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Reproduction du requin

L’évolution a doté le requin de nombreuses particularités qui le distingue des autres poissons. Le mode de reproduction fait partie de ces spécificités.
Tous les requins ne se reproduisent pas de la même manière. On distingue le requin ovipare, le requin ovovivipare et le requin vivipare.

Caractéristiques du mode de reproduction du requin

Au contraire de la plupart des poissons qui pondent dans l’eau de nombreux œufs, fertilisés par les spermatozoïdes, la fécondation chez les requins est interne.
À cet effet, les nageoires pelviennes des mâles se sont transformées en organes copulateurs appelés ptérygopodes.

Grand requin blanc

Ce grand blanc est un mâle. On voit bien les ptérygopodes. © dinosoria.com

Un seul ptérygopode est introduit dans les voies génitales femelles et, chez certaines espèces, comme le requin gris, un crochet permet sa fixation.

Sexe du requin

Deux sacs musculaires, situés sous la peau, se remplissent d’eau puis se vident au moment de la copulation, assurant l’expulsion du sperme.

Organes de reproduction du requin

Ptérygopodes d'un mâle immature. Ces organes de reproduction sont allongés et durcis par la calcification chez les adultes. © dinosoria.com

L’avantage de cette fécondation interne est d’éviter le gaspillage en pondant des milliers d’œufs pour compenser le taux de mortalité élevé.

Accouplement du requin

Les accouplements se déroulent de façon plutôt violente chez les requins. Les femmes portent des cicatrices qui résultent des morsures des mâles s’agrippant à coups de mâchoires à leurs nageoires au moment du coït.

Accouplement de deux requins

Accouplement de deux requins. © dinosoria.com

Chez les petits requins comme les roussettes, le mâle s’enroule autour de la femelle au moment de l’accouplement.
Chez les grandes espèces comme le requin-baleine, les partenaires se tiennent parallèlement l’un à l’autre.

Accouplement de deux requins

Accouplement de deux requins. © dinosoria.com

Le sperme est conservé dans des glandes spéciales (les spermatophores) de la femelle pendant un à plusieurs mois et même parfois plus d’un an chez le peau bleue.

Le requin ovipare

Ces requins pondent directement dans l’eau. Entourés d’une coque protectrice résistante, l’oothèque, les œufs vont se développer grâce aux réserves de vitellus qu’ils comportent. Leurs formes sont très variées.

Oeuf en spirale d'un requin dormeur cornu

Oeuf en spirale d'un requin dormeur cornu. © dinosoria.com

Ce mode de reproduction concerne les Hétérodontiformes (requins dormeurs) ; certains Orectolobiformes (requins-carpettes, requins-chabots, requin-zèbre) ; certains Carcharhinoformes (holbiches, chiens de mer et roussettes).

Oeuf encapsulé d'une Holbiche à damier

Oeuf encapsulé d'une Holbiche à damier. © dinosoria.com

Sorte de sac corné, chaque œuf contient un embryon. Le vitellus épuisé à l’issue de l’incubation, le jeune requin déchire l’enveloppe du sac.
Cette forme de reproduction est la moins efficace, car les jeunes sont beaucoup plus vulnérables.

Phases de développement d’une holbiche ventrue

Phases de développement d’une holbiche ventrue. © Georges Dorres

Le requin ovovivipare

Ce mode de reproduction est le plus répandu chez les requins. Les oeufs se développent à partir de leur réserve vitelline et éclosent à l’intérieur du corps de la mère.

Lorsqu’ils parviennent dans l’utérus, les œufs cohabitent dans une poche commune. Quand le vitellin est épuisé, la femelle libère les petits qui sont déjà autonomes.

Ainsi, l’aiguillat commun donne naissance à une dizaine de jeunes après 22 mois de gestation ; la plus longue durée connue chez les requins.

Aiguillat

L'aiguillat détient le record de longévité. Crédit NOAA

Chez certains Lamniformes (requin-taureau, requin-renard, requin-pèlerin, requin-taupe et grand requin blanc), le premier-né pratique l’oophagie en mangeant les œufs non encore éclos.

Les cas extrêmes semblent être ceux du requin-taureau et du requin-taupe. On parle alors de cannibalisme intra-utérin. Même les embryons déjà éclos se dévorent entre eux. Seuls un ou deux petits voient alors le jour ayant dévoré tous les autres.

Le requin vivipare

Ce mode de reproduction est moins répandu que l’ovoviviparité. Les embryons se développent dans l’utérus maternel et les petits naissent déjà formés.

Chez les espèces vivipares, la gestation est longue, de 9 à 12 mois. Le nombre de jeunes qui naissent varie de deux à plus d’une centaine. C'est le cas par exemple pour le peau bleue.

La viviparité se rencontre plus fréquemment chez les espèces pélagiques comme les requins-marteaux, les Carcharhinidés à l’exception du requin-tigre, ovovivipare ; les Carcharhiniformes (requins hâ, émissoles, virlis, milandres).

Un jeune requin-citron

Un jeune requin-citron qui vient juste de naître. © Georges Dorres

La cavité utérine est cloisonnée en cellules distinctes. Chaque cellule renferme un embryon qui est relié à un sac vitellin.

Ce mode de reproduction est un avantage pour les espèces pélagiques qui effectuent de grands déplacements. Elles ne sont pas limitées par la recherche de zones de pontes favorables.
Par contre, la fécondité est moindre, mais les jeunes ont un meilleur taux de survie.

Maturité et croissance

Chez tous les requins, la maturité est tardive. Par exemple, un requin-citron d’un kilo à la naissance doublera son poids en un an et ne grandira que de 15 cm par an.

Il lui faudra attendre 15 ans pour atteindre sa taille adulte.

Les requins vivent en moyenne entre 20 et 30 ans. Certaines espèces ont une longévité importante.

  • Le requin Hâ commun : 50 ans environ
  • Le requin-baleine : jusqu’à 60 ans
  • L’aiguillat commun : plus de 70 ans, certains disent qu’il peut être centenaire
  • Le grand requin blanc est lui dans la moyenne avec une longévité d’environ 27 ans.

Les espèces qui vivent le plus longtemps sont celles qui connaissent les taux de croissance les plus bas.

Les taux de croissance les plus élevés s’observent chez les grands requins pélagiques tels le peau bleue, le grand requin blanc et le requin-taupe.
Jusqu’à maturité, ils grandissent d’environ 30 cm par an.

V.Battaglia (02.2005)

Anatomie du Requin

Bibliographie

Le requin, éditions Marshall Cavendish. Les Requins, Éditions Bordas. Requins en liberté de Gérard Soury, Editions Nathan

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