Renne ou Caribou
On le nomme « renne » en Europe et
« caribou » en Amérique du
Nord. Il s’agit en fait du même animal
(Rangifer tarandus) qui parcourt inlassablement
les régions froides de notre planète. |
Le renne est apparu sous sa forme actuelle il
y a plus d’un million d’années
dans la zone du détroit de Béring,
alors en partie asséché.
Renouvellement des bois. Licence Le renne a côtoyé le mammouth et le rhinocéros
laineux. Contrairement à eux, le renne a survécu aux
changements climatiques successifs de l’ère quaternaire.
On connaît moins bien les ancêtres plus lointains du renne. Il est possible que ces derniers aient vécu en Amérique du Sud. Morenelaphus, qui vivait en Amérique du Sud, il y a cinq millions d’années, est peut-être l’un de ses lointains ancêtres. Le renne était particulièrement répandu en Europe au paléolithique supérieur. Les nombreuses peintures rupestres le représentant témoignent de l’importance qu’il avait dans la vie de nos ancêtres. Le renne a connu deux évolutions différentes. En Eurasie, le renne a été plus ou moins domestiqué. Il reste cependant quelques populations parfaitement sauvages.
En Amérique du Nord, il a pris le nom de « caribou
» qui est d’origine algonquienne. Ce surnom vient du
mot indien « xalibu » qui signifie « pelleteur
». En effet, le caribou se sert de ses sabots comme d’une
pelle en creusant la neige pour trouver à manger.
On rencontre le renne dans toutes les régions qui bordent
le pôle Nord : Groenland, Canada, Alaska, Sibérie,
Scandinavie …
Le caribou des bois ne se déplace pas en grands troupeaux. Ils vivent en petits groupes et sont extrêmement sauvages. Ils affectionnent les zones de plaine plantée de sapins et parsemée de marais. Certains habitent des zones montagneuses, à plus de 2 000 m d’altitude.
La forme de l’Alaska, appelée « caribou de Grant » est légèrement plus grande que la forme canadienne. De tous les cervidés, c’est le caribou de la toundra qui possède la plus grande ramure.
By Giant Ginkgo Licence
Contrairement aux autres espèces, les
bois sont presque verticaux.
On trouve le renne d’Europe essentiellement en Scandinavie,
en Sibérie et en Islande. Il est morphologiquement
très proche du caribou de la toundra. Il subsiste environ 1 500 rennes sauvages à l’est de la Finlande. Afin d’éviter toute reproduction avec les rennes domestiques pour préserver le patrimoine génétique, une clôture de 100 km a été construite dans la forêt. Le renne d’Europe effectue des migrations mais il est encadré par les hommes qui vivent de son élevage.
Le renne est capable de survivre à des températures de – 40°C. Pour cela, il bénéficie d’un manteau de fourrure constitué de deux couches :
A la fin de l’hiver, le renne mue et perd ses poils. Le sabot du renne a la particularité de s’adapter à la saison. En été, la bordure de corne se rétracte et laisse place à des coussinets de chair qui facilitent la marche dans les marécages. L’hiver, le sabot prend une forme concave. Le bord devient coupant pour adhérer aux sols glissants. Enfin, les coussinets de chair se rétrécissent et sont recouverts par des poils.
Les lichens dont le renne se nourrit participent à la protection
contre le froid. Ils sont très riches en sucres qui, en fermentant
dans le rumen (une poche de l’estomac), produisent de la chaleur. Par ailleurs, le renne emmagasine beaucoup d’eau dans ses tissus ce qui lui sert d’isolant thermique. Cri du Renne (Son MP3) Les sabots du renne font office de raquettes. Presque aussi larges que longs, ils servent à creuser pour trouver le précieux lichen mais également à propulser l’animal dans l’eau quand il traverse une rivière.
By Ianqui Licence Pour toutes les espèces, la femelle est plus petite que le mâle. Un renne peut vivre jusqu’à 15 ans et 20 ans en captivité. Un renne peut courir à 80 km/h en vitesse de pointe.
Les bois peuvent atteindre 1,50 m d’envergure et peser jusqu’à 7 kg chez un mâle adulte. Ils sont constitués de:
Aucun individu ne possède la même ramure. Cette couronne est une véritable signature personnelle.
Les bois sont des excroissances osseuses du crâne qui se
renouvellent tous les ans. Au début de la repousse, ils sont
recouverts de « velours », une sorte de peau irriguée
par de petits vaisseaux sanguins. Une fois la croissance terminée, le sang cesse de circuler, le tissu se dessèche et se détache par lambeaux, dévoilant la nouvelle ramure. Chez le mâle, la ramure commence à
pousser au mois de mars et atteint son apogée
à la saison des amours.
En Amérique du Nord, les rennes peuvent parcourir jusqu’à 6 000 km par an. C’est la plus longue migration terrestre du monde animal.
A partir d’avril, quand le froid s’intensifie en arctique,
les caribous entament leur migration vers le nord. Ils profitent
alors du bref été polaire. Les caribous, tous sexes confondus, peuvent alors former de gigantesques troupeaux de 120 000 têtes qui s’étirent sur une file de 300 km de long.
© Walker Tom Une fois arrivés, ils se dispersent en petits groupes. Quand il se déplace, le caribou fait entendre un cliquetis,
audible à plus de 100 m de distance. Ce bruit est dû
au glissement des tendons sur les os de ses pattes.
Des chercheurs ont montré que les routes traditionnelles
de migration sont enseignées par les femelles âgées
qui voyagent en tête du troupeau. Pour mieux connaître les itinéraires des caribous et donc les protéger, un important programme de suivi par satellite a été initié par le gouvernement du Québec. Pour cela, des animaux ont été munis de colliers radio-émetteurs.
Les loups sont les principaux prédateurs des caribous. Dans
certaines régions, le loup a été remplacé
par le grizzli ou le lynx. Les loups chassent en meute. Ils repèrent une femelle et
son petit, les encerclent, puis isolent le petit de la mère. Durant la longue transhumance, le caribou affronte le froid, la faim, les avalanches et les noyades.
By Mharrsch Licence L’été, le caribou doit faire
face à un autre prédateur : l’oestre.
C’est une mouche qui ressemble à
un gros bourdon. Certaines espèces pondent
sous la peau et d’autres déposent
les œufs dans les cavités nasales.
Durant tout l’été, les troupeaux sont harcelés par les mouches, les moustiques ou les varrons. Le bourdonnement incessant affole les animaux qui se mettent à courir pendant des kilomètres et cela jusqu’au bord de l’épuisement.
A la fin du mois de septembre, la saison des amours commence pour
les caribous. Seuls les mâles les plus vigoureux pourront
s’accoupler. Pendant 2 à 3 semaines, les mâles s’affrontent
en combats singuliers. Ce sont en quelque que
sorte des tournois éliminatoires qui deviennent
de plus en plus violents au fur et à mesure
que les prétendants sont éliminés.
By Jimw Licence Le vainqueur s’approprie un groupe d’une quinzaine de femelles. Le mâle dominant reste au sein du harem le temps du rut puis repart. Diriger et surveiller un harem n’est pas de tout repos. Le
mâle doit avoir assez d’énergie pour les multiples
accouplements mais aussi pour défendre ses femelles.
© NHPA A la fin de la période des amours, le chef du harem est sur les « genoux ». D’ailleurs, ce travail est si épuisant qu’un mâle ne dirige un harem qu’une fois dans sa vie. Cette caractéristique permet aux caribous d’éviter
toute consanguinité et de plus, les faons possèdent
les attributs des plus forts. Pour séduire les femelles, le mâle possède une botte secrète : sa glande tarsienne. Située sur chaque patte arrière à l’intérieur du jarret, cette glande produit une sécrétion odorante irrésistible.
7 ½ mois après le rut, les femelles donnent naissance à leur petit. Elles mettent bas chaque année au même endroit même si la harde a changé d’aire d’hivernage. Toutes les naissances ont lieu dans un laps de temps très court : une dizaine de jours échelonnés entre fin mai et début juin. Les changements climatiques rendent les naissances
des caribous de plus en plus difficiles. Autrefois,
les femelles mettaient bas qu’une fois arrivées
au terme de la migration de printemps.
Même à la fin du printemps, il fait
très froid dans le Grand Nord. Le faon
est léché dès sa naissance
par sa mère pour éviter que son
poil gèle. Le lait des femelles est quatre fois plus riche que celui d’une vache. Le faon tête toutes les 18 minutes pour grandir rapidement. A sa naissance, le bébé ne pèse que 6 ou 7 kilos mais un mois plus tard, il en pèsera déjà 26. Si la femelle conserve ses bois durant l’hiver
c’est parce que cela lui donne des avantages
pour élever son petit. Le faon reste près de sa mère pendant
près d’un an. Pour le retrouver au
milieu du troupeau, elle dispose du larmier.
Classe : Mammifères V.B (14.12.2005)
Le renne, collection Marshal Cavendish 1994 |












