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Tintin, Inspiré du National Geographic

Cela peut paraître surprenant, mais, pour écrire les aventures de Tintin, Hergé s’est inspiré des magazines du National Geographic de l’époque.
Le sérieux de ce magazine a permis à Hergé de rendre réalistes les dessins et le scénario du Temple du Soleil.

Le Temple du Soleil

Cet album contient la suite des aventures commencées dans « Les sept boules de cristal. » À la recherche de Tournesol, Tintin et le Capitaine Haddock traverseront les Andes et la jungle, aidés de Quirino, un jeune indien, avant de retrouver le professeur, condamné à mort pour sacrilège par les Incas. Parviendront-ils à le sauver, ainsi que les sept professeurs européens toujours enfermés dans un hôpital ?

Tintin

Zoom Planche Tintin

Le Temple du Soleil a été la première aventure de Tintin à bénéficier d'une prépublication en couleurs, dans le nouveau « Journal Tintin », lancé en Belgique en septembre 1946.

Hergé inspiré par le National Geographic Magazine

Le père de Tintin n’a jamais mis les pieds au Pérou. Pourtant, tout amateur de cette bande dessinée reconnaîtra que le décor est très réaliste. On se croirait vraiment au Pérou. Il semble que ce soit la découverte de la cité de Machu Picchu qui a donné l’idée à Hergé de situer l’intrigue chez les Incas.

On peut comparer ci-dessous une photo parue dans le National Geographic de février 1938 et un dessin de l’album. La ressemblance est frappante.

Perou en 1938

Tintin . Le Temple du Soleil

Pour Michel Graulich, professeur d’art, d’archéologie et de religions de l’Amérique précolombienne, « le Temple du Soleil » demeure la meilleure bande dessinée de fiction mettant en scène une civilisation précolombienne. »

Cette exactitude et cette authenticité, toujours valable aujourd’hui, trouvent sa source dans un reportage paru dans le National Geographic Magazine intitulé : The Incas : Empire Builders of the Andes.
Dans ce numéro de 1938 de la revue américaine, on trouve 40 pages illustrées de photos et de dessins sur les Incas.

Hergé a complété ses informations avec d’autres ouvrages comme L’Épouse du Soleil, de Gaston Leroux (1913) et Pérou et Bolivie, de Charles Wiener (1880).

En effet, Hergé était un véritable maniaque de la documentation et un grand perfectionniste. C’est sans doute pour cela que les aventures de Tintin ont eu un tel succès, bien mérité.

Dans ses albums, Hergé avait coutume de mêler différents éléments véridiques. Dans le dessin ci-dessous, il transpose la danse du serpent et une cérémonie festive annuelle qui avait lieu devant le trône de l’Inca, à Cuzco.

Incas

Tintin

De nombreuses photographies illustraient le reportage du National Geographic. On y voit le portail du couvent de Santo Domingo de Cuzco.

Santo Domingo de Cuzco

Un chapeau local coiffant une Indienne ou une grenouille tenue par une autre femme.

Femme Inca en 1938

Inca . 1938

Ces trois instantanés se retrouvent dans un des dessins de l’album.

Tintin

Dans les premiers albums de Tintin, Hergé s’inspire de deux ou trois sources d’informations. À la fin de sa vie, le moindre détail est documenté.
L’évolution s’opère à partir du Lotus bleu, vers 1935.

Hergé avait un réel souci d’authenticité dans la manière de présenter des cultures inconnues à l’époque du grand public.

Bien sûr, les albums d’Hergé comportent des inexactitudes. Par exemple, il met dans le même sac toutes les civilisations du Pérou et de la Bolivie.
Dans le dessin ci-dessous, Hergé a reproduit les coiffures et casques qui sont authentiques.
Par contre, il a reproduit des dessins sur le trône qui sont de style tiahuanaco (Bolivie) et non inca.

Tintin

Les guerriers ont une allure mochica, une civilisation antérieure à celle des Incas, mais portent un uniforme inca.

Tintin

On retrouve les mêmes erreurs sur les dessins de la revue du National Geographic. Cela prouve bien qu’Hergé s’est inspiré de ces illustrations.

Illustration du National Geographic en 1938

Il y a de nombreuses autres inexactitudes qui passent inaperçues pour le profane, mais sont de pures hérésies pour le spécialiste.
Peu importe, Hergé est le premier à avoir donné ses lettres de noblesse au dessin et à la bande dessinée.

Lui, qui rêvait d’être un grand reporter, a retranscrit sa passion en nous contant de merveilleuses histoires.
Lui, qui était complexé d’être un autodidacte, a su, bien mieux que tous les grands diplômés de l’époque, et d’aujourd’hui, toucher le cœur du public et nous faire découvrir des civilisations disparues.

Il était donc normal que cet homme passionné croise sur son chemin d’autres passionnés, notamment ceux qui ont fait du National Geographic Magazine, la « bible » des grands reportages.

V.Battaglia (05.02.2006)

Naissance et histoire de la bande dessinée

Source

National Geographic Magazine Vol 5.2 N° 23

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