Le
Tatzelwurm a été aperçu par
de nombreux promeneurs, en Suisse et en Autriche,
qui n'ont pu le capturer. On n'a même jamais
pu découvrir sa dépouille, qui confirmerait
son existence. Mais sa réalité ne
fait aucun doute. Dans les années 1930,
une soixantaine de témoins se manifestèrent
lors d'une enquête de la presse à
son sujet.
Un
instituteur autrichien, qui le rencontra en avril
1929 dans une grotte du Tempelmauer, raconta :
«
Soudain je vis un animal serpentiforme étendu
sur l'humus pourrissant qui couvrait le sol. Sa
peau était presque blanche, non couverte
d'écailles, mais lisse. Sa tête était
aplatie et l'on voyait deux pattes très
courtes à la partie antérieure du
corps. Il ne faisait pas un mouvement mais ne
cessait de me fixer de ses yeux remarquablement
grands. [...] J'étais capable de reconnaître
au premier coup d'oeil chacun de nos animaux (entendez
par-là ceux de la faune locale), et je
savais que j'avais sous les yeux celui qui est
inconnu de la science, le Tatzelwurm. Excité
et joyeux, mais en même temps quelque peu
craintif, j'essayai de le saisir, mais... trop
tard... »
Il
fallut attendre 1934 pour qu'un photographe suisse
nommé Balkin rencontre de nouveau un «
ver ». Se promenant dans les environs de
Meringen, il aperçut soudain ce qu'il crut
être un « pittoresque tronc d'arbre
pourrissant » et voulut prendre un cliché.
Mais le « tronc d'arbre » se précipita
sur le photographe, qui eut juste le temps de
prendre une photo. Celle-ci montra avec netteté
la tête d'une sorte de « poisson »
rébarbatif.

© Balkin
Le
Berliner Illustrieten Zeitung publia le document
et organisa des battues dans les montagnes pour
capturer l'animal. La mauvaise saison mit fin
aux recherches. Le mystère ne fut donc
pas élucidé.
Depuis,
on a émis de gros doutes quant à
l’authenticité de cette fameuse photo.
Certains y voient plutôt un trucage mettant
en scène un poisson en céramique.
Cependant,
on ne peut mettre en doute les centaines de témoignages
qui ont permis de dresser un portrait-robot de
cet animal :
- 50
à 80 cm environ
- Un corps massif à l’allure reptilienne
- Une peau couverte de fines écailles
- Une tête arrondie avec une absence de
cou
-
Une langue bifide comme celle des serpents (fendue
longitudinalement)
- Une queue épaisse et courte
- Des moignons de pattes antérieures (le
nombre de pattes de l’animal est incertain)
Personnellement, cette description me fait penser
à celui que l’on a surnommé
« le monstre de Gila », un héloderme
présent dans le sud-ouest des Etats-Unis.
Heloderma suspectum est un lézard venimeux
au corps massif et trapu. Ses membres sont courts
et sa tête ronde.
Il chasse essentiellement la nuit.

Le monstre de Gila.
© Terra Nova (Zoo de San Diego)
Nous
ne connaissons actuellement que deux espèces
d’hélodermes : le monstre de Gila
et l’héloderme granuleux, un cousin
de la côte ouest du Mexique (Heloderma horridum).
Ce sont les seuls lézards venimeux qui
inoculent leur venin par l’intermédiaire
d’une série de fins canaux situés
à la base des dents.
Peut-être
que le Tatzelwurm est un héloderme non
répertorié. Ceci n’est bien
sur qu’une supposition de ma part.
Si
vous êtes intéressé par cette
énigme cryptozoologique, je vous conseille
de lire « Sur la piste des bêles ignorées
» de B. Heuvelmans qui en fait une description
mais sans donner la solution.
V.B
(21.10.2006)
Le
Monstre de Gila
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