La
Révolution culturelle en Chine
En 1966, le leader de la Chine populaire, Mao Zedong (ou Mao Tsö-tong ou Mao Tsé-toung), sentant sa position compromise par des luttes au sommet de l’Etat, instaure une immense chasse aux sorcières contre les « révisionnistes ». La révolution culturelle qui ne cessera qu’en octobre 1968 n’est qu’une utopie qui va produire des ravages. Durant cette période, la jeunesse enrôlée dans les « gardes rouges », persécute au nom du culte de Mao tous les cadres du pays, les intellectuels, les artistes et les responsables politiques. Le nombre de victimes de la Révolution culturelle, qui se monte à environ un million de morts, n’est pourtant pas comparable avec la saignée démographique du « Grand Bond en avant », en 1958-1961, qui avait provoqué des millions de morts. Cependant, ces trois années déstructurent une jeunesse embrigadée et privée d’enseignement. La Révolution culturelle a également traumatisée l’opinion publique internationale en révélant une Chine d’un radicalisme et d’une violence idéologique inouïe. |
Pour réduire ses adversaires au sein du P.C.C., Mao multiplie entre 1962 et 1966 les initiatives qui préparent au grand affrontement avec le parti que sera la Révolution culturelle. En mai 1964 paraît la première édition des citations du président Mao (Petit Livre rouge) dont Lin Biao se sert aussitôt pour développer dans l’armée le culte de Mao. Le 17 mars 1966, devant le Bureau politique, Mao propose de déclencher contre les intellectuels une révolution culturelle.
Des millions d'adolescents "les gardes rouges" lisent le "Petit Livre rouge" (Photo © Keystone) En avril est constitué par le Bureau politique le petit groupe de la Révolution culturelle avec Jiang Qing, Chen Boda, Kang Sheng. Leur rôle est de traquer les éléments « bourgeois » dans le parti, l’armée, le gouvernement. Mao se retire alors à Hangzhou tandis que la Chine commence à connaître une agitation de plus en plus vive. Tout commence le 1er juin 1966. Ce jour-là, les étudiants se mobilisent à la suite de la lecture d’une affiche murale, placardée à l’université de Beida, à Pékin, par une enseignante en philosophie. L’un des passages du texte engagent les jeunes à « briser tous les contrôles et les maléfiques complots des révisionnistes, résolument, radicalement, totalement, complètement. »
Affiche de propagande en faveur de la Révolution culturelle: la jeunesse contre les "vieux", la culture maoïste contre la culture traditionnelle (Photo © Edimédia) Dans les semaines qui suivent, les lieux d’enseignement
sont désertés et la jeunesse s’organise
en gardes rouges. 50 millions d’adolescents se mettent en marche contre tous les pouvoirs afin de concrétiser le slogan de Mao Zedong : »On a raison de se révolter. »
Au nom du « Petit Livre rouge », le recueil des pensées de Mao, les gardes rouges humilient, battent et torturent les enseignants, les écrivains, les cadres politiques des provinces et tous les adversaires au Parti communiste. Ils forcent leurs victimes à faire d’interminables
et épuisantes séances d’autocritique.
Ils maltraitent tellement ces hommes et ces femmes
que certains préfèrent se suicider.
On oblige les notables à porter de ridicules coiffes de l'infamie (Photo © Paris Match) Les gardes rouges s’en prennent également à tous les symboles de la culture, incendiant bibliothèques et musées. Ce vent de folie provoque dans les villes une
psychose mais peu de résistance. En effet,
les gardes rouges ont l’appui du «
Grand Timonier », comme Mao se fait appeler.
En 1967, des clans se forment. Les jeunes qui ont pris le contrôlent des villes se divisent. A Canton, durant l’été, un affrontement en deux factions provoque 900 morts.
Le Petit Livre rouge devient l'unique source de pensée (Photo © Paris Match) Le pouvoir central commence à s’effrayer
de ce mouvement trop radical qu’il a lui-même
engendré.
En 1968, dans les universités réouvertes, des équipes de propagation de la pensée de Mao Zedong, ramènent à la soumission politique les adolescents qui sont allés bien trop loin. Pendant l’hiver, les gardes rouges sont dissous et 20 millions de jeunes sont arrêtés et envoyés dans des camps de rééducation politique ou des institutions punitives. La reprise de certaines villes par l’armée se transforme en véritable boucherie. Dans le sud de la Chine, les combats sont très violents. A Wuzhou, des bombardements au napalm détruisent la ville et font des milliers de victimes.
Il faut 30 000 hommes pour reconquérir Guilin. En été, tout le Sichuan connaît des combats meurtriers et les gardes rouges sont massacrés. Après avoir exalté la jeunesse, Mao Zedong l’a fait massacrer. L’anéantissement des fers de lance de la Révolution culturelle produit une nouvelle génération meurtrit et désemparée. Cette période sanglante a déstructuré pour longtemps la société chinoise.
Entre 1949 et 1976, année de la mort de Mao Zedong, des camps de travaux forcés sont éparpillés dans tout le pays. En détruisant la personnalité de chaque individu, ce système vise à créer un « homme nouveau ». Dès 1949, un millier de prisonniers insurgés sont enterrés vivants. Dans le Shanxi, en 1951, une dizaine d’hommes sont décapités et leur foie arraché. Pendant la famine de 1959-1961, les camps se transforment en mouroir. 3 à 4 millions de personnes y meurent de faim. La dernière grande vague de répression, après le printemps de Pékin, en 1989, a conduit à plus de 30 000 arrestations.
Au printemps, Zhu Enlai lance un nouveau slogan
: »Que cent fleurs s’épanouissent,
que cent écoles rivalisent ».
Dès 1956, Mao s’inquiète
de l’écart entre les villes et les
campagnes. Il proclame qu’il est que la
Chine « marche sur deux jambes » (industrie
et agriculture).
Consultez le dossier sur La Place Tiananmen V.B (30.04.2006)
Les grands évènements de l’histoire du Monde, éditions Larousse. Les Grandes Tragédie, la Mémoire de l’humanité, éditions Larousse < Histoire |




