La forme du requin
Toutes
les espèces de requins ne vivent pas dans le même
habitat :
- Espèces qui vivent en pleine eau : espèces
pélagiques. Par exemple : requin baleine, requin
pèlerin, requin bleu, requin blanc
- Espèces qui vivent sur les fonds marin : espèces
benthiques. Par exemple : requin tapis, requin ange
Certains pélagiques ont un déplacement lent
comme le requin baleine, tandis que d’autres qui vent
pourtant dans les mêmes eaux sont capables de records
de vitesse stupéfiants comme le requin bleu ou les
requins makos.

Illustration d'un requin mako
(auteur inconnu)
Plus la forme est effilée et moins elle offre de résistance
à la pénétration de l’eau.
Les requins benthiques ont, eux, développé
une forme particulière à leur mode de vie. Le
requin tapis passe le plus clair de son temps posé
sur le fond et a développé une forme aplatie.
De plus, ses yeux sons disposés sur le dessus de sa
tête.
La flottabilité
Les requins sont des poissons particuliers avec un squelette
cartilagineux et non osseux. Contrairement à la plupart
des poissons, les requins ne possèdent pas de vessie
natatoire. En effet, pour contrôler leur flottabilité,
la majorité des poissons ont, dans le ventre, une vessie
natatoire. Ils la remplissent d’air pour s’alléger
et la vident pour s’enfoncer.
Les requins, eux, ont une tendance naturelle à s’enfoncer
s’ils ne se déplacent pas. Le foie, qui occupe
90% de la cavité abdominale et près de 25% du
poids total du corps, contribue à la flottabilité.
Ce foie est rempli d’huile (le squalène) plus
légère que l’eau.

Le requin peut monter et descendre
bien plus rapidement que les poissons. Licence
Ils montent et descendent dans l’eau bien plus rapidement
que les autres poissons et n’ont aucun problème
de décompression.
Nageoire et propulsion
De nombreux requins étant condamnés à
se mouvoir, les nageoires ou ailerons jouent un rôle
essentiel.
Reliées au squelette interne, elles sont rigidifiées
par un réseau fibreux : les cératotriches.

Aileron dorsal d'un grand requin
blanc. Licence
Les nageoires ne sont pas rétractables comme celles
des poissons osseux. Elles ont deux fonctions principales
:
- Stabilisation
- Direction et propulsion
Selon les espèces la forme de la queue est différente
(dessins © Les Requins, Editions Bordas):

1/ grand requin blanc 2/ squalelet
féroce

1/ requin taupe 2/ requin renard

1/ requin tigre 2/ requin nourrice
La peau du requin
La peau d’un requin est constituée de denticules
cutanés (en fait, des dents modifiées) qui lui
donnent une texture de papier émeri. Ces écailles
placoïdes sont d’une dureté incroyable.
Il n’y a pas si longtemps, elles étaient utilisées
pour polir des matériaux.
Assez semblables aux dents du requin, ces écailles
sont implantées jusqu’au derme par une racine.
A première vue, il peut sembler étrange que
la peau d’un requin soit si rude car cela devrait freiner
sa progression.
En fait, on s’est rendu compte que l’alignement
des pointes assure un écoulement optimal de l’eau.

Gros plan sur la peau rugueuse
d'un requin. Licence
Leur forme peut varier selon l’âge, le sexe et
surtout en fonction des espèces.
Chez les requins benthiques comme les requins dormeurs, certaines
parties du corps sont renforcées permettant au requin
de ne pas se blesser quand il se pose sous les roches.

Un requin dormeur taureau. By Ynk Licence
Cette peau constituée de milliers de denticules est
donc une véritable armure.
Chez les carcharhinidés, comme le requin tigre ou
le requin bouledogue, la femelle possède des zones
doublements renforcées, destinées à la
protéger des morsures du mâle pendant l’accouplement.
Le système respiratoire
Pour compenser sa grande dépense énergétique,
un requin doit pouvoir oxygéner son organisme en permanence.
Extrait de l’eau par les branchies, l’oxygène
est transféré par le système circulatoire.
Le sang est donc enrichi.
Les fentes branchiales sont soutenues par des arcs cartilagineux.
Gros plan sur les arcs branchiaux
En principe, un requin possède cinq arcs branchiaux.
Mais, il peut y en avoir six ou sept chez certaines rares
espèces primitives, comme le requin griset.

Requin griset ou requin
à six ouïes (© Gérard Soury.
Site
de l'auteur)
Chez les Lamnidés, comme le requin blanc, la circulation
d’eau est uniquement provoquée par le déplacement.
Ces espèces sont donc condamnées à nager
de manière perpétuelle pour pouvoir respirer.
Chez les espèces benthiques au mode de vie statique,
le requin avale l’eau par la bouche, la comprime par
une contraction du pharynx, et l’évacue sous
pression par les fentes branchiales.

Le requin tapis paste a un
mode de vie statique. By Richard Ling Licence
Les requins dormeurs ont une particularité. Ils sont
capables de commander l’ouverture des valves du système
branchial. L’eau pénètre par les branchies
antérieures et ressort par les branchies postérieures
sans jamais transiter par la bouche.
Les fonctions alimentaires et respiratoires sont donc dissociées.
Enfin, chez des espèces comme les requins zèbres,
les requins nourrices ou les requins anges, il existe en arrière
de chaque œil, un orifice (spiracle) qui permet à
l’eau d’atteindre les ouïes et de les oxygéner
sans avoir à transiter par la bouche.

On voit bien sur cette photo
d'un chien de mer les évents ou spiracles situés
derrière chaque oeil (© D. Fleetham)
L’ouïe du requin
Les oreilles internes sont hypersensibles aux vibrations
de basse fréquence produites par le mouvement.
La vitesse de propagation des sons dans l’eau confère
à l’ouïe des requins une efficacité
sur plusieurs milliers de mètres.
L’oreille interne est également l’organe
de l’équilibre, de l’orientation et de
la coordination.
Le toucher
Tous les requins possèdent une ligne latérale.
Cette ligne est un canal nerveux reliant de petits orifices
au fond desquels logent des capteurs.
Cette ligne latérale court sur les côtés
du corps et sur la tête.
Les capteurs enregistrent les différences de pression
de l’eau.
De plus, le corps est parsemé de « fossettes
» sensorielles.
Ces différents mécanismes permettent au requin
de sentir son propre corps mais également de connaître
la température de l’eau. Il peut également
apprécier toute modification du champ électrique
produite par le mouvement d’un corps ou d’un objet.
Il lui est bien sur très facile de percevoir les vibrations
d’un animal blessé.

Un grand blanc attiré
par un animal blessé ( © GPS)
De plus, le requin peut interpréter une différence
dans la salinité de l’eau.
Le toucher est très développé. En effet,
un requin n’a pas besoin de goûter une proie.
Un simple contact physique lui suffit pour savoir si le menu
est à son goût.

Le requin de Port Jachson possède
d'énormes narines qui offrent une surface sensorielle
maximale pour déceler les odeurs les plus tenues (© Marty Snyderman)
C’est pourquoi, il arrive qu’un requin bouscule
une proie au lieu de la mordre tout de suite. Il ne s’agit
pas d’une intimidation mais d’une évaluation.
La vue
Dans son environnement, la visibilité est souvent
médiocre. Elle reste cependant bonne jusqu’à
une vingtaine de mètres selon la profondeur.
Située en arrière de l’œil, la rétine
est un organe sur lequel l’image est projetée.
Elle est tapissée de deux types de photorécepteurs
:
- Bâtonnets utiles en lumière réduite
qui permettent de voir les formes et les contrastes en noir
et blanc
- Cônes utiles en pleine lumière qui permettent
de voir en couleur

Les requins actifs qui évoluent
en pleine eau ont des yeux plus grands que ceux qui peuplent
les fonds (© Ron & Valerie Taylor)
Selon les expériences, tous les requins ne distinguent
pas les couleurs. C’est le cas du requin griset.
Par contre, le requin blanc s’attaque prioritairement
aux objets de couleurs chaudes (rouge, orangé, jaune).
Tous les requins ont des paupières fixes. Quelques
espèces, notamment les Carcharinidés et les
requins marteaux ont une paupière mobile qui se referme
sur l’œil quand le requin mord dans une proie.

Oeil d'un requin marteau. Les
yeux ronds, très espacés assurent une vision
binoculaire, impossible aux autres requins. Pour voir devant
lui, il balance la tête d'un côté à
l'autre. Licence
Le requin blanc n’a pas de paupière mobile.
Par contre, l’œil se révulse au moment de
l’attaque. C’est un système de protection.

Un Grand blanc nous fait admirer
sa mâchoire. Licence
En arrière du globe oculaire, les requins possèdent
le tapetum lucidum qui est une sorte de réflecteur.
En milieu obscur, grâce à ce mécanisme,
leurs yeux deviennent fluorescents.
Les ampoules de Lorenzini
La tête du requin est truffée de ces capteurs
sensoriels, capables de détecter les faibles courants
électriques produits par les êtres vivants, ainsi
que les variations de température.
Les organes récepteurs portent ce nom car c’est
l’Italien Stefano Lorenzini qui les a découvert
à la fin du 17e siècle.
Tout être vivant, même immobile, émet
un champ électrique si faible, soit-il. Un poisson
caché dans une anfractuosité sera automatiquement
repéré.

Le requin-tapis tacheté
porte des appendices charnus et verruqueux sur le côté
de la tête et autour de la bouche. Les excoissances
servent de camouflage sur les fonds marins. By Richard
Ling Licence
Cette faculté de capter un champ électrique
permet très certainement aux requins de s’orienter
en fonction du champ magnétique terrestre.
Cette faculté n’est pas encore prouvée
mais cela explique le sens de l’orientation que possède
les requins migrateurs comme le requin baleine.
Les dents des requins
Il est impossible de faire l’inventaire de toutes les
dents car chaque espèce possède une dentition
spécifique.
Quelques points valent cependant pour tous les requins.
Les dents sont recouvertes de vitrodentine, une substance
presque entièrement minérale. Une dent de requin
est très dure et brillante.

Dents type Requin blanc. C'est
la forme dentaire classique des prédateurs puissants.
Les dents sont triangulaires, crénelée set acérées. Licence
Les dents logent dans la gencive et ne sont pas soudées
à la mâchoire. Elles sont disposées en
plusieurs rangées et se renouvellent en permanence.
Une dent ne se renouvelle pas uniquement quant elle est cassée.
Quoi qu’il arrive, une fois arrivées à
l’extrémité de la mâchoire, les
dents tombent, poussées par la rangée suivante.

Dentition du requin savate
(© J.L Dubois)
Le cycle de renouvellement dépend des espèces.
On sait par exemple que certains requins pélagiques
renouvellent leurs dents tous les quinze jours.
La mâchoire de la majorité des requins modernes
est hyostylique c’est-à-dire indépendante
du crâne.
Cette caractéristique leur permet une spectaculaire
extension des maxillaires donc d’attaquer de grosses
proies et une préhension (pression de la mâchoire)
d’une grande puissance.
A titre d’exemple, un requin de 3 m de long possède
une puissance de pression de 3 t /cm².

Le requin-scie à long
nez possède une mâchoire garnie de dents latérales
(© E. Saunders)
La gueule d’un requin peut compter jusqu’à
3 000 dents, sur 6 à 20 rangées. Il peut user
jusqu’à 20 000 dents dans sa vie.
V.B (29.03.2006)
Bibliographie
Le requin, éditions Marshall Cavendish. Les Requins,
Editions Bordas. Requins en liberté de Gérard
Soury, Editions Nathan
Dossier complémentaire
La
reproduction du requin
< Planète
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