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Le naufrage du Titanic

Avec ses 269 mètres de longueur, le Titanic était, en 1912, le plus grand paquebot du monde.

Le soir du 14 avril 1912, la station de télégraphie sans fil de Terre-Neuve capte ce message : » avons touché iceberg 41° 46’ nord 50° 14’ ouest. Sommes fortement endommagés. Accourez aide. »
À quelque 500 km au sud-est, le Titanic coule avec 2 224 passagers et membres d’équipage, alors qu’il accomplit sa première traversée entre Southampton et New York.
Le Titanic s’est littéralement éventré contre un iceberg et c’est un « vulgaire morceau de glace » qui va engloutir l’une des plus grandes fiertés de l’époque.

Un paquebot insubmersible

Parti le 10 avril de Southampton, le Titanic a de grandes chances de remporter le Ruban bleu, qui récompense la traversée la plus rapide de l'Atlantique Nord.

Titanic en 1911

Titanic. Avril ou mai 1911. (Library of Congress)

Le capitaine a en effet choisi l'itinéraire d'été le plus court, que les bateaux évitent normalement à cette époque à cause de la présence éventuelle d'icebergs. Mais, nul ne s'en inquiète puisque le bateau a été muni de compartiments étanches.

Le Titanic traverse à toute vapeur la dangereuse zone à icebergs de l'Atlantique Nord. Il n'est plus qu'à 100 miles de la côte de Terre-Neuve. Le paquebot doit rentrer le 16 avril au matin dans le port de New York.
Mais, un coup sourd va détruire toutes les prévisions.

La longue agonie du Titanic

Il est minuit moins le quart. Lancé à 22 nœuds, soit près de 700 mètres à la minute, le paquebot s’éventre contre une montagne de glace flottante.
À tribord, l’avant est déchiré sur plus de 90 m, en dessous de la ligne de flottaison. Même le double fond de la coque n’a pas résisté. Et les pompes ne peuvent rien contre les masses d’eau qui s’engouffrent.

Naufrage du Titanic

Naufrage du Titanic. Gravure du petit journal

Le capitaine Smith donne alors l'ordre d'émettre le signal de détresse CQD (Come Quick Danger) puis SOS.

Sur le moment, nul ne panique. Le paquebot passe pour insubmersible. Lorsque la comtesse de Rothes s’installe dans l’un des 22 canots, le commissaire de bord lui dit de ne pas se presser.
Et de nombreuses places restent libres, car bien des passagers se croient bien plus en sécurité sur le paquebot que dans de frêles esquifs au milieu de cet océan glacé.

Naufrage du Titanic

Aquarelle de Willy Stöwer

De fait, le Titanic flotte encore pendant près de deux heures. Mais, à 1 h 40, l’avant s’enfonce. Le paquebot coule 10 minutes plus tard après que la coque se soit brisée par le milieu.

10 minutes encore, et l’arrière se dresse comme « un canard qui veut faire un plongeon », selon un rescapé, et disparaît.

Le Titanic n’est plus qu’un cercueil d’acier par 3 500 m de fond.

Une attente interminable

Quand l’équipage et les passagers restés à bord comprennent que tout est perdu, l’orchestre de bord donne une leçon d’héroïsme. Dans les salons, éclairés comme pour une fête, il ne cesse de jouer pour soutenir les passagers.

Au moment où l’avant coule, il joue « Plus près de toi, mon Dieu ». Les voix de ceux qui vont mourir l’accompagnent et les 868 rescapés les entendent de leurs canots.

Titanic

Mise à l'eau des canots de sauvetage du Titanic (Gravure du journal anglais The Graphic)

Pour eux, l’attente commence. Certains perdent la raison, d’autres meurent de froid et d’épuisement. Après le choc, des navires ont bien capté le message de détresse. À 32 km seulement du Titanic, se trouve un autre paquebot, le California. Malheureusement, l'opérateur ne reçoit pas les signaux de détresse en provenance du Titanic.

Titanic

Rescapés du Titanic qui rejoignent le Carpathia. 15 avril 1912. (Library of Congress)

Un peu plus loin, le Carpathia, est encore très loin. Il réussit à capter le SOS et met aussitôt le cap vers le bateau en perdition. Mais, il est trop tard, car le Titanic sombre à 2 h 30.
Quand il arrive, vers 4 h, il recueille 711 survivants.

Le drame a fait 1 513 victimes, le plus lourd bilan jamais dressé pour un naufrage en temps de paix.

Le Titanic rentre dans la légende

Les autorités, après le drame, ont cherché des coupables. Le capitaine Smith qui a coulé avec son navire est jugé responsable.
En fait, avec le Titanic, la compagnie anglaise White Star Line, a voulu battre le record de vitesse sur l’atlantique Nord.
Le paquebot allait trop vite pour pouvoir éviter les icebergs, et pour raccourcir au maximum le trajet, il est passé trop au nord, dans une zone très dangereuse.

Titanic

Photo du Titanic qui quitte Southampton en 1912. (Library of Congress)

De plus, ce paquebot qui transportait 2 224 personnes était équipé de canots pouvant contenir seulement 1 178 passagers. C'est pourquoi les femmes et les enfants sont prioritaires pour s'embarquer.

Parmi les victimes, on compte John J.Astor, l’homme le plus riche du monde. Il sacrifia sa vie pour sauver des femmes et des enfants.
Le luxe du Titanic a attiré de nombreux milliardaires : Guggenheim, Bruce ou Widener.

On constate d’ailleurs que la mort n’a pas frappé, comme par hasard, équitablement. 97 % des passagères de première classe ont survécu et seulement 55 % pour les passagères de troisième classe.

Survivants du Titanic

Survivants du Titanic. (Library of Congress)

Mais, ces chiffres n’intéressent guère le public de cette époque. Pour lui, c’est une malédiction divine qui s’est abattue sur un navire dont la puissance et le luxe sont une manifestation évidente de l’orgueil humain.

Le 9 juillet 1912, la commission d'enquête sur le drame conclut à la responsabilité du capitaine par négligence.

Témoignage d'une survivante du Titanic

Bien des années plus tard, Edwina Corrigan, une survivante du Titanic, décrit les scènes à bord pendant le naufrage. (Source : Institut des Archives Sonores)

Traduction :

« J'occupais la cabine 101 sur le pont E, en seconde classe. Les larmes des femmes et les scènes déchirantes étaient trop terribles pour qu'on les décrive. Un homme désespéré criait ''Qui va sauver mon bébé ? Sa mère est partie dans un autre canot de sauvetage avec les deux autres.''. J'ai aussitôt dit : ''Moi''. On m'a tendu le bébé, il avait trois mois environ. L'officier m'ordonna de sauter dans le canot de sauvetage, qui était descendu du Titanic par-dessus les vagues. Ma vie dépendait de mon saut. Ils réussirent à rapprocher le canot du paquebot en train de sombrer, et le remplirent avec vingt femmes environ, et une douzaine de bébés. Cinq membres de l'équipage, commandés par Bailey, le maître d'armes, étaient à bord. Le bébé passa dans les bras de l'équipage et me fut remis sain et sauf. Deux bébés français furent aussi lancés dans le même bateau, ainsi que des couvertures. À distance, nous pouvions voir distinctement une lumière blanche. Des ordres furent donnés : ''Dirigez-vous vers cette lumière, videz vos bateaux et retournez au paquebot''. Pendant les larmes du naufrage, Bailey ordonna à nos hommes de chanter ''Souquez vers le rivage, marins !'' »

L’étrange affaire des deux Titanic

En 1898, un véritable palace flottant quittait Southampton pour effectuer un voyage inaugural vers les États-Unis.
C’était le plus gros paquebot jamais construit. Malheureusement, le paquebot ne parvint jamais à destination. Il fut éperonné par un iceberg et coula avec ses passagers.

Cette histoire n’est que le fruit de l’imagination du romancier Morgan Robertson. Le nom de son paquebot était Titan. Le roman s’appelait « futilité ».

Rescapés du Titanic

Rescapés du Titanic sur le Carpathia. (Library of Congress)

14 ans plus tard, la réalité a rejoint la fiction. Curieusement, comme le Titanic, le Titan emportait de riches passagers, heurta un iceberg et coula. Là encore, on manquait de canots de sauvetage.

La ressemblance entre le Titan du roman et le véritable Titanic ne s’arrêtait pas là. Ils étaient de taille sensiblement égale, avaient la même vitesse et la même charge utile, soit environ 3 000 passagers.

Tous les deux étaient réputés insubmersibles et tous deux sombrèrent au même endroit de l’atlantique Nord.

À la recherche du Titanic

Le 1er septembre 1985, une équipe franco-américaine a retrouvé par 3 843 mètres de fond, à 650 km au large de Terre-Neuve.
Une caméra télécommandée de type Argos a pris 12 000 clichés en couleurs de l'épave.

Le 13 août 1987, le sous-marin français Nautile a exploré la coque du Titanic. Des dizaines d'objets (vaisselle, argenterie, meubles) ont été ramenés à la surface pour être nettoyés et identifiés.

En 1996, un sonar a permis de voir les dégâts causés par l'iceberg dans la coque à l'avant du navire. Les images ont révélé que ce n'est pas une brèche de 100 mètres de long, mais six petites entailles, réparties approximativement le long du premier tiers avant du navire, qui ont causé le naufrage.

La tragédie a inspiré les cinéastes, de J. Negulesco (Titanic, 1953) à James Cameron (Titanic, 1997).

V.Battaglia (26.12.2005), M.à.J 05.2012

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