Tibet
Depuis
l’occupation du Tibet par l’armée
chinoise en 1950, la population a vécu
une répression féroce. |
Le Tibet se situe aux trois quarts à plus de 3 500 m d’altitude. Ce pays est entouré de hautes chaînes (Kunlun, Alpes du Sichuan, Pamir, Karakorum et surtout Himalaya). Le Tibet constitue un État unifié à partir du VIIe s. Le roi Srong-btsan Sgam-po lui donne une organisation centralisée et fonde Lhassa, la capitale actuelle.
Au loin, le mont Kailash, reconnaissable à son sommet enneigé et arrondi. Il culmine à 6 714 m et est sacré pour les bouddhistes. By TCL 1961 Des
sectes lamaïques y sont créées
après l’arrivée à Lhassa
(1042) du bouddhiste indien Atisha.
Paysage du Tibet à 4 500 m d'altitude. By Michel @ En 1751, les empereurs Qing établissent la domination de la Chine sur le pays. Les Tibétains chassent les Chinois en 1912 avec l’aide des Britanniques, mais le Tibet est à nouveau occupé par la République populaire de Chine en 1950.
C’est un titre conféré au XVIe s. par le souverain mongol Altan Khan au chef tibétain d’un ordre monastique bouddhique, porté depuis lors par le chef du bouddhisme tibétain. Le dalaï-lama passe pour être l’incarnation perpétuelle de l’esprit du bodhisattva Avalokiteshvara, patron du Tibet. Lorsqu’il meurt, l’esprit divin qui réside en lui descend de nouveau, après un intervalle d’au moins 49 jours, dans un enfant qui donne généralement, dès sa naissance, des marques de son origine surnaturelle.
Tenzin Gyatso. By Elton Melo Le
dalaï-lama actuel, Tenzin Gyatso, est considéré
comme la quatorzième incarnation du bodhisattva
Avalokitésvara.
Potala. Résidence historique du dalaï-lama. By Td Stevenson Dans son livre « Mon pays et mon peuple », le Dalaï-lama témoigne de la répression de 1959 : «
Des dizaines de milliers des nôtres ont
été tués […]. Ils n’ont
pas été seulement fusillés,
ils ont été battus à mort,
crucifiés, brûlés vifs, noyés,
écorchés, enterrés vivants
[….]. Ces meurtres ont été
commis en public.
Le
Tibet représente une région stratégique
pour les Chinois. Indépendant depuis 1912,
le Tibet n’a pu résister à
l’invasion de l’armée populaire
chinoise en 1950. Selon les opposants au régime de Pékin, 70 000 Tibétains seraient morts de faim entre 1959 et 1963, soit environ 3 % de la population totale.
Village tibétain. By IPJ Mike Combien
de Tibétains sont morts depuis l’occupation
chinoise ? Difficile à dire car le pays
a été fermé au reste du monde
jusqu’en 1989.
En 1959, le Tibet oriental, la région de Kham, se révolte. Une répression féroce est aussitôt mise en place : bombardements, absence de soins aux blessés, enterrements vivants et tortures. Le
22 mars, la prise de Lhassa tourne en véritable
bain de sang. Entre 2 000 et 10 000 Tibétains
meurent.
Jeunes élèves bouddhistes. By Zanettco Des centaines de milliers de personnes sont envoyées dans des camps et d’après les estimations, seulement 20% en sont ressorties vivantes. Les moines sont les premières victimes de ces exactions. Ils représentent l’élite intellectuelle et religieuse du pays. A ce titre, ils représentent donc une menace et sont systématiquement déportés dans des mines de charbon pour y travailler dans les pires conditions.
Pendant la révolution culturelle chinoise (1966-1969), la politique chinoise à l’égard du Tibet se durcit. La
culture traditionnelle tibétaine est la
cible principale. Les « gardes rouges »
détruisent les autels voués à
Bouddha, rasent les monuments d’une culture
plus que millénaire.
Monastère de Tashilhunpo dans la région de Chigatse. By Steynard Les autres monastères sont transformés en hangars, prisons, casernes ou simplement rasés. Le gouvernement central veut éradiquer le bouddhisme et toute la culture traditionnelle tibétaine.
By Keithyong Parallèlement, la population est soumise à un contrôle de la natalité qui se transforme en campagne de stérilisation forcée. Cette
stérilisation forcée au-delà
du premier enfant doit-elle être considérée
comme un but inavoué d’éradiquer
le peuple tibétain ?
En 1969, une nouvelle révolte à Lhassa est encore réprimée dans le sang. A partir de 1980, le régime chinois s’assouplie un peu et certains membres du parti communiste vont même jusqu’à admettre les erreurs de leur politique. Mais, ces déclarations bien tardives n’empêchent nullement que les droits de l’Homme soient toujours violés.
Manifestations à Lhassa en octobre 1987. © Baldev Sygma En
1984, le Tibet est à nouveau ouvert au tourisme international
ce qui signifie pour le gouvernement chinois que
des observateurs de la politique chinoise peuvent
s’y rendre. En 1989, alors que le dalaï-lama reçoit le prix Nobel de la paix, une révolte éclate. Cette rébellion réprimée dans le sang aboutit à l’instauration de la loi martiale, qui reste en vigueur jusqu’en 1990.
Manifestation des Tibétains en exil, en mars 1989, en Inde. © Baldev Sygma L’attribution en 1989 du prix Nobel de la Paix au 14e dalaï-lama provoque le mécontentement du gouvernement chinois. La situation se durcit à nouveau en 1995, notamment à propos du choix de la réincarnation du panchen-lama, deuxième personnage du bouddhisme tibétain. Pékin et le dalaï-lama présentant chacun un enfant différent. Depuis 1996, la sinisation et la répression des autochtones s’intensifient.
Si
les exactions ne sont plus aussi systématiques
qu'elles ne l’étaient jusqu’en 1960,
le bilan global de l’occupation chinoise
reste effrayant.
Armée chinoise photographiée discrètement à Potala. By Insignifica D’après le gouvernement tibétain exilé en Inde, 1,2 million de personnes, soit le quart de la population totale, aurait péri depuis 1950. Ces
chiffres sont-ils exagérés ? Il
ne semble pas car la Commission internationale
des juristes a qualifié dans un rapport
de 1959 les massacres perpétrés
au Tibet par les autorités chinoises de
génocide.
Elevage de Yaks. By Jgn D’autant
plus que ce soi-disant développement économique
s’accompagne d’une destruction de
l’environnement. Soulignons également le fait que la population ne bénéficie nullement du développement économique de la Chine puisque le Tibet est aujourd’hui la région qui connaît le plus bas niveau de vie.
Les Tibétains ne demandent qu'à vivre en paix. By D. Pop La faune sauvage n’est malheureusement pas épargnée avec une déforestation massive, une surexploitation des ressources minières qui entraînent la disparition des espèces : félins, hyènes, buffles sauvages …
La Mémoire de l'Humanité, les grandes tragédies; éditions Larousse 1994 Les photos, sauf copyright, sont sous licence creative commons < Histoire |












