Scorpion de mer
Avec la découverte des traces laissées
par un scorpion de mer géant il y a 330 millions
d’années, nous disposons d’une
nouvelle preuve que ces arthropodes pouvaient survivre
hors de l’eau.
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Il y a environ 400 millions d’années, au cours du
Dévonien inférieur, l’Ecosse se trouvait à
proximité de l’équateur. Un chercheur écossais vient de découvrir des traces
laissées par un gigantesque scorpion aquatique. Les traces
constituent la seule indication que la créature pouvait survivre
en dehors de l’eau.
Illustration d'un euryptéride Selon l’analyse que Whyte a faite du fossile, la créature était un scorpion à six pattes qui faisait 1,50 mètres de long sur une largeur d’un mètre. La longueur de sa foulée indique que l’animal rampait extrêmement lentement. Des indices suggèrent qu’il traînait une partie de son corps et que l’animal se déplaçait hors de l’eau.
Fossile d'un euryptéride de petite taille «Le sillon central des traces montre que la queue du scorpion n’était pas maintenue par l’eau et des stries de chaque côté du sillon montre que le mouvement était inégal. Malgré qu’il ne s’agisse peut-être pas d’indices typiques, ces derniers portent à croire que l’animal n’était pas doté d’une grande habileté de mouvement hors de l’eau», a-t-il précisé.
Les euryptérides appartiennent au groupe des chélicérates
« pinces qui mordent » (araignées, scorpions,
limules).
La morphologie des limules a très peu évolué depuis le paléozoïque Apparus durant l’Ordovicien, il y a environ 500 millions
d’années, les euryptérides sont devenus les
plus grands prédateurs marins durant le Silurien.
Les traces fossiles laissées par les euryptérides
montrent que ces scorpions de mer faisaient des incursions sur les
rivages. L'un des plus grands scorpions de mer connus est Pterygotus rhenanius qui atteignait plus de 2 mètres de long. Les euryptérides étaient des prédateurs très répandus dans les mers peu profondes.
A l’Ordovicien, la plupart des scorpions de mer étaient
petits mais au Silurien, ils devinrent les plus grands arthropodes
de tous les temps. Durant le Silurien, le climat se réchauffa peu à peu et le niveau des mers s’éleva. Ces changements permirent à certaines espèces de se développer dont les scorpions de mer. Au cours du Dévonien, l’apparition des placodermes (groupe de poissons aux puissantes mâchoires) rendit la vie des scorpions de mer plus difficile. Ils n’étaient plus en haut de la chaîne alimentaire mais devinrent la proie de ses nouveaux prédateurs.
Fossile d'un placoderme: Bothriolepis canadensis Les euryptérides disparurent à la fin du Permien il y a environ 245 millions d’années. J.John Sepkoski Jr, de l’université de Chicago, a pu calculer que 54% des familles moururent durant les cinq derniers millions d’années du Permien. Il a avancé les chiffres de 78 à 84% pour les genres marins disparus. On a calculé que cela correspondait à une chute de la diversité en espèces de 96%. Les euryptérides disparurent totalement à la fin de cette période.
Pterygotus rhenanius était une véritable menace pour
toutes les espèces des fonds marins. Il possédait de grands yeux qui lui permettaient de parfaitement
distinguer les poissons ou du moins d’en saisir les mouvements.
Grâce à ses deux chélicères (pinces),
il enserrait sa proie puis la broyait avant de l’avaler.
Fossile d'un Pterygotus Comme celui de tous les scorpions de mer, le corps de Pterygotus était divisé en deux parties.
Les six premiers tergites contenaient les branchies et les organes génitaux. Le telson (queue) formait une palette large qui servait de rame.
Bien sûr, tous les scorpions de mer n’étaient pas aussi grands que Pterygotus. Par exemple, Eurypterus ne dépassait pas 10 cm.
Fossile d'un Eurypterus Le Silurien vit l’apogée des euryptérides, uniques prédateurs dans l’eau. Ils vivaient aussi bien dans les eaux saumâtres que dans la mer. Ces prédateurs chassaient en eau peu profonde. Les plus grandes espèces chassaient des poissons de grande taille, tandis que les plus petites se contentaient de tout petits animaux marins. Paracarcinosoma était un petit scorpion de mer qui ne mesurait que 5 cm de long environ. Il est possible qu’il ait également fréquenté les eaux douces.
Fossile d'un Paracarcinosoma Un squelette externe (exosquelette) rigide protégeait la
tête carrée, le corps et les six paires de pattes. V.B (4.12.2005) |

