Soudain tout le monde ôte son chapeau, la
bannière étoilée est apportée
dans l’arène : un rodéo commence.
Qu’est-ce que le rodéo aujourd’hui
? Une pratique primitive et violente ? Une coutume
patriotique et typiquement américaine ?
Indéniablement, l’univers du rodéo
est violent et rude. Cependant, aujourd’hui
comme hier, le rodéo est indissociable de
l’Ouest américain.
L’origine du rodéo
Un
millier de compétitions professionnelles, sans compter
les très nombreuses manifestations d’amateurs,
se déroulent chaque année aux Etats-Unis et
au Canada. Des rodéos sont également organisés
en Australie.
Ces rodéos n’attirent qu’environ 25 millions
de spectateurs. On est très loin de l’engouement
pour le base-ball.
Mais, le vrai rodéo se vit dans les villages de l’Ouest.
C’est d’ailleurs là qu’il est né.
Selon la légende, le rodéo est apparu vers le
milieu du 19e siècle. Les hommes qui conduisaient le
bétail du Texas jusqu’aux plaines du Nord ont
commencé à faire de leurs activités courantes
la capture de taurillons au lasso et le dressage de poulains.
La résistance à la douleur et la vaillance sont
alors devenues un objet de compétition et de défi.
Le rodéo est bien le symbole de l’un des mythes
fondateur de l’Amérique : le cow-boy.
Dans les coulisses du rodéo
Chaque fois qu’un cow-boy franchit le seuil et pénètre
dans l’arène, il sait que la mort est peut-être
au rendez-vous.
Dans les coulisses, flotte une odeur de crottin. Les chevaux
et les taureaux sont parqués dans des stalles.
Nerveux, ils savent que bientôt, on leur rendra leur
liberté et qu’ils auront alors tout loisir d’éjecter
leur cavalier.
La préparation des animaux
n'est pas de tout repos
Les anciens épaulent les novices ou préparent
les animaux. Les cow-boys exécutent des exercices d’assouplissements
ou invoquent Dieu en murmurant leurs dernières volontés.
Les champions mesurent la longueur des rênes. Si elles
sont trop courtes, le cheval les projettera en avant ; si
elles sont trop longues, il les basculera en arrière.
L’infirmerie se tient prête. Chaque année,
de jeunes cow-boys de moins de 20 ans meurent, notamment en
montant des taureaux.
Pour tous ces hommes, la douleur est devenue banale.
Les épreuves du rodéo
Lors des compétitions homologuées par la PRCA
(Professional Rodeo Cowboys Association), le concours comporte
7 épreuves principales pour les hommes :
La monte de cheval sauvage avec selle
La monte de cheval sauvage sans selle
La monte de taureau
La capture de taurillon au lasso
Le ligotage de veau
La capture de taurillon en équipe
Le tomber de taurillon
Une discipline est réservée aux femmes : la
course aux barils. Les concurrentes doivent franchir la ligne
de score et courir en exécutant une figure de trèfle
autour de trois barils, puis retraverser la ligne de score
dans le temps imparti.
Entre chaque épreuve, un présentateur débite
un bavardage incessant et échange des plaisanteries
douteuses avec le clown.
Les clowns interviennent chaque fois qu’un homme est
à terre afin de faire diversion et d’éloigner
l’animal. La rapidité de leur intervention est
primordiale quand il s’agit d’une épreuve
de monte de taureau.
C’est en effet la discipline la plus spectaculaire
du rodéo mais elle est aussi extrêmement dangereuse.
Le cow-boy doit tenir sur un taureau avec une simple corde
tressée. Il ne doit pas toucher le taureau avec sa
main libre.
Il est disqualifié s’il est jeté à
terre avant huit secondes.
Pour les cow-boys professionnels, le seul objectif est de
participer à la finale nationale de Rodéo (NFR)
qui se déroule en décembre à Las Vegas.
Les critères de qualification sont simples. La NFR
qualifie les 15 cow-boys qui ont gagné le plus d’argent
dans chaque spécialité.
Afin d’y parvenir, les professionnels s’inscrivent
chaque année à plus d’une centaine de
rodéos.
Pour la majorité, ils ne gagnent pas des fortunes
et parcourent le pays en camionnette aménagée
de rodéo en rodéo.
Pour ou contre le rodéo ?
La Humane Society of the United States (NDLR), un équivalent
de notre SPA, s’élève depuis longtemps
contre la pratique du rodéo.
Ils reprochent notamment l’emploi de la flank strap,
une sangle en cuir recouverte de peau de mouton, qui entoure
les reins du cheval ou du taureau pour stimuler leurs ruades.
Selon les amateurs de rodéo, cette sangle provoque
une légère irritation. Pour la NDLR, elle constitue
un véritable supplice.
L’autre point montré du doigt est l’épreuve
de la capture du veau au lasso. Un cavalier poursuit l’animal
armé de sa corde, puis il l’entrave.
Mais, comment incite t-on les animaux à courir ?
En leur tordant la queue et en leur envoyant des décharges
électriques. Ils sont terrorisés et fou de douleur
d’où leur course frénétique.
A ces accusations de brutalité et mauvais traitements
envers ces animaux, les cow-boys rétorquent que le
cheval sauvage ou le taureau de rodéo est utilisé
une trentaine de fois maximum par an. Le reste du temps, il
sert de reproducteur dans les pâturages.
Pour eux, leur sort vaut largement celui des millions de bœufs
destinés à l’abattoir.
Est-il bien civilisé de se battre contre des animaux
que l’on terrorise au préalable ? Il est évident
que le rodéo n’incarne pas le meilleur aspect
de notre civilisation dite évoluée.
Mais, je vais me faire l’avocate du diable, moi qui
suis contre toute activité mettant en scène
des animaux contre leur gré.
Que doit-on penser de la corrida où l’on met
à mort un animal sans aucun remord et pour le plaisir
?
Que doit-on penser de ces foules hystériques applaudissant
devant la longue agonie d’un taureau dans une arène
?
Doit-on s’offusquer devant le spectacle lamentable
de millions de poulets enfermés dans le noir sans pouvoir
bouger au nom du très lucratif élevage industriel
?
Doit-on vomir devant un canard que l’on gave jusqu’à
la mort pour que nous puissions passer un noël «
traditionnel ».
Face à toutes ces questions, il n’y a aucune
chance de réconcilier les « pour » et les
« contre » du rodéo.