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Technique de chasse du requin blanc

Parmi tous les prédateurs, le grand requin blanc personnifie bien la « bête » par excellence. Silencieux, impitoyable, puissant, ce requin est une des plus belles réussites de l’évolution.
Ses différentes techniques de chasse démontrent d’ailleurs que Carcharodon carcharias est en parfaite symbiose avec son environnement et qu’il a su s’adapter à ses proies.
Comme tous les requins, c’est une machine parfaite pour chasser en mer.

Il y a une technique qui est particulièrement spectaculaire et que j’ai baptisée « le saut du diable ». Observer un requin blanc qui se propulse à plus d’un mètre au-dessus de l’eau est un spectacle extraordinaire.
Ce dossier est un simple hommage à cette puissance, juste pour le plaisir des yeux.

Requin blanc en approche

Quiconque regarde un documentaire sur le grand Blanc est frappé par la bestialité sauvage qui se dégage de ce prédateur. Le caractère le plus marquant est ce grand œil noir qui s’impose à nous par son apparente intelligence, sa férocité évidente et son attention toujours en éveil.

Lorsqu’il attaque, le grand requin blanc est un bombardier géant et silencieux qui s’approche inexorablement.

Requin blanc

Requin blanc en approche. Licence

Ce silence angoissant qui annonce l’attaque imminente n’est rompu que lorsque la bête commence à s’acharner sur sa victime. Quand un grand Blanc mord et qu’il secoue la tête comme un chien mouillé, il se produit en quelques millièmes de seconde, ce qui se passe dans notre assiette avec une fourchette et un couteau.
Les mâchoires d’un requin ont une puissance de pression extraordinaire, d’environ 3 tonnes au cm².

Le grand Blanc ne choisit jamais sa proie au hasard.

Il peut la flairer à plusieurs kilomètres de distance. Il peut déceler un gramme de sang dans une tonne d’eau ce qui donne une idée de l’efficacité de son odorat.
Il suit cette trace comme un chien qui suit un rôti. C’est là qu’intervient la vue qui est perçante. Grâce à ses capteurs, il sent les variations de pression transmises par l’eau. La moindre variation, aussi infime soit-elle, l’avertit, comme un homme sent un souffle de brise sur la peau.
Les ampoules de Lorenzini lui permettent de capter toutes les impulsions électriques.

Requin blanc

Requin blanc. Licence

Le grand Blanc peut ainsi « lire » son menu avant de choisir son plat principal.

Prudent en règle générale, le requin commence à tourner autour de la proie. Pourquoi cette prudence ? Pas par peur mais simplement pour s’assurer que le menu est alléchant. C’est le même principe que l’amateur de vin qui sent un grand cru avant de le savourer.
Notre grand Blanc possède en effet sur tout le corps des récepteurs de goût semblables à nos papilles.

Si la proie est à son goût, l’attaque commence.

Le grand Blanc utilise le « saut du diable » uniquement quand la proie est un mammifère marin comme l’otarie.

False Bay

Le spectacle du « saut du diable » a été photographié à False Bay, en Afrique du Sud. Shark Alley, l’allée des requins, est un lieu mythique qui fut jadis la Mecque des pêcheurs du grand Blanc. Aujourd’hui, cette réserve naturelle est protégée. Au sud, dernier rempart avant l’Antarctique, Dyer Island offre des rivages désolés battus par la mer.

Otarie du Cap

Otaries à fourrure. By Graham Racher

Ce morceau de planète désertique abrite une colonie d’environ 40 000 otaries à fourrure d’Afrique du Sud, communément appelées otaries du Cap (Arctocephalus pusillus pusillus).
Un mâle peut peser jusqu’à 250 kg.
L’allée des requins est pour les otaries le seul accès à la haute mer.
De ce fait, de nombreux requins blancs patrouillent le long de ces côtes, attendant que leurs proies entrent dans l’eau pour aller se nourrir ou qu’elles reviennent pour dormir sur la terre ferme.

Le scénario est immuable et chaque protagoniste tient son rôle à la perfection. Les otaries semblent narguer leurs bourreaux sur le rivage. Jouant les indifférentes face aux ailerons de la mort aux aguets, elles vaquent à leurs occupations l’air de rien.

Otarie du Cap

Otarie du Cap. By markos

Mais, elles savent, comme le savent les grands Blancs, que tôt ou tard, elles devront quitter leur refuge. Leur survie ne dépend que de leur capacité à choisir le moment propice pour se jeter à l’eau.
Est-ce les plus expérimentées ou simplement les plus chanceuses qui survivront ?

Une otarie consomme quotidiennement entre 10 et 20% de son poids en nourriture. Ce sont donc 400 tonnes de poissons et de calamars qui disparaissent chaque jour pour maintenir en vie cette seule colonie.

Otarie du Cap

L'otarie est bien obligée d'aller pêcher. By Graham Racher

Les otaries n’ont aucun souci à se faire puisque toute la zone a été décrétée réserve nationale. Le seul facteur d’équilibre naturel qui permet à la colonie de ne pas s’autodétruire est la présence des requins.

Le « saut du diable »

Chaque fois qu’une otarie est obligée de plonger, elle risque sa vie. Dès leur enfance, les jeunes apprennent à se méfier des grands requins rôdeurs.

Quand certaines d’entre elles s’aventurent dans le chenal, le signal familier d’un bon repas attire immédiatement un grand Blanc. Centralisées dans le cerveau hyper spécialisé, les informations reçues déclenchent le processus détection-localisation-capture.

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Saut du grand requin blanc. Animation effectuée à partir de captures d'écran "Requin blanc" Collection Marshall Cavendish. © dinosoria.com

Le grand Blanc met aussitôt le cap vers le chenal. Les cellules de son cerveau ont parfaitement identifié la cible. Insensiblement, sa nage s’accélère.
Poussé par sa puissante nageoire caudale, il accélère encore. A 10 m de la cible, il peut distinguer la silhouette. Visant sa proie, il décolle du fond comme une flèche, à la verticale.
L’attaque est soudaine et mortelle.

Requin blanc

Requin blanc en approche. By g-na

Propulsé à grande vitesse, le grand blanc frappe de plein fouet l’otarie, l’entraînant dans sa lancée bien au-dessus de la surface de l’eau.

Bourreau et victime retombent dans un jaillissement d’eau.

Pas une goutte de sang n’est versée à ce moment là. L’otarie est choquée et à demi-inconsciente. Le requin a en effet relâché sa proie en retombant.

Mais, ce n’est qu’un très court répit. Aussitôt, une gueule immense déchire la surface de l’eau, cueille la proie au passage et retombe dans une débauche d’écume.

Une otarie de 200 kilos peut se faire dévorer en deux coups de mâchoires et en quelques secondes. Grâce à l’articulation adaptée de sa mâchoire, la gueule du grand Blanc peut fournir un degré d’ouverture vraiment impressionnant.

Aussi brutale que puisse sembler cette technique de chasse, c’est sans aucun doute le type de prédation le plus spectaculaire existant au sein du règne animal.

V.Battaglia (6.12.2005) M.à.J 09.2006

Grand requin blanc . Comparatif entre grand requin blanc et Megalodon 

Bibliographie principale

Requins en liberté de Gérard Soury, Editions Nathan. Fabuleux monstres marins de Piero & Alberto Angela, Alberto Luca Recchi, Editions Solar. Les Requins de J.D Stevens, Editions Bordas

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