Le ratel (Mellivora capensis), malgré sa petite taille, est
un prédateur féroce. Le ratel est réputé
pour son courage, sa ténacité et
son insatiable appétit.
De nombreuses légendes parlaient d’animaux
indestructibles capables de tuer le célèbre
cobra du Cap.
Ces légendes ne sont pas le fruit de l’imagination
et en effet, rien ne résiste à ce
petit carnassier.
Caractéristiques du ratel
Physiquement, le ratel ressemble beaucoup au blaireau d’Amérique
et d’Europe. Ils font d’ailleurs partie de la même
famille.
Cependant, leurs liens de parenté sont assez éloignés.
Mesurant jusqu'à 77 cm de long pour 30 cm au garrot, le ratel n’est
pas très impressionnant. Son poids maximum est de 16 kg.
By Arno & Louise
Cet omnivore ne connaît pas la peur. C’est sans doute
cette caractéristique qui le rend aussi téméraire.
Il n’hésite pas à s’attaquer à
des proies aussi grosses que des buffles de la Cafrerie.
Un garde du Parc national Kruger a rapporté qu'un ratel aurait
attaqué un gnou par le scrotum; l'animal aurait péri
suite à ses blessures.
Ratel photographié au Kenya. By Finsthwait
Il possède une peau très épaisse et particulièrement
élastique qui donne peu de prise aux prédateurs. Cette
fourrure hyper résistante le protège des crocs des
félins et des crochets des serpents dont il raffole.
Sa peau dure est si lâche qu'il peut se retourner pour attaquer un prédateur qui l'a mordu au cou.
On le reconnaît facilement à son épaisse toison
bicolore, blanche sur le dessus et noire sur le reste du corps.
Le ratel fréquente de nombreux biotopes, savanes, steppes,
forêts, zones semi-désertiques, dans les régions
d’Afrique au sud du Sahara. On le trouve également
en Arabie, en Inde, en Irak et au Pakistan.
Plutôt nocturne, il reste au frais dans son terrier la journée.
Il possède de puissantes griffes antérieures qui lui
permettent de creuser le sol et de maintenir ses proies.
C’est un des rares animaux à pouvoir marcher et courir
en arrière. Solitaire, on ne le rencontre jamais en groupe de plus de 3 ou 4 individus.
En captivité, il peut vivre jusqu’à 25 ans.
Le ratel: Un chasseur féroce
Parmi les proies favorites du Ratel, on trouve les serpents. Il
ne se contente pas des plus petits. Aussi agile dans les arbres
que sur le sol, il n’hésite pas pour arriver à
ses fins à grimper dans les branchages pour y déloger
des reptiles de grande taille comme le cobra.
Une fois arrivé en haut, il secoue énergiquement
les branches pour déséquilibrer sa proie. Dès
que le reptile est à terre, il se précipite et avec
beaucoup d’habilité, mort la tête du serpent
en évitant les crochets venimeux.
Il commence toujours par manger la tête pour éliminer
d’emblée les crochets. En 3 jours, un ratel pour avaler
plus de 9 m de serpent.
Même la vipère heurtante, pourtant capable de terrasser
un lion, ne l’impressionne pas.
On connaît mal l’immunisation de certains animaux contre
le venin. Par contre, on a pu observer un ratel se faire piquer,
sembler agoniser puis revenir à lui au bout de 2 h pour reprendre
tranquillement son repas.
Omnivore, le pêché mignon du ratel est le miel. Il
éventre à l’aide de ses puissantes griffes les
rayons des ruches et endure d’innombrables piqûres pour
atteindre son met favori.
Là encore, il semble immuniser contre les piqûres
des féroces abeilles africaines. Cependant, bien qu’il
puisse supporter des centaines de piqûres, certains meurent
par gourmandise.
Pour trouver le miel, il s'associe parfois avec l'indicateur, un oiseau qui chante d'une façon particulière pour le conduire à un nid d'abeilles. Ouvrant le nid avec ses puissantes griffes, il mange la majeure partie du miel, mais laisse à l'oiseau la cire et les larves.
Dans le Kalahari, des empreintes dans le sable ont révélé
le vol par un ratel d'une carcasse de raphicère à une hyène
brune.
Le ratel a réussi à tirer la carcasse mais il n'a
pu trouver une cavité suffisamment grande pour l'y cacher.
By Kev Bow
Lorsqu'il est poursuivi, le ratel peut avoir recours à une
arme chimique. On a observé un ratel, poursuivi par quatre hyènes tachetées, se mettre à l'abri dans un
arbre. Déséquilibré, le ratel est tombé
au milieu des hyènes. Là, une odeur nauséabonde
s'est immédiatement répandue, alors qu'il faisait
face aux hyènes, toutes dents dehors. Les hyènes se
sont aussitôt éloignées.
Reproduction du ratel
La reproduction ne semble pas saisonnière. La femelle donne
naissance de un à quatre petits après une période
de gestation de 6 mois.
Les chercheurs ont découvert que les ratels se rassemblaient
en certains endroits pour déféquer et laisser ainsi
des messages olfactifs.
Les préliminaires ne sont pas très tendres. Il peut
se passer des jours avant qu’une femelle accepte l’accouplement.
Les mâles dominants ont plus de chance d’être
acceptés que les autres. Dès que la femelle répond
favorablement aux avances bruyantes de son partenaire, le couple
s’installe dans un terrier pendant 2 à 3 jours.
La femelle met au monde un à deux petits qui resteront
près d’elle pendant plus d’un an. L’apprentissage
est assez long. Il faut attendre environ 18 mois pour que le jeune
devienne indépendant et chasse seul.
La femelle transporte sa progéniture dans sa gueule en cas
de danger. Pendant la période de sevrage, d’environ
3 mois, les petits restent dans le terrier.
Dès leur plus jeune âge, les petits sont des parfaites
répliques de leur mère. Ils font déjà
preuve de courage et de férocité.
On a pu constater que certains petits se font tuer par d’autres
congénères mais sans en connaître la raison
exacte.