Un temps à séisme
Le 17 octobre 1989 à Big Sur, à 150 kilomètres
au sud de San Francisco, Margaret Owings remarquant que l’air
était étrangement lourd et calme pensa :
« C’est un temps à tremblement de terre ».
Et de fait au lieu de suivre la rencontre télévisée
de championnat de baseball qui devait se disputer ce soir là,
c’est au séisme particulièrement destructeur
de Loma Pieta (Californie) qu’assistèrent en direct
des millions d’américains.
De nombreuses personnes qui habitent des régions sismiques
affirment percevoir l’imminence d’une secousse à
certains signes :
- Comportement anormal des animaux
- Changement de goût de l’eau des puits
- Apparition d’étranges lueurs
- Grondements sourds émanant du sol
- Calme inquiétant de l’atmosphère
Encore récemment, les scientifiques attribuaient tous ces
témoignages à l’imagination.
Mais, aujourd’hui, le matériel perfectionné
leur permet d’enregistrer d’avantage de phénomènes
liés aux séismes.

Une étrange lueur bleuâtre
apparut à l'horizon peu avant le séisme qui, en 1966,
secoua Matsushiro, au Japon
Certains supposent qu’existe bien un « temps à
séisme ». La compression du sol avant une secousse
génère des courants électriques susceptibles
de décomposer l’eau du sous-sol et de libérer
de l’hydrogène et de l’oxygène dans l’atmosphère.
Quant au calme précédant un tremblement de terre,
il serait dû aux brouillards et aux nuages formés sous
l’action des ions.
Séismes inhabituels
En 1811 et 1812, une série d’étranges tremblements
de terre se produisit aux Etats-Unis. Trois secousses, dont l’épicentre
se trouvait à New Madrid, dans le Missouri, couchèrent
des centaines de kilomètres carrés de forêts,
détournèrent le cours du Mississippi et transformèrent
en marécages des milliers d’hectares de prairies.
Un soudain affaissement du sol sur 4,5 m de profondeur, détruisit
entièrement New Madrid.
La dernière secousse qui eut lieu en février 1812
fut ressentie sur près de 4 millions de kilomètres
carrés, soit près de la moitié de la superficie
des Etats-Unis.
74 ans après, en 1886, Charleston fut en parti détruit
par un séisme.
Ce qui est étrange dans ces deux tremblements de terre,
c’est qu’ils n’auraient pas dû se produire
à New Madrid et à Charleston.
En effet, ces deux villes se situent au milieu de deux plaques
continentales et ne sont donc pas concernées par la théorie
de la tectonique des plaques.
De manière incertaine, deux théories ont été
avancées pour expliquer ces deux séismes :
Des frictions entre le manteau pâteux et une faille dans
la plaque continentale.
La pénétration d’un pluton (masse de magma profond
solidifié) dans l’écorce terrestre y créant
de fortes tensions.

Montage. Vue en surimpression de
la cathédrale et de la fontaine de Messine (Italie) avant
et après le séisme de 1908
Un port à sec
Le 17 août 1959, le lac Hebgen, au Montana, s’inclina
sous l’effet d’un séisme comme une vulgaire cuvette.
A une extrémité, les habitations furent submergées
tandis qu’à l’autre le port se retrouvait à
sec.
Boue brûlante
En 1783, une suite de séismes ravagea pendant deux mois
l’ouest de la Calabre, en Italie. Il débuta par une
secousse qui ouvrit dans le sol des crevasses dont certaines atteignaient
45 m de large.
Cela fit jaillir des sources d’eau bouillante. Des centaines
d’hommes et d’animaux tombèrent dans ces failles
et en furent éjectés par des geysers de boue gazeuse
et brûlante.
On déplora plus de 30 000 morts.

Cet immeuble de Niigata, au Japon, a été
renversé en 1967 par une "liquéfaction du sol"
due à un séisme. Le sol s'est transformé en
sables mouvants. Des habitants y sont tombés mais sans se
noyer car la forte densité de cette "soupe épaisse"
leur permettait de flotter
Conséquences sur la planète du
séisme en Asie
Le séisme qui a ravagé l’Asie le 25 décembre
2004 , avec un épicentre à 250 kilomètres au
sud-est de Sumatra, a modifié la géographie autour
de cette île d'Indonésie, et la secousse a légèrement
ébranlé l'ensemble de la planète, "comme
une pichenette sur une toupie", selon un scientifique.

Les experts savent déjà que le séisme
de magnitude 9 a entraîné, localement, un déplacement
des côtes de quelque vingt mètres, en certains points
d'une zone de rupture de 400 km de long.
Synthèse des conclusions des scientifiques:
"La valeur maximale du glissement de la faille vers le sud-ouest
est de 20 mètres sur une quarantaine de kilomètres,
et de 15 mètres, de façon répartie, sur plus
de 100 km de long".
"Il y a eu également des mouvements verticaux, qui
ont pu atteindre à certains endroits un ou deux mètres
et des terres se sont soulevées, notamment dans la région
de Siberut, une île à 100 km à l'ouest de Sumatra."
"Le tremblement de terre a changé la carte", a
déclaré pour sa part à l'AFP Ken Hudnut, un
expert de l'Institut géologique américain (US Geological
Survey).
"En se basant sur des modèles sismiques, on peut dire
que certaines des plus petites îles au sud-ouest des côtes
de Sumatra peuvent avoir avancé de 20 mètres vers
le sud-ouest", a-t-il ajouté.
La pointe nord-ouest du territoire indonésien de Sumatra
pourrait également avoir glissé vers le sud-ouest
d'environ 36 mètres, selon le même expert.
Dossiers complémentaires
Séisme
Tsunami
Comportement
animal avant un séisme
<
Catastrophe Naturelle
|