Saint
Paul et l’expansion du christianisme
Après
la mort de Jésus, le christianisme est
éclaté en sectes. Ses disciples
de Galilée rassemblent une première
Église juive, à Jérusalem.
Les Juifs de la Diaspora y sont nombreux et actifs,
si bien que, dès les années 30,
l'enseignement du Christ se répand jusqu'à
Chypre, en Libye, en Asie Mineure et à
Rome.
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Surnommé
l’Apôtre des gentils (c’est-à-dire
des païens), Paul a joué un rôle
capital dans la propagation du christianisme dans
le monde gréco-romain. Son nom était Saulos, forme grécisée de l’hébreu Shaul. Issu
d’une famille de notables, Paul est un intellectuel
qui va admirablement utiliser les voies de communication
de son temps. L’apôtre se décrit lui-même comme petit, chauve et le nez crochu. Cependant, les artistes chrétiens ne retiendront que la calvitie.
Saint Paul . Mosaïque de Ravenne Au
départ, Paul est un pharisien intransigeant.
Il commence par persécuter les chrétiens,
et il apparaît pour la première fois
dans les Actes des Apôtres gardant les vêtements
des Juifs qui lapident Étienne. À
la suite de cela éclate une persécution,
et on voit Paul « allant dans les maisons,
en arrachant hommes et femmes qu’il traînait
en prison ». L’apôtre
Jean s’établit à Ephèse,
Pierre, à Rome, où l’empereur
Néron le fera mettre à mort en l’an
64.
Michelangelo. Conversion de Saint Paul. 1542-1545. Fresques. Chapelle Pauline , Vatican Pour mieux s'intégrer à la société des colonies romaines, Saul prend alors un surnom latin. Désormais, il s'appellera Paul. Aidé de ses compagnons, il évangélise aussi la côté anatolienne. Quant à Pierre, qui a quitté la Judée, il prêche en Syrie, en Grèce et même à Rome.
Tout
apôtre s’active à désigner
pour chaque église un « surveillant
», en grec « episkopos », le
futur évêque et également
un « ancien », en grec « presbyteros
», qui deviendra le prêtre. Paul est le champion d'un christianisme autonome, qui se détachera progressivement du judaïsme, jusqu'à la destruction du Temple et de Jérusalem, en 70.
Raphael. Carton pour St. Paul prêchant à Athènes. c1513-1514. Victoria and Albert Museum, Londres Il reste fidèle à l'Église chrétienne de Jérusalem, pour laquelle il collecte des fonds. Mais, afin de faciliter les conversions, il prône l'abolition des rites juifs (circoncision, nourriture kasher) pour les païens convertis au christianisme. La réunion apostolique de Jérusalem, en 51, impose au contraire à ces derniers les mêmes obligations qu'aux Juifs. Conséquence contre-missions et polémiques se succèdent dans les Eglises instituées par Paul. À Antioche, il rompt avec Pierre, mais il est désavoué par l'Église. En 52, il s'installe à Éphèse, conçoit dès lors sa mission comme universelle et projette d'aller à Rome. Il y arrivera d’ailleurs. A partir de là, une énorme controverse a vu le jour sur les relations de Paul et de Néron ainsi que sur la mort de cet apôtre. Certains auteurs pensent qu’il a finalement subi le martyre en 64, lors de la persécution de Néron, rapportée par Tacite. D’autres
soutiennent qu’il a été acquitté,
mais on est désormais dans le domaine de
l’hypothèse. Après la persécution de Néron, il aurait été arrêté car appartenant à une secte tenue désormais pour criminelle. Ramené à Rome, tenu dans une dure captivité, il aurait eu un long procès avant d’être décapité sur la voie d’Ostie, vers 67.
L'arrestation de Paul. IVe siècle. Grotte Vaticane, Rome Concernant
les relations de Paul et de Néron, il est
difficile de discerner le vrai du faux. Introduit dans la maison même de l’empereur, il peut commencer son évangélisation. Paul
fait tout pour convertir Néron et dans
les lettres avec Sénèque bien Difficile
de trier le vrai du faux. De même, la controverse
continue quant aux instigateurs de l’incendie
de Rome.
Saint Paul et les Apôtres. Mosaïque de Ravenne Il est assez ironique de constater que ce soit Saül de Tarse, un citoyen romain, grand persécuteurs de chrétiens, et qui n’a jamais connu Jésus, qui fut celui qui a répandu le message de Jésus dans tout l’empire romain. C’est en grande partie grâce à lui, et à la conversion de l’empereur Constantin (vers 310), que l’Eglise est présente au IVe siècle dans tout le Bassin méditerranéen jusqu’en Afrique du Nord. V.B (19.11.2006)
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