Saint Paul
Surnommé
l’Apôtre des gentils (c’est-à-dire
des païens), Paul a joué un rôle
capital dans la propagation du christianisme dans
le monde gréco-romain.
Les sources essentielles de la vie de Paul sont
les Actes des Apôtres et des Épîtres,
auxquelles on peut joindre quelques éléments
puisés chez les Pères de l’Église.
La littérature apocryphe le concernant
ne saurait être utilisée qu’avec
d’infinies précautions.
Son
nom était Saulos, forme grécisée
de l’hébreu Shaul.
Issu
d’une famille de notables, Paul est un intellectuel
qui va admirablement utiliser les voies de communication
de son temps.
C’est Paul qui va concevoir une Eglise à
l’échelle de l’Empire. Il parle
plusieurs langues et a intégré la
géopolitique romaine.
L’apôtre
se décrit lui-même comme petit, chauve
et le nez crochu. Cependant, les artistes chrétiens
ne retiendront que la calvitie.

Saint Paul . Mosaïque
de Ravenne
Au
départ, Paul est un pharisien intransigeant.
Il commence par persécuter les chrétiens,
et il apparaît pour la première fois
dans les Actes des Apôtres gardant les vêtements
des Juifs qui lapident Étienne. À
la suite de cela éclate une persécution,
et on voit Paul « allant dans les maisons,
en arrachant hommes et femmes qu’il traînait
en prison ».
Tandis qu’il se rend à Damas pour
y persécuter la communauté chrétienne,
Paul a une vision du Christ qui provoque sa conversion
à la religion de ses adversaires.
L’apôtre
Jean s’établit à Ephèse,
Pierre, à Rome, où l’empereur
Néron le fera mettre à mort en l’an
64.
Paul reçoit l’agrément de
Pierre et des Douze et, à l'issue d'un
temps d'apprentissage, rejoint une équipe
missionnaire de prophètes et de docteurs.
Il participe, comme second de l'apôtre Barnabé,
à la fondation de l'Église d'Antioche
(l'actuelle Antakya, en Turquie). C'est là
qu'apparaît pour la première fois
le nom de « chrétiens » - «ceux
du Christ» -, forgé par les Romains
vers l'année 40.

Michelangelo. Conversion
de Saint Paul. 1542-1545. Fresques. Chapelle Pauline
, Vatican
Pour
mieux s'intégrer à la société
des colonies romaines, Saul prend alors un surnom
latin. Désormais, il s'appellera Paul.
Aidé de ses compagnons, il évangélise
aussi la côté anatolienne. Quant
à Pierre, qui a quitté la Judée,
il prêche en Syrie, en Grèce et même
à Rome.
Séparation entre le christianisme
et le judaïsme
Tout
apôtre s’active à désigner
pour chaque église un « surveillant
», en grec « episkopos », le
futur évêque et également
un « ancien », en grec « presbyteros
», qui deviendra le prêtre.
Ils reçoivent le pouvoir de prêcher,
de baptiser et de célébrer l’eucharistie.
Paul
est le champion d'un christianisme autonome, qui
se détachera progressivement du judaïsme,
jusqu'à la destruction du Temple et de
Jérusalem, en 70.

Raphael. Carton
pour St. Paul prêchant à Athènes.
c1513-1514. Victoria and Albert Museum, Londres
Il
reste fidèle à l'Église chrétienne
de Jérusalem, pour laquelle il collecte
des fonds. Mais, afin de faciliter les conversions,
il prône l'abolition des rites juifs (circoncision,
nourriture kasher) pour les païens convertis
au christianisme. La réunion apostolique
de Jérusalem, en 51, impose au contraire
à ces derniers les mêmes obligations
qu'aux Juifs. Conséquence contre-missions
et polémiques se succèdent dans
les Eglises instituées par Paul. À
Antioche, il rompt avec Pierre, mais il est désavoué
par l'Église.
En 52, il s'installe à Éphèse,
conçoit dès lors sa mission comme
universelle et projette d'aller à Rome.
Il y arrivera d’ailleurs.
A
partir de là, une énorme controverse
a vu le jour sur les relations de Paul et de Néron
ainsi que sur la mort de cet apôtre.
Certains
auteurs pensent qu’il a finalement subi
le martyre en 64, lors de la persécution
de Néron, rapportée par Tacite.
D’autres
soutiennent qu’il a été acquitté,
mais on est désormais dans le domaine de
l’hypothèse.
Libéré, Paul se serait rendu en
Espagne, puis serait revenu en Orient, à
Éphèse, en Macédoine et en
Grèce : ce serait au cours de ces ultimes
pérégrinations qu’il aurait
rédigé sa Première Épître
à Timothée et son Épître
à Tite.
Après
la persécution de Néron, il aurait
été arrêté car appartenant
à une secte tenue désormais pour
criminelle. Ramené à Rome, tenu
dans une dure captivité, il aurait eu un
long procès avant d’être décapité
sur la voie d’Ostie, vers 67.

L'arrestation de
Paul. IVe siècle. Grotte Vaticane, Rome
Concernant
les relations de Paul et de Néron, il est
difficile de discerner le vrai du faux.
Cependant, la Bible donne des indications. Paul
serait rentré en contact avec l’empereur
par l’intermédiaire de Sénèque
qui est le précepteur de Néron,
grand philosophe et hommes des lettres.
Néron
et l'incendie de Rome
Introduit
dans la maison même de l’empereur,
il peut commencer son évangélisation.
Paul
fait tout pour convertir Néron et dans
les lettres avec Sénèque bien
que considérées comme apocryphes,
il semblerait que Néron ait été
très réticent à cette nouvelle
religion.
Difficile
de trier le vrai du faux. De même, la controverse
continue quant aux instigateurs de l’incendie
de Rome.
Certains accusent Néron mais cette probabilité
est très peu probable. D’autres accusent
les Chrétiens.

Saint Paul et les
Apôtres. Mosaïque de Ravenne
Il
est assez ironique de constater que ce soit Saül
de Tarse, un citoyen romain, grand persécuteurs
de chrétiens, et qui n’a jamais connu
Jésus, qui fut celui qui a répandu
le message de Jésus dans tout l’empire
romain.
C’est
en grande partie grâce à lui, et
à la conversion de l’empereur Constantin
(vers 310), que l’Eglise est présente
au IVe siècle dans tout le Bassin méditerranéen
jusqu’en Afrique du Nord.
V.B
(19.11.2006)
Références bibliographiques
et sources
Atlas des religions, éditions Plon Mame.
Les premiers chrétiens, Editions Larousse.
Saint Néron de Jean-Charles Pichon, éditions
Robert laffont.
Informations transmises par Carel
Wijngaards
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