L'extinction
des Dinosaures: scénario d'une catastrophe
La réalité de l'
impact de l'astéroïde de Chicxulub (cratère
de chicxulub .Yucatan au Mexique) et sa coïncidence
avec la crise de la biosphère est bien établie.
Par contre, les mécanismes exacts de la
catastrophe sont plus controversés. D' après Alvarez,
l' expansion dans l'atmosphère d' un nuage de fines poussières
aurait intercepté la lumière solaire et bloqué
la photosynthèse des plantes et du plancton.
Leur mort aurait alors mené à l'effondrement
de la chaîne alimentaire.
Hiroshima
L'énergie dégagée
par l'impact a été évaluée à
l'équivalent de la déflagration simultanée
de toutes les bombes nucléaires de l'humanité.
Il faut imaginer un bolide de 10
km de diamètre se déplaçant à des dizaines
de km par seconde. L'athmosphère a été soufflée
lors de cette pénétration éclair, les 100 mètres
d'eau recouvrant le Yucatan ont été désintégrés
et notre planète a encaissé un choc représentant
5 milliards de fois la bombe d'Hiroshima.
Première phase
L'onde de choc causé par l'impact rayonna
dans l'athmosphère et sur Terre dans un rayon d'environ 1
000 km. Dans ce rayon, les forêts furent rasées et
les animaux décimés.
Un tsunami déferla sur les côtes
du Golfe du Mexique avec des effets secondaires sur les côtes
d'Europe et d'Afrique.
Deuxième phase
L'ébranlement sismique de
la Terre fut d'une extrème violence. On l'évalue à
une magnitude de 13 sur l'échelle de Richter. Des failles
et des glissements de terrain apparurent un peu partout sur Terre.
De plus, des débris de roches furent éjectés
sur toute la surface du globe.
Troisième phase
L'expulsion de
ces ejecta créa un réchauffement de l'athmosphère.
On estime que dans un rayon d'environ 5 000 km du point d'impact,
une fournaise de plus de 400°C aurait duré au moins une
heure.
Quatrième phase
Un embrasement de la végétation
a été confirmé. D'après une étude,
on évalue qu'une bonne moitié de la biomasse terrestre
a brûlé dans les quelques jours à quelques mois
suivant l'impact.
Cinquième phase
L'impact dut répandre une
vaste quantité de métaux toxiques, le nickel notamment.
Cet empoisonnement contribua certainement à l'extinction
de nombreuses espèces. D'autant plus que cette crise chimique
de l'athmosphère se répercuta au sol.
Dans les océans, des précipitations
acides ravagèrent le plancton.
Sixième phase
L'impact causa un échauffement brutal de
l'athmosphère au cours des premières heures puis un
refroidissement intense pendant plusieurs mois.
Le nuage de poussières resta en suspension
dans la haute athmosphère ce qui entraîna l'obscurité
totale sur la planète et par voie de conséquence l'arrêt
de la photosynthèse et donc l'effondrement de la chaîne
alimentaire.
Les chercheurs estiment qu'une nuit noire règna
pendant au moins 2 mois et que la luminosité resta insuffisante
pendant au moins 6 mois.
Septième phase
Cette nuit noire fit également chuter la
température au sol de 4 à 5°C minimum ce qui est
considérable. Quand les poussières se déposèrent,
la période de froid fit place à un effet de serre.
A partir de là, la température remonta de 10°
C. Cet effet de serre, d'après les estimations, dura 10 000
ans.
Les effets de l'impact s'estompèrent au
bout de quelques dizaines de milliers d'années.
Les survivants
Dans un délai très court après
l'impact (quelques années au mieux), les trois quarts de
toutes les espèces furent exterminées.
Dans l'océan, ce furent les planctons,
poissons, ammonites, mosasaures et crocodiles marins.
Sur Terre, le groupe des dinosaures fut exterminé,
les reptiles gravement touchés, amphibiens et mammifères
furent moins gravement touchés.
Il est évident que l'isolation thermique
joua un rôle. En effet, les animaux des grands fonds marins
furent épargnés à plus de 75%. De même,
les petits mammifères de terriers bénéficièrent
d'une certaine protection. Ils possédaient un autre atout
majeur: la plupart étaient nocturnes. Enfin, une bonne partie
des mammifères étaient omnivores et purent donc se
nourrir d'insectes, de graines et de charognes.