Teotihuacán Teotihuacán signifie la « cité des dieux ». Les fouilles de cette cité, située au Mexique, ont commencé au 19e siècle et continuent toujours aujourd’hui.
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Jalonnée de temples, une vaste avenue rectiligne de 45 mètres de large court au centre de Teotihuacán. C’est l’allée des Morts, rigoureusement orientée nord-sud. Les bâtiments sont tous disposés selon l’axe de la pyramide du Soleil, elle-même coïncidant avec la position de l’astre lors du solstice d’été.
Temple du Soleil à Teotihuacán. By Joel Bedforf Haute de 63 mètres, la pyramide du Soleil a été érigée sur une gigantesque plate-forme pavée, et reposant sur une base rectangulaire de 222 mètres sur 225. La pyramide actuelle est une reconstruction qui n’est pas fidèle à l’original. L’archéologue Leopoldo Batres, en 1908, qui recherchait des trésors, a démoli sans scrupules l’édifice.
Sépulture de Teotihuacan. By Shizoform On pense qu’elle a été édifiée au Ier siècle avant notre ère et elle comptait alors quatre étages. Au sommet, se trouvait un temple, probablement réservé aux prêtres. La pyramide de la Lune, haute de 43 mètres, a été érigée plus tardivement ainsi que la citadelle.
Temple de la Lune à Teotihuacán . By An en Alain En 1999, l’archéologue Saburo Sugiyama a découvert une sépulture dans une chambre souterraine située près de la pyramide de la Lune. Il s’agit du squelette d’un homme adulte entouré d’environ 150 offrandes ainsi que des restes de huit aigles et deux jaguars, sans doute enterrés vivants.
Parmi les nombreux motifs décoratifs de Teotihuacán, la fleur et le jaguar semblent avoir bénéficié d’une faveur particulière.
Décoration murale. Teotihuacán . By Ilhuicamina Le jaguar est fréquemment représenté sur les fresques. Les taches de sa robe ont nettement la forme des fleurs. Pendant la période postclassique, ce félin, Tepeyolotl, incarnait le cœur de la montagne. La fleur et le jaguar pourraient évoquer la puissance de la terre, d’où sortent et où retournent les hommes.
Aucune fortification n’a été exhumée à Teotihuacán. Les scènes qui ornent les murs ne représentent aucune scène de sacrifice et aucun combat. On n’a retrouvé aucune trace de rituels sanglants habituels des civilisations amérindiennes.
Des têtes de serpent avec des dents en crochets et des colliers de plumes ornent le temple de Quetzalcoatl. By fklv Cette civilisation était par contre très attentive aux mouvements des étoiles, repères précieux des sociétés agricoles.
Surgie au milieu de temples en ruine, une sculpture monumentale contemple les hommes du haut de ses quatre mètres.
L’allée des Morts est coupée par d’autres voies qui conduisaient aux quartiers résidentiels. Le fleuve, San Juan, qui coule au centre de la ville, avait été canalisé pour ne pas perturber l’ordre parfait du plan urbanistique.
Vue du complexe de Teotihuacan. By Laura Rush Plus du tiers des 400 ateliers d’artisans identifiés dans la cité travaillaient l’argile. Leurs productions étaient exportées jusqu’au Guatemala, où on en a retrouvé dans de nombreux sites archéologiques. Parmi les sculptures caractéristiques, on trouve principalement les masques, taillés dans la pierre dure. Ils étaient trop lourds pour être portés mais ils sont évidés et percés pour pouvoir être suspendus.
La cité a disparu vers le VIIe siècle de notre ère. La ville, à moitié détruite par un incendie, a été abandonnée. A son apogée, la cité comptait jusqu’à 200 000 habitants. On a retrouvé les ruines d’au moins 2 000 édifices. La ville s’étendait sur au moins 150 km². Après environ six siècles d’oubli, elle a été redécouverte par les Aztèques qui la baptisèrent « la cité des dieux ».
Calendrier retrouvé à Teotihuacan. By Michael McCarty Pourquoi la cité a-t-elle été abandonnée ? A-t-elle été victime d’envahisseurs ? Une épidémie a-t-elle décimée la population ? Ou alors, a-t-elle été simplement abandonnée à cause de l’érosion des sols alentour rendant l’agriculture impossible ? D’autres civilisations de l’époque classique ont connu plus tard un sort identique. On n’a pas encore élucidé les raisons de leur extinction. V. Battaglia (21.12.2008)
Annabeth Headrick. The Teotihuacan Trinity: The Sociopolitical Structure of an Ancient Mesoamerican City . University of Texas Press 2007 |








