La destruction de Sodome et Gomorrhe selon
la Bible
Pour
éviter que la discorde ne s'installe entre
leurs clans, Abraham et Lot décidèrent
de se séparer et d'aller chacun leur chemin.
Ce dernier s'attribua la meilleure part de la
contrée découverte : la région
du Jourdain. Il s'établit donc au sud de
la mer Morte, à Sodome, dans une des plaines
les plus riches de la région du Jourdain.

Rivière
du Jourdain aujourd'hui. By Aysukirac Licence
Il
y avait cinq villes dans ce pays : Sodome, Gomorrhe,
Adama, Séboïm et Zoar. Chacune dut
verser un lourd tribut au roi Kédor-Laomor
à qui appartenait la vallée du Jourdain.
Pendant douze ans, les rois de la vallée
versèrent ce tribut. Au cours de la treizième
année, ils refusèrent. Kédor-Laomor
organisa alors une vaste expédition punitive
pour rappeler aux rebelles leur devoir.
Il n'eut aucun mal à les défaire.
Leurs capitales furent alors pillées et
rançonnées. Parmi les prisonniers
se trouvait Lot, qui fut libéré
par Abraham à la faveur d'une attaque surprise
organisée par celui-ci sur l'arrière-garde
de l'armée ennemie.
Dieu,
alerté par « le cri contre Sodome
», dont le « péché est
énorme », est résolu à
détruire la ville pour punir ses habitants
(Genèse 18:20-21). Il envoie alors deux
anges vérifier si le « péché
» est avéré.
«
La clameur qui s'élève de Sodome
et Gomorrhe est immense et leurs péchés
sont énormes...
» Il anéantit les villes et toute
la contrée et tous les habitants des villes
et la végétation du sol. L'épouse
de Lot qui avait regardé en arrière
devint une colonne de sel... Il vit monter de
la terre une fumée semblable à celle
d'une fournaise. » (Genèse, XVIII,
19.)

Les Filles de Lot
(Tableau de Lucas de Leyde, 1509). Licence
«
Le soleil se levait sur la terre quand Lot entra
dans le Tsoar. Alors l'Éternel fit tomber
sur Sodome et sur Gomorrhe une pluie de souffre
et de feu; ce fut l'Éternel lui-même
qui envoya du ciel ce fléau. Il détruisit
ces villes et toute la plaine, et tous les habitants
de ces villes. La femme de Lot regarda en arrière,
et elle devint une statue de sel. Abraham se leva
de bon matin et se rendit à l'endroit où
il s'était tenu en présence de l'Éternel.
De là, il tourna ses regards du côté
de Sodome et de Gomorrhe et vers toute l'étendue
de la plaine; et il vit monter de la terre une
fumée, semblable à la fumée
d'une fournaise. »

La destruction
de Sodome et Gomorrhe (Peinture de John Martin
1832)
Ces
cités furent détruites. Conséquence
de la guerre ? Châtiment du ciel ? Dans
la mémoire des hommes, Sodome et Gomorrhe
sont les symboles de la dépravation et
de la vie sacrilège, et l'on y fait allusion
chaque fois qu'il est question de destruction
totale.
A la recherche de Sodome et Gomorrhe
A
Beni-Hassan, cultures verdoyantes et palmeraies
bordent les deux rives du Nil, en cette année
1890. Ce spectacle magnifique s'offre aux yeux
de Percy A. Newberry, qui remonte le fleuve à
la tête d'une expédition financée
par l'Egypt Exploration Fund.
Le
but de l'expédition est de retrouver des
preuves évidentes de l'émigration
de familles sémitiques dans la vallée
du Nil.
Or,
ces preuves, l'archéologue et son équipe
savent qu'elles se cachent dans un réseau
de sépultures situé là, à
mi-chemin entre Memphis et Thèbes.

La vallée
du Jourdain qui sépare Israël de la
Jordanie à partir de la mer Morte. Licence
Ils
vont devoir remuer des masses d'éboulis
et de vestiges provenant de colonnes brisées,
avant de parvenir jusqu'à l'ultime demeure
de Chnem-Hotep.
Le prince Chnem-Hotep régnait sur la région
vers 1900 avant J.-C., sous le règne du
pharaon Sésostris II.
Dans
une petite antichambre, des inscriptions hiéroglyphiques
immortalisent ses faits et gestes. Dans une vaste
salle taillée dans le roc, des peintures
aux couleurs intactes ornent les parois latérales.
On
voit s'y dérouler le film de la vie du
prince : jeux, moissons, chasses, danses.
Or, sur la paroi située au nord, on peut
voir un portrait de Chnem-Hotep entouré
d’un groupe de silhouettes étranges
: ces personnages ne portent pas les mêmes
costumes que les Égyptiens, leur peau est
blanche et leur profil particulièrement
accusé.
Qui étaient ces étrangers que deux
fonctionnaires royaux placés au premier
plan présentaient à leur maître
?
Une observation attentive de la peinture murale
attire l'oeil sur un papyrus que l'un des deux
fonctionnaires tient à la main. Sur ce
papyrus est inscrite la réponse à
notre question : il s'agit d'« habitants
des sables », de Sémites. Leur chef
s'appelait Abishaï et il était arrivé
en Égypte avec trente-six membres de sa
tribu, hommes, femmes et enfants. Parmi les cadeaux
qu'il offrait au prince se trouvait de la stribine
(un cosmétique) pour sa femme.

Région de
la mer Morte. By Charles Fred Licence
En
ces époques lointaines, guerres et famines
étaient monnaie courante. Ceux qui désiraient
se rendre en Égypte devaient passer par
une sorte de douane et régler un certain
nombre de formalités.
Ils devaient indiquer leur identité, la
raison de leur voyage et la durée du séjour.
Un scribe écrivait soigneusement tout cela
à l'encre rouge sur un papyrus, et un messager
portait le document à l'officier des gardes
frontières qui accordait ou non l'autorisation
d'entrée, en application de directives
fort précises établies par l'administration
royale et prévoyant jusqu'au nombre de
nomades qu'il fallait refouler.
Mais
le fait le plus important que révèle
cette peinture, c'est bien que, six siècles
avant le départ des Hébreux d'Égypte,
des nomades sémites, avec armes, familles
et bagages, demandèrent l'hospitalité
à ce même pays.
Que fuyaient-ils ? Quelle catastrophe, quel horrible
souvenir ?

Le châtiment
de la femme de Lot, changée en statue de
sel (Iconographie religieuse de 1870)
De
plus, et cela n'a pas contribué à
éclaircir la question, la région
de la mer Morte est restée pratiquement
inexplorée jusqu'à une date récente.
Aucun savant n'eut jamais l'idée d'aller
la voir et de l'étudier avant 1848, année
durant laquelle les États-Unis organisèrent
une expédition ayant pour but de l'explorer.
En savoir plus sur la
mer Morte
Mais
si la mer Morte a livré facilement les
secrets de son hydrographie, il n'en fut pas de
même pour la disparition de Sodome et de
Gomorrhe, dont le mystère resta entier.
L’énigme de Sodome et Gomorrhe
résolue
Il
faut attendre le début de notre siècle
pour que l'on s'intéresse à nouveau
à Sodome et Gomorrhe, grâce à
des fouilles entreprises en Palestine.
Une nouvelle génération de chercheurs
se mit alors en quête de ces deux villes,
qui devaient être situées dans la
« vallée de Siddim ». A l'extrême
pointe sud-est de la mer Morte, on retrouva les
restes d'un établissement humain d'une
certaine importance, qui s'appelait encore Zoar.
Grande
était la satisfaction des archéologues,
car l'une des cinq riches cités qui avaient
refusé de payer le tribut à Kédor-Laomor
s'appelait ainsi. Cependant, les fouilles entreprises
ne donnèrent rien de positif, les ruines
en question se révélant celles d'une
ville qui avait existé là durant
le haut Moyen Age.

La Galilée.
By Heat Kernel Licence
Quant
à l'antique Zoar du roi de Bela et à
ses voisines, on n'en trouva pas la moindre trace,
bien que plusieurs indices relevés aux
environs de la Zoar moyenâgeuse attestent
que le pays fut très peuplé à
une époque reculée.
S'il existe bien aujourd'hui une certitude, c'est
que toutes les recherches pour retrouver Sodome
et Gomorrhe resteront vaines, car on a désormais
percé le mystère de leur disparition.
On
peut dire que c'est à des géologues
que revient l'honneur d'avoir apporté la
preuve définitive des causes et du déroulement
de la fin de Sodome et Gomorrhe.
La
vallée du Jourdain fait partie intégrante
d'une gigantesque crevasse de la croûte
terrestre. En plus d'un endroit de cette crevasse,
on peut déceler des traces d'activités
volcaniques. Dans les montagnes de Galilée,
en Jordanie orientale, plus précisément
sur les rives d'un affluent du Jourdain appelé
Jabbock, et dans le golfe d'Agaba, on rencontre
du basalte et des traînées de lave.

Les bords de la
mer Morte. Licence
La
mer Morte, elle-même, occupe une très
forte dépression de la croûte continentale
entre deux plaques lithosphériques, la
sous-plaque du Sinaï et la plaque arabique.
Avec
le fond de cette crevasse, la vallée de
Siddim (y compris Sodome et Gomorrhe) fut un jour
précipitée vers les profondeurs
de la terre. La géologie a permis de dater
cet événement avec une relative
précision.
En 1951, le savant américain Jack Finegan
confirma les premières estimations. Il
semble que c'est vers 1900 avant notre ère
que se produisit le cataclysme qui détruisit
Sodome et Gomorrhe.

Petra en Jordanie.
By James Tracoeur Licence
Une
étude de tous les témoignages littéraires,
géologiques et archéologiques permet
de conclure que les villes de la plaine étaient
situées dans une région à
présent recouverte par des eaux qui envahirent
lentement la partie méridionale de la mer
Morte, et que leur destruction résulta
d'un grand tremblement de terre, sans doute accompagné
d'explosions, d'éclairs, de dégagements
de gaz naturel et d'un incendie généralisé.
Dans
les profondeurs, tout au long de la crevasse,
dormaient des forces volcaniques que libéra
l'affaissement de terrain.
Dans
la haute vallée du Jourdain, près
de Bashan, on trouve encore des cratères
de volcans éteints. Depuis des temps immémoriaux,
ces régions sont fréquemment secouées
par des séismes. On a même retrouvé
un écrit du Phénicien Sanchuniathon
confirmant l'explication géologique de
la destruction de Sodome et Gomorrhe.
En
voici le contenu : « La vallée de
Siddim sombra et devint un lac dégageant
sans cesse des vapeurs et dépourvu de poissons,
exemple de vengeance et de mort pour le sacrilège.
»
Plus
on se rapproche de l'extrémité sud
de la mer Morte et plus la région devient
inhospitalière, sauvage, désertique
et lugubre.
On peut compter sur les doigts d'une main les
groupes de nomades qui, chaque année, empruntent
l'une des vallées.

By Charles
Fred Licence
Une
quantité innombrable de petits ruisseaux
strie le terrain rougeâtre : celui-ci devient
alors dangereux, sinon mortel pour qui n'est pas
sur ses gardes. Les marais se prolongent jusqu'à
la vallée désertique d'Agaba, qui
finit à la mer Rouge.
Une crête de 45 m s'étend, à
l'ouest de la rive méridionale, vers le
Negeb, en direction nord-sud, sur 15 km.
Cette petite chaîne de montagnes est constituée
presque exclusivement de cristaux de sel, et ce
phénomène naturel lui donne, au
soleil, autant de brillant qu'un diamant.
Cette chaîne, les Arabes l'appellent Djebel
Ousdoum, un très vieux nom où s'est
conservé le radical du mot Sodome. Ébranlés
par les eaux de pluie, des rochers sont tombés
au pied de la montagne. Ils ont des formes très
curieuses : certains sont dressés comme
des statues et leurs contours évoquent
à peu près celui du corps humain.
On pense alors à la légende de la
femme de Lot transformée en colonne de
sel. Les montagnes salines sont situées
non loin de l'emplacement de la vallée
de Siddim.

Mer Morte. By Niclindh
Licence
Ces
nombreux éléments nous apportent
une foule de détails sur le caractère
particulièrement atroce du cataclysme qui
s'est abattu sur les habitants de la vallée.
Ceux qui purent s'éloigner du centre de
la catastrophe risquaient encore l'empoisonnement
par les gaz, et tout ce qui se trouve au voisinage
de la mer de sel se recouvrit en très peu
de temps d'une croûte caractéristique.
Il est donc bien évident qu'on ne retrouvera
pas Sodome et Gomorrhe. La mer Morte les garde
en son sein et ne les rendra jamais.
Non loin de la vallée, à 3 km au
nord d'Hébron, les Arabes vénèrent
un sanctuaire, qu'ils appellent sanctuaire de
«la colline de l'ami de Dieu ». Une
légende, donc, assez réaliste !
La
Bible a donc effectivement relaté une catastrophe
qui s’est produite. Cette catastrophe avait
cependant des causes naturelles et non divines.
Quant à savoir si le vice et la corruption
régnaient en maître dans ces riches
citées, c’est une autre histoire….
V.B
(01.01.2007)
Référence bibliographique
L’énigme
de Sodome et Gomorrhe, Inexpliqué p.1274
à 1277. La destruction de Sodome et Gomorrhe,
Inexpliqué p.1298 à 1300
< Enigme
Archéologie. Paléontologie
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