinte de l’énorme base carrée.
Babylone vue du ciel
Babylone à l’origine de toutes
les langues ?
Il existe environ 5 000 langues différentes aujourd’hui
dans le monde. Il y a entre 50 et 200 souches sans rapport
entre elles.
Les chercheurs ont daté la langue indo-européenne,
la plus connue, à environ 3 000 ans avant notre ère.
Cela se situe donc à peu près au moment des
évènements de Babel. Après, c’est
le flou le plus complet.
Nous savons beaucoup de choses sur les langues indo-européennes
mais nous sommes très ignorants sur la langue mère.
Un humain sur deux environ parle une langue indo-européenne.
Cette unité linguistique est toute relative car si
la souche est la même, le russe ou l’arménien
est tout aussi incompréhensible pour un Français,
que le basque ou le hongrois, langues non indo-européennes.
Zoom
photo. Tablette du roi de Babylone
Hammourabi
Si l’on prend l’exemple des langues indo-européennes,
cela voudrait dire que toutes ces langues sont issues de l’évolution
d’une seule langue plus ancienne.
Cette langue originale aurait donc été parlée
il y a plusieurs millénaires, à une époque
où l’écriture n’était pas
née.
Des peuples d’origine diverse, donc de langues différentes,
ont travaillé à la construction de la tour de
Babel.
Une inscription de Nabuchodonosor en atteste : »Tous
les peuples de nations nombreuses (…) je (les) contraignis
au travail. »
Cette diversité ethnique n’a pas empêché
l’achèvement de la tour.
Carte du monde gravée
en écriture cunéiforme au centre de laquelle
est placée la cité de Babylone
Les cérémonies liées au culte de Mardouk
font appel à des textes dans différentes langues
régionales. Pour les visiteurs, la tour de Babylone
devait représenter le foyer et la source d’une
multitude de langages.
C’est peut-être là l’origine du mythe
que nous a transmis la Bible.
Mais, peut-être également, ce récit exprime
t-il la nostalgie d’un Âge d’or où
tous les hommes parlaient le même langage ? Nul ne sait
si ce rêve de compréhension et de paix a réellement
existé.