L’homme
a-t-il le pouvoir d’éviter le réchauffement
de la Terre
Le
réchauffement du climat est au centre de
nombreux débats mais fait également
l’objet de nombreuses controverses. Ce dossier et l’analyse que j’ai effectué des différents rapports scientifiques, n’engagent que moi.
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Il faut tout d’abord souligner que nous ne disposons d’informations fiables sur le climat que sur les 200 dernières années. La mémoire de l’homme et des rapports fiables ne remontant que sur une période récente, il a fallu aux scientifiques trouver d’autres moyens pour reconstituer les climats du passé. Parmi
ces moyens, citons les anneaux des arbres qui
nous informent de leurs conditions atmosphériques
de croissance. Les carottages effectués au fond des océans, des lacs ou au sein des calottes glaciaires nous donnent également de précieux renseignements sur les changements climatiques.
Stries d'une carotte glaciaire Grâce à ces recherches, on a constaté que la chronologie des paléotempératures était beaucoup plus complexe qu’on ne le pensait. D’autant plus, que les cycles orbitaux ont une influence directe sur le climat de la Terre.
C’est le mathématicien et climatologue serbe Milutin Milankovitch qui a cherché à établir une corrélation entre le climat et l’intensité des radiations solaires atteignant la Terre. Il identifia trois fluctuations cycliques susceptibles d’avoir une influence :
Il est ressorti de ses calculs que la Terre connaît des variations de son orbite et de légères modifications de son axe de rotation qui provoquent de fortes oscillations climatiques. Ces
changements correspondent aux périodes
glaciaires et interglaciaires.
Comme le montre le schéma ci-dessous, les variations climatiques sont nombreuses et nous n’en connaissons qu’une petite partie.
Zoom sur le schéma (© Berceaux de l'humanité)
Depuis la dernière période glaciaire (- 110 000 à – 13 000 ans) appelée weichselien en Europe et wisconsin en Amérique du Nord, la Terre a connu plusieurs réchauffements et refroidissements. A partir de – 13 000 ans, le climat s’est réchauffé, provoquant la fusion rapide des glaces et la remontée du niveau de l’océan. Mais, cette amélioration a été brutalement interrompue par une brusque arrivée d’eau froide dans l’Atlantique, vers – 10 000 ans. Puis, le climat s’est à nouveau réchauffé. Mais, il faut savoir que la Terre ne fait que sortir de ce que l’on a appelé le petit âge glaciaire, une période très froide, qui a duré du XVe au milieu du XIXe siècle. Aujourd’hui,
la température de la planète est
à la hausse. Cette hausse semble très
faible mais peut avoir de sérieuses répercussions
sur notre planète. Deux questions se posent à nous : Sommes nous responsables de ce réchauffement ? Avons-nous la possibilité de stopper ce réchauffement ?
On nomme gaz à effet de serre les substances gazeuses qui contribuent à réchauffer l’atmosphère en captant les rayons infrarouges. Certains sont naturellement présents dans l’atmosphère (comme le gaz carbonique, le méthane et l’oxyde de diazote), alors que d’autres sont le résultat de l’activité humaine (comme les CFC). Quelle que soit leur origine, leur concentration n’a pas cessé d’augmenter depuis le début de la révolution industrielle, au milieu du XIXe siècle. Les gaz à effet de serre sont en augmentation croissante dans la basse atmosphère depuis un siècle et demi. Selon de nombreuses études, cette évolution serait directement responsable du réchauffement actuel de la planète, et celui-ci pourrait encore s’intensifier au cours du XXIe siècle. La complexité et la diversité des facteurs qui entrent en jeu (vents, courants marins, glaces, nuages, végétaux, effet de serre) rendent difficilement prévisibles les conséquences d’un tel bouleversement climatique, mais elles pourraient être désastreuses. S’il est évident que l’activité humaine intensifie le réchauffement, il est tout aussi évident qu’elle n’en est pas l’unique cause. Le réchauffement est également dû à des oscillations naturelles, comme cela s’est déjà produit dans le passé. L’oscillation nord-atlantique, qui se manifeste environ tous les 2 ans, entraîne des hivers doux en Europe et draine des flux d’eaux chaudes dans le bassin arctique, ce qui a fait fondre la banquise par endroit. En 1998, l’année a été une des plus chaudes enregistrée récemment. Cela a été une conséquence directe du phénomène El Niño. Ces deux exemples sont simplement là pour montrer que les oscillations climatiques peuvent avoir de multiples causes. Cependant, il est indéniable, malgré ce que certains peuvent prétendre, que l’homme est à la source de l’accélération du réchauffement.
Les données les plus fiables indiquent que la température moyenne de la planète s’est élevée de près de 0,6°C entre la fin du XIXe siècle et l’an 2000. Les
estimations les plus optimistes prévoient
une augmentation de 1,7°C par siècle.
Les plus pessimistes prévoient une hausse
de 3°C d’ici 100 ans. En effet, si rien n’est fait, la Terre connaîtrait alors une chaleur comparable à celle qui régnait il y a 100 000 ans. A
partir du moment où il y a réchauffement,
il y a également élévation
du niveau des mers. Certaines estimations prévoient
une élévation de 80 cm au cours
du XXIe siècle. Plusieurs milliers d’îles habitées, notamment dans les Caraïbes, l’océan Indien et l’océan Pacifique, pourraient être en partie submergées. De nombreuses régions côtières, en Floride, aux Pays-Bas, en Afrique de l’Ouest, en Chine et dans les deltas des grands fleuves, seraient également menacées par l’avancée de la mer.
Paysage des Caraïbes. By Bubblestar Licence Les millions de personnes qui vivent dans le delta du Gange et du Brahmapoutre, au Bangladesh, seraient chassées par l’élévation du niveau de la mer. L’inondation du delta du Nil priverait l’Égypte de 20% de ses terres cultivables. L’équilibre climatique de la Terre est très fragile. Nous mesurons encore difficilement l’étendue possible d’un réchauffement global. L’élévation
du niveau moyen des eaux est sans doute l’hypothèse
la plus communément admise. Il est également à prévoir l’intensification des sécheresses, la disparition de la toundra, l’affaiblissement du Gulf Stream ou l’augmentation du nombre de cyclones.
Marché aux poissons au Bangladesh. By Aftah Licence En libérant de l’eau froide dans l’Atlantique Nord, la fonte de la calotte glaciaire du Groenland pourrait refroidir le Gulf Stream et perturber le climat en Europe. Les chercheurs s’accordent à constater que les plus grosses pertes de glace sont subies par les côtes sud-est du Groenland. Les régions côtières du Groenland ont perdu 155 milliards de tonnes (gigatonnes) de glace par an entre 2003 et 2005, selon Luthcke (Goddard Space Flight Center, NASA) La sécheresse qui devrait toucher le sud-ouest des États-Unis et l’Amérique centrale pourrait affecter considérablement le rendement agricole de ces régions. La banquise Larsen, en Antarctique, se réchauffe d’environ 0,5 °C par an et se fragmente en une multitude d’icebergs.
Vue aérienne du Groenland. By Neil Carey Licence Si les prévisions climatiques s’avèrent exactes, les régions nordiques devraient se réchauffer plus que le reste de la Terre.
Personnellement, je répond non. Nous pouvons par contre agir pour ne pas accélérer artificiellement le réchauffement. Plusieurs activités humaines accroissent la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère. L’agriculture intensive emploie des fertilisants qui libèrent davantage d’oxyde de diazote. Les systèmes de climatisation utilisent des CFC. Les véhicules à moteur émettent du gaz carbonique, tout comme les usines qui brûlent des combustibles fossiles (charbon, gaz naturel, mazout) et les incendies. Il
est à prévoir que ce réchauffement,
qu’il soit ou non accéléré
par l’homme, sera suivi d’une nouvelle
période glaciaire.
Fonte de la banquise dans le Groenland. By Jt Stewart Licence Bien
sûr, ces prévisions sont lointaines.
Elles ne sont données que pour souligner
les cycles contre lesquels l’homme n’a
aucun pouvoir. Cependant, je crois sincèrement que même si tous les pays ratifiaient le protocole de Kyoto de 1997, il va nous être presque impossible d’inverser la tendance.
Côtes de la Floride. Licence En
effet, pour cela, il faudrait que tous les pays
acceptent de ne plus utiliser les énergies
fossiles (pétrole, charbon) au profit des
énergies renouvelables. Or, gros émetteurs
de gaz à effet de serre, des pays comme
la Chine ou l’Inde ne sont pas inclus dans
le protocole de Kyoto. Nos stocks d’énergie fossile nous permettent de nous en servir encore pour environ 50 ans et je prédis que les intérêts financiers passeront avant l’avenir de la Terre et de l’humanité.
Vision fantomatique dans le Sahel. By Seacloud Licence Même
si en 2050, nous n’utilisons plus que des
énergies renouvelables, il nous faudrait
des décennies pour diminuer le réchauffement. Ce réchauffement planétaire aura une conséquence évidente sur notre planète et surtout sur nos ressources. Combien de personnes faudra t-il déplacer ? Des millions très certainement, voire même plus. Les ressources restantes nous permettront-elles de subvenir encore à nos besoins ? Tout
bouleversement climatique entraîne la disparition
de nombreuses espèces animales sur terre
et dans les mers mais également des espèces
végétales. Ce sont donc nos ressources
qui disparaîtront.
Ce bilan peut sembler sombre. Alors doit-on baisser les bras ? Je ne le crois pas. Je pense simplement que c’est toute notre manière de vivre et de penser qu’il nous faudra modifier si nous voulons continuer à « régner » sur Terre. Nous
ne pourrons pas appliquer les règles totalement
inégalitaires qui ont prévalu jusqu’à
présent.
Paysage du Nil en Egypte. By Boggin Licence A
titre d’exemple, aujourd’hui, selon
un rapport de Living Planet 2006, publié
en octobre par le WWF, l’humanité
consomme plus de ressources biologiques chaque
année que la Terre n’en produit (environ
25% en plus). Si notre prise de conscience commence avec la diminution des émissions de gaz à effet de serre, ce ne devra être qu’un point de départ vers un nouvel âge de l’humanité. L’âge de la maturité ? V.B (12.11.2006)
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