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Tamanoir

Grand fourmilier

Parmi les 216 espèces qui ont fait des fourmis leur source alimentaire de prédilection, le tamanoir (Myrmecophaga tridactyla), également appelé grand fourmilier, est certainement le plus saisissant. En effet, qui peut dire si c’est son museau ou sa queue qui donne au tamanoir cette incroyable apparence ?

Parmi les différentes espèces de fourmiliers, le tamanoir est le plus grand et le seul qui ne soit pas arboricole.
Aujourd’hui très menacé, le grand fourmilier ne doit sa survie qu’à la création de quelques parcs nationaux.

Portrait du tamanoir

À l'origine, les fourmiliers étaient classés dans l'ordre des Édentés. Jusqu'à récemment, les fourmiliers avaient été reclassés dans l’ordre des Xénarthres. Cet ordre regroupait également les tatous et les paresseux.

Aujourd'hui, les fourmiliers sont classés dans l'ordre des Pilosa.

La longueur du tamanoir atteint 1,90 m en incluant la queue garnie d’une épaisse fourrure portée en panache.
À elle seule, la queue mesure près de 90 cm. Quand il est au repos, le tamanoir se sert de sa queue comme d’une couverture.

Son poids adulte varie de 18 à 40 kg.

Tamanoir

Tamanoir. © dinosoria.com

Le museau recèle une longue cavité nasale faisant office d’amplificateur d’odeurs. Son odorat est 40 fois plus puissant que celui de l’Homme. Deux petites lèvres préhensiles lui servent à saisir des compléments nutritifs, surtout des végétaux.

La langue dépasse, chez les plus grands spécimens, 60 cm de long. La salive gluante secrétée par les énormes glandes salivaires est un piège imparable pour les fourmis.

Les pattes antérieures portent deux longues griffes, celle du troisième doigt dépassant 10 cm de long.

Le tamanoir ne possède pas de dents. Incapable de mâcher, il ingère seulement avec la langue.

Dans leur environnement naturel, les tamanoirs ne boivent que très rarement. L’eau contenue dans leur alimentation est suffisante.

Grand fourmilier

Grand fourmilier. By Clarissa

Exclusivement terrestre, le tamanoir vit en Amérique du Sud et en Amérique Centrale, du Guatemala jusqu’au nord du Paraguay et de l’Argentine.

Les tamanoirs sont capables de se défendre farouchement contre leurs principaux prédateurs tel le puma.
La lutte se termine souvent par la mort des deux adversaires.
Ses puissantes griffes en forme de faux peuvent éventrer un jaguar, un puma ou un aigle. De plus la force colossale de ses pattes antérieures lui permet d’étouffer ses agresseurs.

Sa langue lui sert également d’arme puisqu’il peut étouffer l’ennemi en l’introduisant dans ses narines.

Mode de vie du tamanoir

Animal gourmand, mais très pacifique, le tamanoir partage son temps entre la quête de fourmis et la sieste.

En principe, le tamanoir est diurne. Cependant, dans les zones où l’homme s’est installé, il a adopté un mode de vie nocturne. Ce changement est dû aux dangers qui le menacent.

Solitaire, le tamanoir parcourt chaque jour, de sa démarche chaloupée, 6,5 km à la vitesse de 800 mètres à l’heure.
Cependant, en cas de danger, il est capable de galoper cinq fois plus vite sur une courte distance.

Tamanoir

Myrmecophaga tridactyla . By Jon Inghram

Quand il ne cherche pas de nourriture, il dort. Gros dormeur, il se repose 14 à 16 heures par jour.
À cet effet, il creuse un trou pour s’y installer. Il s'y couche en enroulant sa queue touffue autour de lui, ce qui lui fournit de la chaleur.

Son domaine vital dépend de l’habitat : jusqu’à 25 km² dans les vastes plaines et seulement 3 km² dans les forêts tropicales.

L’odorat joue un rôle majeur dans la vie sociale de ce solitaire. Il répand abondamment sa salive à proximité des lieux où il s’alimente. Ses glandes anales sécrètent également une substance particulièrement nauséabonde.
Les tamanoirs communiquent grâce à ces odeurs, car ils sont plutôt silencieux.

Le tamanoir et les fourmis

De jour comme de nuit, le tamanoir arpente son domaine en quête de fourmis. Son museau est si long qu’il peut le garder à quelques centimètres du sol tout en marchant. Son odorat le guide vers la fourmilière ou à l’occasion la termitière.

Dès qu’il en a trouvé une, il se dresse sur le trépied formé par ses pattes postérieures et sa queue et commence, à grands coups de griffes, à percer une ouverture par laquelle il pourra enfiler son nez.

C’est sa langue qui rentre ensuite en action. Chaque aller-retour opéré, au rythme de 150 fois par minute (plus de 2 fois par seconde), ramène dans son palais son lot de fourmis engluées par une salive visqueuse.

Tamandua

Un tamandua reconnaissable à son gilet noir et blanc. By Swh

La langue est également garnie sur le dessous de minuscules épines inclinées vers l’arrière. Elles embrochent les insectes qui sont partiellement broyés avant l’ingestion.

Le grand fourmilier peut ainsi ingurgiter 30 000 fourmis et termites par jour.

Mais, le grand fourmilier ne se rassasie pas en une seule fois. Il ne prélève qu’environ 150 fourmis par fourmilière. Il préfère grignoter toute la journée ce qui l’oblige à visiter environ 36 fourmilières par heure, soit plus de 300 par jour.

Tamanoir

Grand fourmilier. By Serafini

Deux théories ont été avancées pour expliquer ce comportement. Le tamanoir ne dilapide pas les ressources et laisse à chaque fourmilière le temps de se reconstituer.
Peut-être craint-il les espèces tropicales qui projettent une pluie d’acide pour se défendre.

Il est probable que les deux explications se combinent. En effet, on a remarqué que le tamanoir est sélectif et ne s’attaque pas à certaines espèces de fourmis, dont celles de la famille des Dorylinés, famille de fourmis guerrières parmi lesquelles se trouve le genre Eciton, parmi les plus agressives.

La reproduction du tamanoir

La parade nuptiale et l’accouplement n’ont jamais été observés de manière scientifique dans la nature.
Il est cependant probable que le mâle soit attiré par les sécrétions odorantes de la femelle réceptive.
L’accouplement est le seul moment où l’animal quitte sa solitude. Chacun reprend sa route une fois l’accouplement achevé.

Pas territorial, il ne semble pas que les mâles se livrent au moindre combat. En captivité, plusieurs grands fourmiliers peuvent vivre ensemble sans la moindre animosité.

La période de gestation dure en moyenne 190 jours. Un seul petit d'environ 1,5 kg naît, qui s’agrippe aussitôt à l’épaisse fourrure de sa mère.

Femelle tamanoir et son petit

Une mère et son petit. By Howard Cheng

La femelle du tamanoir donne naissance en position debout, appuyée sur la queue.

Une fois installé dans le douillet pelage de maman, le petit n’en bouge plus pendant au moins un an !

Partout où elle se rend, la mère promène son petit suspendu à ses poils. À la naissance, le petit n’est pas une lourde charge, mais on a pu observer des mères portant des jeunes presque aussi grands qu’elle.

La femelle allaite son jeune pendant 6 mois. Une fois sevré, il se nourrit en même temps que sa mère quand elle attaque les fourmilières.

Myrmecophaga tridactyla

Myrmecophaga tridactyla. © dinosoria.com

Après environ 24 mois, il quitte sa mère et entame sa vie de solitaire. En captivité, un tamanoir peut vivre jusqu'à 25 ans.

Cette longue dépendance de chaque petit fait qu’une femelle ne se reproduit que tous les 2 ans ½.

La protection du Tamanoir

L’Homme est le seul véritable ennemi du tamanoir. Autrefois largement répandu en Amérique du Sud et en Amérique centrale, il vit maintenant en populations isolées.
On le trouve principalement dans les parcs nationaux d’Amérique du Sud où il est protégé.

C’est la chasse sportive qui a décimé les populations. Cet animal n’a aucune valeur commerciale ou culinaire.

Outre la chasse, la diminution de son habitat a fortement fait diminuer les effectifs.

Parmi les différentes espèces de fourmiliers, le tamanoir est le plus menacé. Le nombre d’individus par réserve est insuffisant pour que l’espèce se reproduise sans problème génétique.

Ce déclin risque d’entraîner l’extinction de l’espèce. Le grand fourmilier est classé comme espèce en danger extrême sur la Liste rouge de l'IUCN.

Classification: Animalia. Chordata. Mammalia. Pilosa. Myrmecophagidae. Myrmecophaga

V.Battaglia (28.01.2007). M.à.J 01.2008

Références

Les Xénarthres, Collection Marshall Cavendish 1994
Larousse des Animaux. Les Xénarthres pp.81 à 83. Editions Larousse 2006
Nomenclature du fourmillier . SITI

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