Saint-Exupéry l’aviateur
Antoine
de Saint-Exupéry n'est pas uniquement un
écrivain pour enfants. Né en 1900
dans une famille noble désargentée,
il fait ses études dans des pensionnats
catholiques avant de préparer, sans succès,
le concours d'entrée à l'École
navale. Mais il a la passion de l'aviation et
il obtient son brevet de pilote en 1921. En 1926,
il entre à la compagnie Latécoère,
où il est responsable des premiers long-courriers
vers l'Afrique et l'Amérique du Sud.
Aviateur,
Saint-Exupéry a été un des
pionniers de ce qui fut peut-être la dernière
épopée de l’histoire de l’aviation.
« Quelque chose s’était cassé
dans mon moteur. Et comme je n’avais avec
moi ni mécanicien, ni passagers, je me
préparai à essayer de réussir,
tout seul, une réparation difficile. C’était
pour moi une question de vie ou de mort... ».
Saint-Exupéry
avait neuf ans quand Blériot fit la première
traversée de la Manche. Il en avait douze
quand il prit son baptême de l’air,
et il est aisé de comprendre combien la
place décisive de l’aviation dans
le déroulement de la Première Guerre
mondiale a du le fasciner.
Saint-Exupéry
entreprend plusieurs raids, notamment entre Paris
et Saigon. Il participe, avec jean Mermoz, aux
premiers vols intercontinentaux de l'aviation
postale, mais se fait surtout connaître,
au cours des années 1930, par des oeuvres
littéraires qui font de lui un écrivain
pilote.
Saint-Exupéry l’écrivain-pilote
Parmi
les œuvres les plus marquantes :
Courrier
Sud (1930), Vol de nuit (1931), dont l'action,
largement autobiographique, se déroule
en Amérique du Sud, et surtout Terre des
hommes (1939), qui vaut à l'auteur le grand
prix du roman de l'Académie française.
Antoine
de Saint-Exupéry a fait un récit
très précis de l'accident qu'il
a vécu le 30 décembre 1935, alors
qu'il tentait de battre le record Paris Saigon
: son avion, le Simoun F-ANXY s'est écrasé
à la frontière de la Libye et de
l'Égypte. Il erre trois jours dans le désert
avant d'être sauvé par un Bédouin.
C'est le quatrième accident de sa carrière,
celui qui lui inspirera, entre autres, le début
du Petit Prince. Pressé par d'importants
besoins d'argent, il rédige dès
janvier 1936 pour le journal l'Intransigeant plusieurs
articles qui paraissent sous le titre Prison de
Sable et formeront cinq chapitres de son livre
Vol de Nuit.
À
la veille de la Seconde Guerre mondiale, Saint-Exupéry,
qui a toujours la passion de l'aviation, cherche
à s'engager. Mais, en 1939, il est déclaré
inapte au service actif et muté à
l'arrière comme instructeur. Il revêt
alors l'uniforme de l'armée de l'air et
sert bientôt dans le groupe de reconnaissance
11/33, alors qu'il approche de la quarantaine.
Après
le débarquement en Afrique du Nord, Saint-Exupéry
se rend à Alger en mai 1943 et multiplie
les contacts pour servir de nouveau dans le groupe
de reconnaissance où il a fait ses preuves
au début de la guerre.
Mais
les temps ont changé: les engins utilisés
par les aviateurs alliés sont beaucoup
plus sophistiqués que ceux auxquels il
est habitué. Grâce à ses relations,
il vient à bout des réserves que
son âge suscite et reçoit l'autorisation
d'effectuer cinq missions de guerre au sein du
groupe de reconnaissance 11/33 basé en
Corse, qu'il réintègre. En tout,
il mènera dix missions à bord d'un
Lightning P-38, avion à double fuselage,
très perfectionné et pouvant voler
à 700 km/h, mis au point aux États-Unis
avec la participation de Lindbergh.
Le dernier vol de Saint-Exupéry
Saint-Exépury
outrepasse les limites de l'autorisation exceptionnelle
qui lui avait été délivrée
par le commandement allié. Lors de sa sixième
mission, le 29 juin 1944, jour de son 44e anniversaire,
il est menacé de suspension après
s'être égaré au-dessus des
Alpes et avoir oublié de déclencher
son signal d'identification radio.
Il
atterrit en catastrophe à Borgo, aux environs
de Bastia, en Corse. Sa dernière mission
est prévue pour le 31 juillet: son supérieur
hiérarchique devait lui annoncer à
son retour le prochain débarquement allié
en Provence ainsi que son interdiction de vol.
Bien
que non inscrit sur le tableau des vols, il a
insisté pour décoller. Le nom de
code de l'opération - une reconnaissance
au-dessus de Grenoble et Chambéry - est
Soda.

Antoine
de Saint-Exupéry, aviateur et écrivain
français. (Collection musée de l'Air,
Paris.)
Saint-Exupéry
monte dans l'étroite carlingue du Lightning
n" 223. Toutes les vérifications d'usage
ont été effectuées, la météo
est bonne. Il est 8h45 du matin lorsque l'appareil
décolle. Vingt-cinq minutes plus tard,
le poste radar signale qu'il a dépassé
les côtes françaises. A 13 heures,
l'avion, qui doit être à court de
carburant, n'est toujours pas réapparu
sur l'aérodrome de Borgo. Il faut se rendre
à l'évidence : le commandant Saint-Exupéry
est porté disparu. L'épave de l'avion
ne sera jamais retrouvée. Ainsi commence
une énigme que plus d'un demi-siècle
d'investigations n'a presque pas entamée.
La disparition de Saint-Exupéry résolue
On
a longtemps cru qu'il avait été
abattu par la chasse allemande au-dessus de la
Provence, sur la foi d'une lettre, publiée
en 1972, dans laquelle un aviateur allemand déclarait
avoir abattu un P-38 le 31 juillet 1944: si ce
document relate un certain nombre de faits vérifiés
dans les archives de la Luftwaffe, il en présente
d'autres qui ont été contestés
par les spécialistes.
En
1992, des recherches sont lancées dans
la baie de Nice, où l'on suppose que l'appareil
de Saint-Ex s'est écrasé. En vain.
Mais cela ne signifie évidemment pas que
l'épave ne dorme pas au fond de la Méditerranée:
un avion qui heurte l'eau peut se désagréger,
et ses débris sont difficiles à
retrouver.
L'affaire
rebondit en septembre 1998, lorsqu'un chalutier
naviguant entre Cassis et Marseille attrape dans
ses filets une gourmette portant le nom de Saint-Exupéry
et des débris d'aluminium (ceux d'un Lightning
P-38). Cette zone n'avait jamais été
explorée jusqu'alors, mais les espoirs
s'évanouissent vite, car toutes les recherches
effectuées dans un rayon de 100 km²
demeurent infructueuses.
En mars 2008, un ancien pilote de la Luftwaffe, sur Messerschmitt Bf 109, Horst Rippert, affirme dans le journal La Provence avoir abattu un avion de type P-38 lightning le 31 juillet 1944 dans la zone où Saint-Exupéry se trouvait.
En mission pour retrouver un avion ennemi qui survolait la région d'Annecy, Horst Rippert tourne plusieurs minutes au-dessus de la Méditerranée sans rien repérer. Soudain, un avion allié le croise 3000 mètres au-dessous de lui. Horst Rippert tire et touche. L'avion s'enflamme et tombe à pic dans la Méditerranée.
V.B
(11.09.2006). M.à.J T4suki 04.2008
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