Témoignages du passé sur
l’évolution du climat
Il
faut tout d’abord souligner que nous ne
disposons d’informations fiables sur le
climat que sur les 200 dernières années.
La
mémoire de l’homme et des rapports
fiables ne remontant que sur une période
récente, il a fallu aux scientifiques trouver
d’autres moyens pour reconstituer les climats
du passé.
Parmi
ces moyens, citons les anneaux des arbres qui
nous informent de leurs conditions atmosphériques
de croissance.
Certains arbres peuvent nous faire remonter le
temps à plus de 8 000 ans. Grâce
aux arbres, les spécialistes associent
tel type de sol à tel climat.
Les
carottages effectués au fond des océans,
des lacs ou au sein des calottes glaciaires nous
donnent également de précieux renseignements
sur les changements climatiques.

Stries d'une carotte
glaciaire
Grâce
à ces recherches, on a constaté
que la chronologie des paléotempératures
était beaucoup plus complexe qu’on
ne le pensait.
D’autant
plus, que les cycles orbitaux ont une influence
directe sur le climat de la Terre.
Les cycles orbitaux
C’est
le mathématicien et climatologue serbe
Milutin Milankovitch qui a cherché à
établir une corrélation entre le
climat et l’intensité des radiations
solaires atteignant la Terre. Il identifia trois
fluctuations cycliques susceptibles d’avoir
une influence :
- Excentricité
de l’orbite terrestre
- Inclinaison de l’axe
- Précessions des équinoxes
Il
est ressorti de ses calculs que la Terre connaît
des variations de son orbite et de légères
modifications de son axe de rotation qui provoquent
de fortes oscillations climatiques.
Ces
changements correspondent aux périodes
glaciaires et interglaciaires.
Des cycles ont pu être établis :
- L’orbite
terrestre passe du cercle à l’ellipse
tous les 100 000 ans
- L’inclinaison de la Terre peut varier
de 3° selon un cycle de 42 000 ans
- La précession des équinoxes se
manifeste tous les 25 800 ans
Comme
le montre le schéma ci-dessous, les variations
climatiques sont nombreuses et nous n’en
connaissons qu’une petite partie.

Zoom
sur le schéma (© Berceaux de l'humanité)
Chaud et froid
Depuis
la dernière période glaciaire (-
110 000 à – 13 000 ans) appelée
weichselien en Europe et wisconsin en Amérique
du Nord, la Terre a connu plusieurs réchauffements
et refroidissements.
A
partir de – 13 000 ans, le climat s’est
réchauffé, provoquant la fusion
rapide des glaces et la remontée du niveau
de l’océan.
Mais,
cette amélioration a été
brutalement interrompue par une brusque arrivée
d’eau froide dans l’Atlantique, vers
– 10 000 ans.
Puis,
le climat s’est à nouveau réchauffé.
Mais,
il faut savoir que la Terre ne fait que sortir
de ce que l’on a appelé le petit
âge glaciaire, une période très
froide, qui a duré du XVe au milieu du
XIXe siècle.
Aujourd’hui,
la température de la planète est
à la hausse. Cette hausse semble très
faible mais peut avoir de sérieuses répercussions
sur notre planète.
Selon les chercheurs de la NASA, la Terre a connu
ces trente dernières années, les
températures les plus élevées
de la période interglaciaire. Le climatologue
James Hansen (Goddard Institute for Space Studies,
NY) a calculé que les températures
à la surface de la Terre avait augmenté
en moyenne de 0,2°C tous les dix ans depuis
trente ans.
Deux
questions se posent à nous : Sommes nous
responsables de ce réchauffement ? Avons-nous
la possibilité de stopper ce réchauffement
?
Effet de serre et responsabilité
humaine
On
nomme gaz à effet de serre les substances
gazeuses qui contribuent à réchauffer
l’atmosphère en captant les rayons
infrarouges. Certains sont naturellement présents
dans l’atmosphère (comme le gaz carbonique,
le méthane et l’oxyde de diazote),
alors que d’autres sont le résultat
de l’activité humaine (comme les
CFC). Quelle que soit leur origine, leur concentration
n’a pas cessé d’augmenter depuis
le début de la révolution industrielle,
au milieu du XIXe siècle.
Les
gaz à effet de serre sont en augmentation
croissante dans la basse atmosphère depuis
un siècle et demi. Selon de nombreuses
études, cette évolution serait directement
responsable du réchauffement actuel de
la planète, et celui-ci pourrait encore
s’intensifier au cours du XXIe siècle.
La complexité et la diversité des
facteurs qui entrent en jeu (vents, courants marins,
glaces, nuages, végétaux, effet
de serre) rendent difficilement prévisibles
les conséquences d’un tel bouleversement
climatique, mais elles pourraient être désastreuses.
S’il
est évident que l’activité
humaine intensifie le réchauffement, il
est tout aussi évident qu’elle n’en
est pas l’unique cause.
Le
réchauffement est également dû
à des oscillations naturelles, comme cela
s’est déjà produit dans le
passé.
L’oscillation
nord-atlantique, qui se manifeste environ tous
les 2 ans, entraîne des hivers doux en Europe
et draine des flux d’eaux chaudes dans le
bassin arctique, ce qui a fait fondre la banquise
par endroit.
En
1998, l’année a été
une des plus chaudes enregistrée récemment.
Cela a été une conséquence
directe du phénomène El Niño.
Ces
deux exemples sont simplement là pour montrer
que les oscillations climatiques peuvent avoir
de multiples causes. Cependant, il est indéniable,
malgré ce que certains peuvent prétendre,
que l’homme est à la source de l’accélération
du réchauffement.
Les conséquences du réchauffement
global
Les
données les plus fiables indiquent que
la température moyenne de la planète
s’est élevée de près
de 0,6°C entre la fin du XIXe siècle
et l’an 2000.
Les
estimations les plus optimistes prévoient
une augmentation de 1,7°C par siècle.
Les plus pessimistes prévoient une hausse
de 3°C d’ici 100 ans.
Ces chiffres alarmants indiquent clairement qu’il
est urgent de diminuer nos émissions de
gaz à effet de serre.
En
effet, si rien n’est fait, la Terre connaîtrait
alors une chaleur comparable à celle qui
régnait il y a 100 000 ans.
A
partir du moment où il y a réchauffement,
il y a également élévation
du niveau des mers. Certaines estimations prévoient
une élévation de 80 cm au cours
du XXIe siècle.
Cela peut sembler infime mais cette élévation
aurait des conséquences dramatiques pour
de nombreuses régions.
Plusieurs
milliers d’îles habitées, notamment
dans les Caraïbes, l’océan Indien
et l’océan Pacifique, pourraient
être en partie submergées. De nombreuses
régions côtières, en Floride,
aux Pays-Bas, en Afrique de l’Ouest, en
Chine et dans les deltas des grands fleuves, seraient
également menacées par l’avancée
de la mer.

Paysage des Caraïbes.
By Bubblestar Licence
Les millions de personnes qui vivent dans le delta
du Gange et du Brahmapoutre, au Bangladesh, seraient
chassées par l’élévation
du niveau de la mer.
L’inondation
du delta du Nil priverait l’Égypte
de 20% de ses terres cultivables.
L’équilibre
climatique de la Terre est très fragile.
Nous mesurons encore difficilement l’étendue
possible d’un réchauffement global.
L’élévation
du niveau moyen des eaux est sans doute l’hypothèse
la plus communément admise.
Mais, ce ne serait pas la seule conséquence.
Il
est également à prévoir l’intensification
des sécheresses, la disparition de la toundra,
l’affaiblissement du Gulf Stream ou l’augmentation
du nombre de cyclones.

Marché aux
poissons au Bangladesh. By Aftah Licence
En
libérant de l’eau froide dans l’Atlantique
Nord, la fonte de la calotte glaciaire du Groenland
pourrait refroidir le Gulf Stream et perturber
le climat en Europe. Les chercheurs s’accordent
à constater que les plus grosses pertes
de glace sont subies par les côtes sud-est
du Groenland.
Les
régions côtières du Groenland
ont perdu 155 milliards de tonnes (gigatonnes)
de glace par an entre 2003 et 2005, selon Luthcke
(Goddard Space Flight Center, NASA)
La sécheresse qui devrait toucher le sud-ouest
des États-Unis et l’Amérique
centrale pourrait affecter considérablement
le rendement agricole de ces régions.
La
banquise Larsen, en Antarctique, se réchauffe
d’environ 0,5 °C par an et se fragmente
en une multitude d’icebergs.

Vue aérienne
du Groenland. By Neil Carey Licence
Si
les prévisions climatiques s’avèrent
exactes, les régions nordiques devraient
se réchauffer plus que le reste de la Terre.
Peut-on éviter ce réchauffement
?
Personnellement,
je répond non. Nous pouvons par contre
agir pour ne pas accélérer artificiellement
le réchauffement.
Plusieurs
activités humaines accroissent la concentration
des gaz à effet de serre dans l’atmosphère.
L’agriculture intensive emploie des fertilisants
qui libèrent davantage d’oxyde de
diazote.
Les
systèmes de climatisation utilisent des
CFC. Les véhicules à moteur émettent
du gaz carbonique, tout comme les usines qui brûlent
des combustibles fossiles (charbon, gaz naturel,
mazout) et les incendies.
Il
est à prévoir que ce réchauffement,
qu’il soit ou non accéléré
par l’homme, sera suivi d’une nouvelle
période glaciaire.
Si l’on reprend la théorie des cycles
orbitaux, chaque période interglaciaire
ou « chaude » dure 20 000 ans en moyenne.
Notre période « chaude » a
commencé il y a 10 000 ans donc il est
fort probable que dans 10 000 ans, une nouvelle
période glaciaire débutera.

Fonte de la banquise
dans le Groenland. By Jt Stewart Licence
Bien
sûr, ces prévisions sont lointaines.
Elles ne sont données que pour souligner
les cycles contre lesquels l’homme n’a
aucun pouvoir.
Il est plus qu’urgent de nous occuper de
notre présent et de notre avenir proche
en nous montrant responsables.
Cependant,
je crois sincèrement que même si
tous les pays ratifiaient le protocole de Kyoto
de 1997, il va nous être presque impossible
d’inverser la tendance.

Côtes de
la Floride. Licence
En
effet, pour cela, il faudrait que tous les pays
acceptent de ne plus utiliser les énergies
fossiles (pétrole, charbon) au profit des
énergies renouvelables. Or, gros émetteurs
de gaz à effet de serre, des pays comme
la Chine ou l’Inde ne sont pas inclus dans
le protocole de Kyoto.
La France est elle-même lanterne rouge en
Europe en ce qui concerne l’application
d’une politique environnementale.
Alors que nous devrions travailler dans l’urgence,
nous n’avons pas encore établi le
moindre calendrier pour la seconde période
d’engagement du protocole de Kyoto, soit
seulement après 2012.
Nos
stocks d’énergie fossile nous permettent
de nous en servir encore pour environ 50 ans et
je prédis que les intérêts
financiers passeront avant l’avenir de la
Terre et de l’humanité.

Vision fantomatique
dans le Sahel. By Seacloud Licence
Même
si en 2050, nous n’utilisons plus que des
énergies renouvelables, il nous faudrait
des décennies pour diminuer le réchauffement.
D’autant plus, qu’entre temps, nous
continuerons à défricher ce qui
constitue une autre menace pour le climat.
Ce
réchauffement planétaire aura une
conséquence évidente sur notre planète
et surtout sur nos ressources.
Combien
de personnes faudra t-il déplacer ? Des
millions très certainement, voire même
plus. Les ressources restantes nous permettront-elles
de subvenir encore à nos besoins ?
Tout
bouleversement climatique entraîne la disparition
de nombreuses espèces animales sur terre
et dans les mers mais également des espèces
végétales. Ce sont donc nos ressources
qui disparaîtront.
Ces espèces seront-elles remplacées
comme l’ont annoncé récemment
des scientifiques concernant la vie marine ?
Nul ne peut réellement le dire. Ce qui
est certain c’est que de nombreuse terres,
aujourd’hui cultivables, deviendront stériles.
Quelle survie pour l’humanité
?
Ce
bilan peut sembler sombre. Alors doit-on baisser
les bras ? Je ne le crois pas. Je pense simplement
que c’est toute notre manière de
vivre et de penser qu’il nous faudra modifier
si nous voulons continuer à « régner
» sur Terre.
Nous
ne pourrons pas appliquer les règles totalement
inégalitaires qui ont prévalu jusqu’à
présent.
J’ai presque envie de dire que la Terre
appartient à l’ensemble de l’humanité
et ses ressources également.
Les pays industriels n’ont fait jusqu’à
présent que piller sans jamais partager.
Demain, avec les bouleversements qui nous attendent,
il nous faudra emprunter à notre planète
avec parcimonie et savoir partager.

Paysage du Nil
en Egypte. By Boggin Licence
A
titre d’exemple, aujourd’hui, selon
un rapport de Living Planet 2006, publié
en octobre par le WWF, l’humanité
consomme plus de ressources biologiques chaque
année que la Terre n’en produit (environ
25% en plus).
Mais, ce déséquilibre provient de
la surconsommation des pays industrialisés
qui s’effectue au détriment du reste
du monde.
D’après ce rapport, d’ici 40
ans, si nous continuons à ce rythme, il
faudrait l’équivalent de deux Terres
pour répondre aux besoins de l’humanité.
Si
notre prise de conscience commence avec la diminution
des émissions de gaz à effet de
serre, ce ne devra être qu’un point
de départ vers un nouvel âge de l’humanité.
L’âge de la maturité ?
V.B
(12.11.2006)
Dossiers
complémentaires sur le réchauffement
du climat
Réchauffement
du climat
El
Nino
Gulf
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Climat de la Terre
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