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Le naufrage du Titanic

Le soir du 14 avril 1912, la station de télégraphie sans fil de Terre-Neuve capte ce message : » Avons touché iceberg 41° 46’ nord 50° 14’ ouest. Sommes fortement endommagés. Accourez aide. »
A quelques 500 km au sud-est, le Titanic, le plus grand paquebot du monde, coule, avec 2 201 passagers et membres d’équipage, alors qu’il accomplit sa première traversée entre Southampton et New York.
Le Titanic s’est littéralement éventré contre un iceberg et c’est un « vulgaire morceau de glace » qui va engloutir l’une des plus grandes fiertés de l’époque.

La longue agonie du Titanic

Il est minuit moins le quart. Lancé à 22 nœuds, soit près de 700 mètres à la minute, le paquebot s’éventre contre une montagne de glace flottante.
A tribord, l’avant est déchiré sur plus de 90 m, en dessous de la ligne de flottaison. Même le double fond de la coque n’a pas résisté. Et les pompes ne peuvent rien contre les masses d’eau qui s’engouffrent.

Sur le moment, nul ne panique. Le paquebot passe pour insubmersible. Lorsque la comtesse de Rothes s’installe dans l’un des 22 canots, le commissaire de bord lui dit de ne pas se presser.
Et de nombreuses places restent libres, car bien des passagers se croient bien plus en sécurité sur le paquebot que dans de frêles esquifs au milieu de cet océan glacé.

Gravure du petit journal

De fait, le Titanic flotte encore pendant près de deux heures. Mais, à 1 h 40, l’avant s’enfonce. Le paquebot coule 10 minutes plus tard après que la coque se soit brisée par le milieu.

10 minutes encore, et l’arrière se dresse comme « un canard qui veut faire un plongeon », selon un rescapé, et disparaît.

Le Titanic n’est plus qu’un cercueil d’acier par 3 500 m de fond.

Une attente interminable

Quand l’équipage et les passagers restés à bord comprennent que tout est perdu, l’orchestre de bord donne une leçon d’héroïsme. Dans les salons, éclairés comme pour une fête, il ne cesse de jouer pour soutenir les passagers.

Au moment où l’avant coule, il joue « Plus près de toi, mon Dieu ». Les voix de ceux qui vont mourir l’accompagnent et les 868 rescapés les entendent de leurs canots.

Aquarelle de Willy Stöwer

Pour eux, l’attente commence. Certains perdent la raison, d’autres meurent de froid et d’épuisement. Après le choc, des navires ont bien capté le message de détresse, mais le plus proche, le Carpathia, est encore très loin.
Quand il arrive, vers 5 h, il recueille 711 survivants.

Le drame a fait 1 490 victimes, le plus lourd bilan jamais dressé pour un naufrage en temps de paix.

Le Titanic rentre dans la légende

Les autorités, après le drame, ont cherché des coupables. Le capitaine Smith qui a coulé avec son navire est jugé responsable.
En fait, avec le Titanic, la compagnie anglaise White Star Line, a voulu battre le record de vitesse sur l’Atlantique nord.
Le paquebot allait trop vite pour pouvoir éviter les icebergs, et pour raccourcir au maximum le trajet, il est passé trop au nord, dans une zone très dangereuse.

Photo du Titanic qui quitte Southampton en 1912

De plus, ce paquebot qui transportait 2 201 personnes, était équipé de canots pouvant contenir seulement 1 178 passagers.

Parmi les victimes, on compte John J.Astor, l’homme le plus riche du monde. Il sacrifia sa vie pour sauver des femmes et des enfants.
Le luxe du Titanic a attiré de nombreux milliardaires.

On constate d’ailleurs que la mort n’a pas frappé, comme par hasard, équitablement. 97% des passagères de première classe ont survécu et seulement 55% pour les passagères de troisième classe.

Mais, ces chiffres n’intéressent guère le public de cette époque. Pour lui, c’est une malédiction divine qui s’est abattue sur un navire dont la puissance et le luxe sont une manifestation évidente de l’orgueil humain.

L’étrange affaire des deux Titanic

En 1898, un véritable palace flottant quittait Southampton pour effectuer un voyage inaugural vers les Etats-Unis.
C’était le plus gros paquebot jamais construit. Malheureusement, le paquebot ne parvint jamais à destination. Il fut éperonné par un iceberg et coula avec ses passagers.

Cette histoire n’est que le fruit de l’imagination du romancier Morgan Robertson. Le nom de son paquebot était Titan. Le roman s’appelait « futilité ».

Mise à l'eau des canots de sauvetage du Titanic (Gravure du journal anglais The Graphic)

14 ans plus tard, la réalité a rejoint la fiction. Curieusement, comme le Titanic, le Titan emportait de riches passagers, heurta un iceberg et coula. Là encore, on manquait de canots de sauvetage.

La ressemblance entre le Titan du roman et le véritable Titanic ne s’arrêtait pas là. Ils étaient de taille sensiblement égale, avaient la même vitesse et la même charge utile, soit environ 3 000 passagers.

Tous les deux étaient réputés insubmersibles et tous deux sombrèrent au même endroit de l’Atlantique nord.

V.B (26.12.2005)

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