La légende d’Arthur
Quelques temps après que les Romains ont
quitté la Grande-Bretagne, les Celtes,
livrés à eux-mêmes, s’organisent
en une multitude de petits royaumes qui, rapidement,
se querellent. L’un de ces Etats est dirigé,
nous disent les conteurs, par le roi Uther Pendragon.
Grâce à une ruse de son druide Merlin,
Uther parvient à abuser de la femme de
l’un de ses ennemis, la belle Igraine.
L’enfant qui naît, Arthur, est élevé
par Merlin.
Adolescent, Arthur révèle son sang
royal en parvenant sans peine à dégager
d’un rocher l’épée merveilleuse
Excalibur.

Le roi Arthur et
son épée magique (Excalibur de John
Boorman, 1981)
En effet, Merlin organisa un rassemblement de
toute la noblesse. Dans un pré, se trouvait
une magnifique épée fichée
dans une enclume. Sur la pierre était inscrit
: »Celui qui retirera l’épée
de cette pierre et de cette enclume sera roi de
toute l’Angleterre. »
On cria au miracle quand le jeune Arthur libéra
l’épée de l’enclume.
L’Angleterre avait trouvé son roi.

Le roi arthur écoutant
les doléances de l'un de ses sujets (Bibliothèque nationale de France, Paris)
Il fédère les royaumes d’Angleterre
et repousse l’envahisseur saxon. Il règne,
son épouse Guenièvre à ses
côtés, dans sa brillante cité
de Camelot où il réunit autour d’une
immense table ronde de preux chevaliers : Gauvain,
Kay, Perceval, Lancelot, Tristan …

Couronnement du
roi Arthur (Extrait d'un manuscrit du XIVe siècle,
Bibliothèque nationale de France, Paris)
Mais, Arthur a de nombreux ennemis dont Loth
de Lothian. Ce dernier envoie sa femme, Morgane,
comme ambassadrice. Arthur la séduit et
un enfant est conçu, Mordred. Ce qu’ignore
Arthur c’est que Morgane est sa demi-sœur.
Merlin prédit que Mordred amènera
la ruine du royaume.

Le roi Arthur et
ses chevaliers (Gravure de Gustave Doré)
En cadeau de mariage, Arthur a reçu une
magnifique table ronde. Lorsque les chevaliers
prennent placent autour, une place reste vide.
Elle est réservée à celui
qui ramènera le Saint- Graal, une des reliques
les plus sacrées de la chrétienté.

Lancelot, manuscrit
enluminé du XVe siècle. En haut,
naissance et éducation de Lancelot par
la Dame du Lac; en bas, à gauche, Lancelot
participant à un tournoi; à droite,
sa vision du Graal
L’amour tient une grande place dans la
légende arthurienne. Lancelot et Guenièvre
s’aiment. Poussé par Mordred, Arthur
accuse le couple d’adultère et de
trahison. Lancelot s’enfuit alors sur le
continent avec sa bien-aimée et de nombreux
chevaliers.
Arthur part à leur poursuite. Le combat
mettra fin à l’esprit de la Table
ronde. L’honneur perdu et prisonniers de
leurs passions, les chevaliers se précipitent
vers la catastrophe finale.
Profitant de l’absence d’Arthur,
Mordred lève une armée et s’empare
du trône. Lors de la bataille de Camlann,
Arthur tue Mordred mais est mortellement blessé.

Combat final entre
Arthur et Mordred (Peinture de W.Hatherall)
Arthur, agonisant, fait jeter son épée
dans un lac : la lame magique est rendue à
la fée Viviane, la « Dame du lac
», qui éleva Lancelot et envoûta
Merlin.
Selon la légende, Bédivère
installe le roi mourant dans une barque qui emmène
le roi vers l’île magique d’Avalon.
Il est également dit que le roi Arthur
reviendra car, sur sa tombe, est écrit
: »Hic Iacet Arthurus Rex Quondam Rex futurus
« (Ici gît le grand roi Arthur, celui
qui fut et qui sera).
Voilà le résumé assez bref
de la vie du roi Arthur. Mais quelle est l’origine
de cette belle légende ?
La diffusion de la légende
arthurienne
L’existence d’Arthur est fixée
à la fin du Ve siècle et au début
du VIe siècle de notre ère. Le premier
auteur à évoquer le roi est l’historien
Nennius, dans son histoire des Bretons, rédigée
en 826, mais qui s’inspire d’un récit
remontant à une époque bien antérieure.
L’histoire d’Arthur est en fait une
collection de récits qui ont été
ensuite rattachés à un seul héros
et à une seule histoire. Cette dernière
a été enrichie au cours des siècles.

Le roi Arthur représenté
dans une fresque italienne du XIIe siècle.
La légende a été rapportée
en Italie par l'invasion normande
Les exploits d’Arthur ont été
vraiment développés par Geoffroi
de Monmouth, auteur d’une Histoire des rois
de la Grande Bretagne (Historia regum Britanniae),
écrite en 1136. C’est lui qui rassembla
tous les récits en y mêlant un peu
d’histoire vraie et beaucoup de fiction.
Il fait d’Arthur un roi et créé
le personnage de Merlin.

Manuscrit flamand
du début du XVe siècle montrant
une joute en présence du roi Arthur
D’autres auteurs ont écrit des ouvrages
sur le roi Arthur dont Sir Thomas Mallory (la
Mort d’Arthur), Lord Tennyson (Les Idylles
du roi) et T.H White (The once and futur king).
Ce sont deux auteurs français qui ont
diffusé la légende arthurienne.
Vers 1154, Robert Wace traduit l’Historia
en un poème, le Roman de Brut.
On y voit pour la première fois les chevaliers
prendre place autour d’une table ronde.

Le film Excalibur
(1981) s'attache à l'esprit du mythe
Chrétien de Troyes a écrit plusieurs
romans (1170 à 1182) retraçant la
légende d’Arthur. On lui doit notamment
Tristan et Iseut (poème perdu), Lancelot.
C’est lui qui introduit le thème
de l’amour passion.
Le thème de la quête du Graal n’apparaît
qu’en 1215 avec la parution de poèmes
français. L’origine du Graal se perd
dans la nuit des temps. Attribut païen, puis
chaudron magique des Celtes, il fut transformé
au Moyen Age en un symbole chrétien.
Les preuves de l’existence
du roi Arthur
Les ruines du château de Tintagel où,
d’après la légende, Arthur
est né, existe toujours. Il se dresse sur
une pointe de terre fichée dans l’Océan,
au nord des Cornouailles. L’édifice
date sans aucun doute de la période concernée.
Une table ronde nous est parvenue. C’est
un disque de chêne de six mètres
de diamètre, exposé au château
de Winchester.
Mais, les analyses ont montré que la table
date en fait du XIIIe siècle.

Le roi Arthur et
la liste des royaumes conquis (document de la
Chronicle of England, datée de 1300)
En 1191, les moines de l’abbaye de Glastonbury
déclarèrent avoir découvert
les corps d’Arthur et de Guenièvre.
Le lieu s’accorde avec la légende
qui fait de Glastonbury l’île d’Avalon.
Le supposé souverain eut doit à
de nouvelles funérailles grandioses. Mais,
comment les moines ont-ils identifiés les
ossements du roi, cinq siècles après
sa mort ? « A sa noble stature »,
répondent-ils.
Cette réponse est loin de garantir l’authenticité
des cadavres.
Cependant, nous disposons de quatre récits
de cette exhumation. Tous se rejoignent sur deux
points
essentiels :
- La tombe était protégée
par deux pyramides de pierre
- Sous le cercueil, on trouva une croix sur
laquelle étaient inscrits les mots suivants
: Ici gît le grand roi Arthur, et Guenièvre,
sa seconde femme, enterrés dans l’île
d’Avalon
Cette croix a été perdue. On en
possède une reproduction dans la sixième
édition du Britannia de Camden.
L’analyse épigraphique a révélé
que la croix n’était pas du VIe siècle
(siècle de la mort d’Arthur) mais
du Xe siècle.

Reproduction de
la croix
En 1962, des archéologues firent des fouilles
sur l’emplacement présumé
de la tombe d’Arthur. Ils trouvèrent
un puits, d’où un monument en pierre
aurait pu être retiré, ainsi qu’un
grand trou qui avait été comblé
entre 1180 et 1191.
La croix a très certainement été
rajoutée par l’évêque
Dunstan, au cours de travaux, au Xe siècle.

Les ruines de Stonehenge.
Selon la légende, Merlin en aurait été
le bâtisseur. Bien que ce soit faux, Stonehenge
joue un rôle non négligeable dans
le cycle arthurien. By Rob Ball . Licence
Les historiens ont cherché à situer
Camelot, la capitale d’Arthur, dont le nom
vient probablement de Camulos, dieu celtique de
la Guerre.
Les archéologues ont retrouvé dans
le Devonshire, à Cadbury, les vestiges
de puissantes fortifications circulaires. Une
place forte importante existait là au Ve
siècle. Il est logique de penser que si
un roi luttait contre les envahisseurs, Cadbury
devait être sa capitale.

Tapisserie du XIXe
siècle représentant la mort d'Arthur
Il est certain qu’à la fin du Ve
et au début du VIe siècle, les envahisseurs
saxons, ont été repoussés
pour un temps.
Cette victoire a forcement nécessité
une alliance des nombreux rois celtes. Cette alliance
devait avoir un chef, sans doute un ancien officier
romain, rompu à la stratégie et
l’art de la guerre.
Pourquoi ne se serait-il pas appelé Arthur
?
D’autres historiens pensent que Arthur
n’était qu’un chef de clan
ordinaire qui guerroyait près de la frontière
écossaise. Vers 500, les Bretons remportèrent
la bataille de Badon. Cette bataille importante
assura la paix pendant 50 ans. L’artisan
de cette victoire s’appelait Arthur.
V.B (08.05.2006)
Références bibliographiques
La légende du roi Arthur, éditions
Atlas. A la découverte du véritable
roi Arthur, éditions Atlas. Arthur a t-il
existé ?, éditions Larousse
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de notre Histoire
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