Portrait du tigre du Bengale
Le tigre royal a besoin d’un
vaste territoire auquel il est fidèle pendant
de longues années.

Tigre du Bengale.
By Kiwêhowin
Dans
les forets humides d’Inde et d’Asie
du Sud, le gibier abonde. Notre tigre y occupe
un territoire de chasse d’au moins 60 km².
La femelle se contente d’un territoire de
30 km².
Le
tigre du Bengale est un peu plus petit que le tigre de Sibérie. Le poids maximum pour un mâle est de 300 kg.
Tigre royal: Un excellent nageur
Le
tigre royal adore l’eau et nage remarquablement
bien. Il peut même traverser des bras de
mer pour atteindre une île au large.
C’est autour des points d’eau que
ses proies viennent s’abreuver. Les points
d’eau sont des endroits stratégiques.

By Paul Mannix
C’est
là aussi qu’au plus chaud de la journée,
le tigre se désaltère et se baigne
pendant des heures.
Prudent, il entre toujours dans l’eau à
reculons. Sa puissance lui permet de chasser ses
proies dans l’eau et de les transporter
dans sa gueule jusqu’au rivage.
Un environnement diversifié
Le
tigre du Bengale vit indifféremment dans
les jungles, les forêts humides ou au milieu
des vastes étendues marécageuses
couvertes de bambous et de roseaux.
Souffrant de la chaleur, ce prédateur recherche
avant tout les points d’eau et les endroits
couverts où il peut chasser à l’affût.

By Dranafree
zone
On le trouve
dans différents types de forêts de
l’Assam et du Bengale oriental ; également
dans les mangroves du Sundarbans et dans certaines
parties du Népal.
Il
fréquente également les forêts
de l’Himalaya à la limite des neiges.

By Noprawns
C’est
une des rares espèces de tigres qui a une
petite chance de pouvoir se maintenir dans son
habitat naturel. En effet, ce tigre est à
l’aise, là où l’homme
ne l’est pas c'est-à-dire dans la jungle inextricable
ou dans les mangroves marécageuses, infestées
de crocodiles et de serpents.
Malgré la forte poussée démographique
du Bengladesh, il est assuré de ne pas
être dérangé dans de pareils
endroits.
Le sanctuaire de Sundarbans
En
1972, le gouvernement indien a créé
des réserves pour tenter de sauvegarder
sa population de tigres.
Le
Sundarbans est une région
du delta du Gange, constituée de petites
îles et de marécages. Sa superficie
est de 2 585 km².

By Paul Mannix
Cette région est protégée
car elle abrite, outre le tigre du Bengale, d’autres
espèces menacées comme le crocodile
marin ou la tortue bâtarde.
C’est
dans ce sanctuaire que le tigre royal a pu conserver
sa liberté.
Technique de chasse
Malgré
sa corpulence, le tigre du Bengale n’est
pas un gros mangeur. En liberté, il ne
consomme que 5 à 7 kilos de viande par
jour.
Il
chasse à l’affût et reste au
milieu des hautes herbes avant de se lancer à
l’attaque.

By Paul Mannix
Super prédateur,
le tigre varie ses repas en fonction des opportunités.
Sa préférence va vers les herbivores
de grandes tailles comme les cerfs sambar. Si
ce gibier manque, il se rabat sur de petits mammifères,
des oiseaux, des poissons, des batraciens et même
des termites.
C’est
un chasseur opportuniste qui s’attaque en
priorité aux animaux malades ou affaiblis.
Il ne poursuit jamais sa proie au-delà
de 500 m. Il préfère économiser
ses forces pour des proies moins rapides.
C’est
pourquoi, son taux de réussite est très
faible : 1% à 3% environ de ses tentatives réussissent.
Pourtant
les armes ne lui manquent pas : ses canines mesurent
7,5 cm de long. De plus, ses bonds sont incroyables.
Il peut franchir un fossé de 10 m de large.

Licence
Dès que
le tigre a repéré une proie, il
s’approche discrètement, en rampant,
la tête rentrée dans les épaules.
D’un bond formidable, le tigre fond sur
sa proie. 250 kg s’abattent sur le dos de
la victime. Les griffes et les canines lacèrent
la nuque.
Plaquée au sol, la proie est rapidement
égorgée. La pression est maintenue
jusqu’au dernier souffle de l’animal
mis à mort.
Si
la proie n’est pas trop grosse, le tigre
ramène violemment la tête de sa victime
vers l’arrière et lui brise d’un
coup sec les vertèbres cervicales.

© Sha/Jacana
En principe,
le tigre chasse en solitaire. Cependant, on a
pu observer des alliances pour chasser de grosses
proies comme les éléphants.
Dans ce cas là, les tigres s’en prennent
plutôt à un jeune. Ils le neutralisent
en lui coupant les jarrets. Puis, ils renversent
l’animal sur le sol en lui donnant de puissants
coups de pattes. Ils l’achèvent d’une
morsure à la gorge ou à la nuque.
Le
tigre dévore rarement sa proie à
l’endroit où il l’a tué.
Il préfère traîner l’animal
dans un endroit sûr.
Il peut avaler jusqu’à 30 kg de viande
en un seul repas. Si la proie est trop importante,
il l’a recouvre de feuilles ou la plonge
dans l’eau.
Malgré toutes ses précautions, les
charognards rodent. Il peut facilement se débarrasser
des petits charognards, par contre, face à
un crocodile, ses efforts sont vains.
La reproduction
La reproduction
n’est pas liée à une saison
mais s’effectue le plus souvent en octobre-novembre
et en avril-mai. La femelle est fécondable
pendant trois à sept jours. Les mâles
sont guidés par les secrétions odorantes
qu’elle laisse sur son chemin et par ses
feulements.
Quand
deux partenaires se rencontrent, ils font une
grimace caractéristique, ouvrent la gueule,
retroussent les babines et gardent la langue pendante.

By Paul Mannix
Puis,
les préliminaires ritualisés s’engagent.
Ils se poursuivent et se donnent de vigoureux
coups de patte. La tigresse frotte ses moustaches
contre celles du mâle, pousse des cris rauques
et se roule sur le sol.
Enfin, elle
se couche à plat ventre afin que l’accouplement
commence. Ce dernier est bref. Dès que
le rut est terminé, la femelle chasse son
partenaire. Un mâle adulte constitue une
menace pour les futurs nouveau-nés.
Elle
élèvera seule ses petits pendant
leurs deux premières années.

By Woody
Wood
La
gestation dure de 98 à 110 jours. En moyenne,
une femelle met au monde 2 petits, jusqu’à
5 maximum. Les jeunes pèsent 1 kg à
la naissance et sont aveugles pendant la première
semaine. Ils sont sevrés vers 5 ou 6 mois.
Leur
apprentissage commence alors. Les liens affectifs
entre la mère et ses petits sont très
forts.
Le jeune pourra
se reproduire dès l’âge de
4 ans. Un tigre peut vivre 26 ans mais en liberté,
son espérance de vie ne dépasse
pas 16 ans.
Le tigre « mangeur d’hommes »
En
Inde, dans les années 1920-1930, des tigres
ont dévoré des centaines de personnes.
Les tigres « mangeurs d’hommes »
ne sont pas une légende.
Ils le deviennent pour plusieurs raisons. La principale
cause est bien sûr la disparition de leurs
proies de base : les cervidés.
L’homme devient donc une proie facile ;
d’autant plus, que leur territoire a été
réduit de 20 fois en à peine 100 ans.

Photo surprenante
d'un tigre blanc du Bengale en train de prendre
un bain. By Andrew
Si
un tigre s’habitue à la chair humaine,
il y prend goût.
Au
19e siècle, le tigre du Bengale tuait 1
000 indiens chaque année. Ces chiffres
ont grandement baissé aujourd’hui
du fait d’une population plus réduite.
Cependant, ils continuent à sévir
dans quelques endroits.
La
légende du Tigre
La protection du Tigre du Bengale
Depuis
le 16e siècle et jusqu’au milieu
du 20e siècle, les nababs et notables indiens
chassaient le tigre. Avec l’introduction
des armes à feu, ces chasses traditionnelles
à dos d’éléphants se
transformèrent en véritables massacres.
En 1938, le maharadjah d’Udaïpur tua
des milliers de tigres !

By Hairpants
La
pharmacopée chinoise a toujours accordé
une grande valeur aux organes du tigre. La chasse
intensive liée au commerce s’est
rajoutée à la déforestation.
Les paysans indiens, pour protéger leur
bétail, tuèrent à l’aide
d’appâts empoisonnés, trois
fois plus de tigres que les chasseurs.
Ce
carnage dura jusqu’en 1969, date à
laquelle le tigre fut inscrit sur la liste rouge
des espèces menacées. Quand le gouvernement
indien prit conscience de la catastrophe, il ne
restait plus que 1 800 tigres à l’état
naturel.

By Christina
tina robinson
En
1972, le WWF organisa une grande collecte de fonds
baptisée « Opération Tigre
». Grâce à cet apport, 6 000
villages furent déplacés.
Aujourd’hui,
l’Inde dispose de 15 réserves naturelles.
Dès 1979, on comptait 2 500 tigres au Bengale
; en 1979 : 4 000. Aujourd’hui, la population
s’élève à environ 5
000 individus.
V.B
(01.2005). M.à.J 12.2007
Classification
Règne: Animalia
Embranchement: Chordata
Classe: Mammalia
Ordre: Carnivora
Sous-ordre: Feliformia
Famille: Felidae
Sous-famille: Pantherinae
Genre: Panthera
Espèce: Panthera tigris
Sous-espèce: Panthera tigris tigris
Références bibliographiques et crédit photographique
Le Tigre, collection Marshall Cavendish 1994
Larousse des Animaux, éditions Larousse 2006
Le Tigre, Hélène Montardre; éditions Atlas 2005
Les photos, sauf copyright et mention contraire, sont sous licence creative commons
Pour en savoir plus sur le Tigre
Le
Tigre blanc * Le
Tigre de Sibérie * Les
huit sous-espèces de tigres * Le
tigre d'Indochine * Le
tigre de Sumatra * La
légende du Tigre * Tigron
Bangladesh.
Les Sundarbans
< Encyclopédie
du Monde Animal
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