Les
Thugs. La secte de Kali
La secte des Thugs a fait régner la terreur
dans les Indes britanniques. Etrangleurs sournois,
les Thugs vénéraient la déesse
noire de la destruction, Kali.
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C’est Steven Spielberg qui a fait découvrir au grand
public cette secte sanguinaire grâce à son célèbre
film « Indiana Jones et le Temple Maudit » en 1984.
Cérémonie de magie noire (Indiana Jones et le Temple Maudit) Revue par le cinéaste, la secte pratique la magie noire et organise des sacrifices humains. Cette vision est très éloignée de la réalité. Le contexte du film, est lui, tout à fait réel. En effet, les Thugs ont surtout sévi pendant l’occupation britannique, jusqu’à leur anéantissement par la puissance coloniale.
L’histoire de cette secte remonte au XIIIe siècle,
époque à laquelle apparaît la première
mention de leur existence. Ils ont la réputation d’être de redoutables assassins mais également d’adroits voleurs. Ils utilisent notamment un lacet à nœud coulant qu’ils jettent sans jamais échouer au cou de leurs victimes. Les Thugs appartenaient à une secte qui vénéraient la déesse Kali, épouse de Shiva et « dévoratrice du temps ».
Selon les Thugs, Kali aurait un jour livré combat contre
un démon redoutable. Elle l’aurait coupé en
deux avec une épée. Mais, chaque goutte de son sang
aurait donné naissance à un nouvel ennemi.
La déesse noire vue par S.Spielberg (Indiana Jones et le Temple Maudit) Afin qu’ils ne répètent pas son erreur, elle leur commanda d’étrangler les démons sans verser leur sang. C’est ainsi que, aidée des Thugs, elle triompha de l’armée des ténèbres. Au terme de cette lutte, elle pria ses nouveaux serviteurs de poursuivre sur terre son œuvre de destruction.
Kali (Miniature indienne du XVIe siècle) Kali est la divinité la plus crainte du panthéon indien.
C’est au XIXe siècle, alors que l’Inde est sous l’emprise britannique, que les agissements des Thugs obtiennent un écho, en métropole notamment. Le public est fasciné et horrifié d’entendre les récits de meurtres barbares commis par cette secte. Des Thugs arrêtés ont témoigné de leurs véritables agissements. Ni sorcier, ni magicien, ce ne sont que de vulgaires criminels. Ils se rassemblent en bandes, plusieurs fois par an, et se font passer pour des marchands ou des pèlerins, afin de se joindre aux caravanes. Au bon moment, ils étranglent leurs victimes à l’aide
du roomal (morceau de tissu à nœud coulant). Leurs crimes sont suivis de cérémonies appelées « tuponee », pendant lesquels ils mangent du sucre brun, en priant Kali, et parfois en lui sacrifiant un mouton.
Cérémonie des Thugs devant Kali (Indiana Jones et le Temple Maudit) En général, ils font disparaître toutes traces
des victimes en les mutilant sauvagement avec leurs machettes avant
de les enterrer. Devenir Thug impose une initiation. La cérémonie
débute par des ablutions purificatrices. On confie au novice
le roomal et la machette. Le prêtre de Kali implore la déesse
d’accueillir le nouveau fidèle en lui faisant un signe. Le jeune Thug sert tout d’abord comme auxiliaire c’est-à-dire qu’il guette et immobilise les victimes. Une fois confirmé, on lui confie la tâche de les assassiner lui-même.
C’est un Anglais qui a mis fin aux agissements des Thugs
en 1828. Le colonel W.Sleeman est alors nommé administrateur
du district de Jabalpur, en Inde centrale. Sleeman se lance alors dans une gigantesque opération policière : arrestation, emprisonnements et aveux se succèdent. Les Thugs sont tous condamnés à mort. Peu à peu, les bastions du thuggisme tombent les uns après les autres. En 1853, la secte criminelle est officiellement anéantie. V.B (15.11.2005)
Les sociétés secrètes Editions Larousse 2005
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