Portrait du tamanoir
A l'origine, les fourmilliers étaient classés dans l'ordre des Edentés. Jusqu'à récemment, les fourmilliers avaient été reclassés dans l’ordre des Xénarthres. Cet ordre regroupait également les tatous et les paresseux.
Aujourd'hui, les fourmilliers sont classés dans l'ordre des Pilosa.
La
longueur du tamanoir atteint 1,90 m en incluant
la queue garnie d’une épaisse fourrure
portée en panache.
A elle seule, la queue mesure près de 90
cm. Quand il est au repos, le tamanoir se sert
de sa queue comme d’une couverture.
Son
poids adulte varie de 18 à 40 kg.

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Le
museau recèle une longue cavité
nasale faisant office d’amplificateur d’odeurs.
Son odorat est 40 fois plus puissant que celui
de l’Homme. Deux petites lèvres préhensiles
lui servent à saisir des compléments
nutritifs, surtout des végétaux.
La
langue dépasse, chez les plus grands spécimens,
60 cm de long. La salive gluante secrétée
par les énormes glandes salivaires est
un piège imparable pour les fourmis.
Les
pattes antérieures portent deux longues
griffes, celle du troisième doigt dépassant
10 cm de long.
Le
tamanoir ne possède pas de dents. Incapable
de mâcher, il ingère seulement avec
la langue.
Dans
leur environnement naturel, les tamanoirs ne boivent
que très rarement. L’eau contenue
dans leur alimentation est suffisante.

By Clarissa
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Exclusivement
terrestre, le tamanoir vit en Amérique
du Sud et en Amérique Centrale, du Guatemala
jusqu’au nord du Paraguay et de l’Argentine.
Les
tamanoirs sont capables de se défendre
farouchement contre leurs principaux prédateurs
tel le puma.
La lutte se termine souvent par la mort des deux
adversaires.
Ses puissantes griffes en forme de faux peuvent
éventrer un jaguar, un puma ou un aigle.
De plus la force colossale de ses pattes antérieures
lui permet d’étouffer ses agresseurs.
Sa
langue lui sert également d’arme
puisqu’il peut étouffer l’ennemi
en l’introduisant dans ses narines.
Mode de vie du tamanoir
Animal
gourmand mais très pacifique, le tamanoir
partage son temps entre la quête de fourmis
et la sieste.
En
principe, le tamanoir est diurne. Cependant, dans
les zones où l’Homme s’est
installé, il a adopté un mode de
vie nocturne. Ce changement est dû aux dangers
qui le menacent.
Solitaire,
le tamanoir parcourt chaque jour, de sa démarche
chaloupée, 6,5 km à la vitesse de
800 mètres à l’heure.
Cependant, en cas de danger, il est capable de
galoper cinq fois plus vite sur une courte distance.

By Jon Inghram
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Quand
il ne cherche pas de nourriture, il dort. Gros
dormeur, il se repose 14 à 16 heures par
jour.
A cet effet, il creuse un trou pour s’y
installer. Il s'y couche en enroulant sa queue touffue autour de lui, ce qui lui fournit de la chaleur.
Son
domaine vital dépend de l’habitat
: jusqu’à 25 km² dans les vastes
plaines et seulement 3 km² dans les forêts
tropicales.
L’odorat
joue un rôle majeur dans la vie sociale
de ce solitaire. Il répand abondamment
sa salive à proximité des lieux
où il s’alimente. Ses glandes anales
secrètent également une substance
particulièrement nauséabonde.
Les tamanoirs communiquent grâce à
ces odeurs car ils sont plutôt silencieux.
Le tamanoir et les fourmis
De
jour comme de nuit, le tamanoir arpente son domaine
en quête de fourmis. Son museau est si long
qu’il peut le garder à quelques centimètres
du sol tout en marchant. Son odorat le guide vers
la fourmilière ou à l’occasion
la termitière.
Dès
qu’il en a trouvé une, il se dresse
sur le trépied formé par ses pattes
postérieures et sa queue et commence, à
grands coups de griffes, à percer une ouverture
par laquelle il pourra enfiler son nez.
C’est
sa langue qui rentre ensuite en action. Chaque
aller-retour opéré, au rythme de
150 fois par minute (plus de 2 fois par seconde),
ramène dans son palais son lot de fourmis
engluées par une salive visqueuse.

Un tamandua reconnaissable
à son gilet noir et blanc. By Swh Licence
La
langue est également garnie sur le dessous
de minuscules épines inclinées vers l’arrière.
Elles embrochent les insectes qui sont partiellement
broyés avant l’ingestion.
Le
grand fourmilier peut ainsi ingurgiter 30 000
fourmis et termites par jour.
Mais,
le grand fourmilier ne se rassasie pas en une
seule fois. Il ne prélève qu’environ
150 fourmis par fourmilière. Il préfère
grignoter toute la journée ce qui l’oblige
à visiter environ 36 fourmilières
par heure, soit plus de 300 par jour.

By Serafini
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Deux
théories ont été avancées
pour expliquer ce comportement. Le tamanoir ne
dilapide pas les ressources et laisse à
chaque fourmilière le temps de se reconstituer.
Peut-être craint-il les espèces tropicales
qui projettent une pluie d’acide pour se
défendre.
Il
est probable que les deux explications se combinent.
En effet, on a remarqué que le tamanoir
est sélectif et ne s’attaque pas
à certaines espèces de fourmis dont
celles de la famille des Dorylinés, famille
de fourmis guerrières parmi lesquelles
se trouve le genre Eciton, parmi les plus agressives.
La reproduction du tamanoir
La
parade nuptiale et l’accouplement n’ont
jamais été observés de manière
scientifique dans la nature.
Il est cependant probable que le mâle soit
attiré par les sécrétions
odorantes de la femelle réceptive.
L’accouplement est le seul moment où
l’animal quitte sa solitude. Chacun reprend
sa route une fois l’accouplement achevé.
Pas
territorial, il ne semble pas que les mâles
se livrent au moindre combat. En captivité,
plusieurs grands fourmiliers peuvent vivre ensemble
sans la moindre animosité.
La
période de gestation dure en moyenne
190 jours. Un seul petit d'environ 1,5 kg naît, qui s’agrippe
aussitôt à l’épaisse
fourrure de sa mère.

Une mère
et son petit. By Howard Cheng Licence
La
femelle du tamanoir donne naissance en position
debout, appuyée sur la queue.
Une
fois installé dans le douillet pelage de
maman, le petit n’en bouge plus pendant
au moins un an !
Partout
où elle se rend, la mère promène
son petit suspendu à ses poils. A la naissance,
le petit n’est pas une lourde charge mais on a
pu observer des mères portant des jeunes
presque aussi grands qu’elle.
La
femelle allaite son jeune pendant 6 mois. Une
fois sevré, il se nourrit en même
temps que sa mère quand elle attaque les
fourmilières.

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Après
environ 24 mois, il quitte sa mère et entame
sa vie de solitaire. En captivité, un tamanoir peut vivre jusqu'à 25 ans.
Cette
longue dépendance de chaque petit fait
qu’une femelle ne se reproduit que tous
les 2 ans ½.
La protection du Tamanoir
L’Homme
est le seul véritable ennemi du tamanoir.
Autrefois largement répandu en Amérique
du Sud et en Amérique centrale, il vit
maintenant en populations isolées.
On le trouve principalement dans les parcs nationaux
d’Amérique du Sud où il est
protégé.
C’est
la chasse sportive qui a décimé
les populations. Cet animal n’a aucune valeur
commerciale ou culinaire.
Outre
la chasse, la diminution de son habitat a fortement
fait diminuer les effectifs.
Parmi
les différentes espèces de fourmiliers, le tamanoir
est le plus menacé. Le nombre d’individus
par réserve est insuffisant pour que l’espèce
se reproduise sans problème génétique.
Ce
déclin risque d’entraîner l’extinction
de l’espèce. Le grand fourmillier est classé comme espèce en danger extrême sur la Liste rouge de l'IUCN.
V.B
(28.01.2007). M.à.J 01.2008
Classification
Règne:
Animalia
Embranchement: Chordata
Classe: Mammalia
Super-ordre: Xenarthra
Ordre: Pilosa
Sous-ordrer: Vermilingua
Famille: Myrmecophagidae
Genre: Myrmecophaga
Espèce: M. tridactyla
Sous-espèces:
Myrmecophaga tridactyla artata
Myrmecophaga tridactyla centralis
Myrmecophaga tridactyla tridactyla
Références
Les Xénarthres, Collection Marshall Cavendish 1994
Larousse des Animaux. Les Xénarthres pp.81 à 83. Editions Larousse 2006
Nomenclature du fourmillier . SITI
< Encyclopédie
Monde Animal
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