Portrait du rat-taupe glabre
Il est aussi appelé le sand-puppy « chiot des sables
» par les Anglo-Saxons. C’est un rongeur comme tous
les rats-taupes.
Cette étrange créature ridée et rosâtre
est pratiquement dépourvue de poils.
Il n’est pas totalement nu puisque quelques poils, sensibles
au contact, sont disséminés sur l’ensemble de
son corps.
Il possède également une moustache formée par
des poils sensitifs qui s’insèrent autour de ses lèvres.
De plus, ses pattes sont bordées de poils fort utiles dans
son métier de terrassier. Il balaie ainsi et ratisse derrière
lui.

Rat taupe. By Saveena
Le rat-taupe glabre passe toute sa vie sous terre. Comme ses cousins,
il ferme ses narines quand il creuse.
Cette espèce mesure 8 à 9 cm de long en moyenne pour
un poids de 30 à 80 grammes.
Bien qu’il ne possède pas de pavillons externes, les
oreilles sont fonctionnelles et très sensibles.
Les yeux sont de très petites taille et pratiquement inutiles
mais le rat-taupe glabre n’est pas aveugle.
Longues et projetées vers l’avant, les incisives sont
en croissance perpétuelle. Les incisives inférieures
sont mobiles de façon indépendante.
Il utilise ses deux paires d’incisives comme des barres à
mine lui permettant de progresser en creusant la terre. La mobilité
des lèvres lui évite d’avaler les débris.

By Simon Davison
Les mains servent très peu à creuser tandis que les
pieds sont utilisés pour évacuer la terre.
Tous les mammifères sont capables de réguler leur
température corporelle. Le rat-taupe glabre fait exception
à cette règle. Ce n’est pourtant pas un problème
pour lui.
Il se contente d’une température corporelle de 32°C
qui correspond à peu près à la température
ambiante des galeries.
Si cette température baisse, les rats-taupes se rassemblent
les uns contre les autres pour se réchauffer.
Cette espèce ne possède ni glandes sudoripares, ni
couche de graisse sous la peau.

By Futuristic
Le rat-taupe glabre se nourrit des tubercules. Comme ses cousins,
il n’a pas besoin de boire car les racines sont riches en
eau.
Le rat-taupe glabre se rencontre dans le centre et l’est
de l’Ethiopie, dans le centre de la Somalie et au Kenya.
Une monarchie souterraine
L’eusocialité est la règle chez les fourmis
et chez certaines guêpes ou abeilles. Dans une organisation
eusociale, il existe des individus spécialisés dans
la reproduction et d’autres chargés de différentes
taches : récolte, défense, nourrice…
En outre, plusieurs générations vivent ensemble et
forment une colonie.

Des ouvriers en train de creuser
un tunnel. By Meshmar 2
On pensait que ce mode de vie n’existait pas chez les mammifères.
Or, au début des années 1980, le biologiste américain
Richard Alexander, avec l’aide de la scientifique Jennifer
Jarvis, a découvert que le rat-taupe glabre fonctionnait,
comme certains insectes, selon un système social basé
sur les castes.
Cette chercheuse de l’Université du Cap, en Afrique
du Sud, avait déjà remarqué que les rats-taupes
coopéraient entre eux.
Elle arriva à démontrer que la rat-taupe glabre était
bien une espèce eusociale. Les colonies ne comportent qu’une
seule femelle reproductrice appelée la reine.
Seule la reine et quelques mâles se reproduisent.

By Saveena (AKA LH Dugger)
Elle allaite les jeunes dont l’élevage est ensuite
assuré par les femelles non reproductrices.
On pense que, comme les insectes, la reine produit dans son urine
une phéromone, substance chimique qui inhibe les capacités
reproductrices des autres femelles.
Quand elle meure, une des femelles non reproductrices retrouve
un cycle ovarien normal et prend la place de cette dernière.
Un régime de castes
Les sociétés de rats-taupes glabres sont généralement
composées de 20 à 30 individus, même si des
colonies de 100 individus ont été signalées.
La hiérarchie comprend un petit groupe de mâles non-ouvriers
qui forme la « cour » de la reine.
Tous les autres mâles et femelles sont des ouvriers.

By Saveena (AKA LH Dugger)
Les ouvriers sont de plus petite taille que la reine. Les courtisans,
eux, passent tout leur temps auprès de la reine qui ne sort
de la chambre d’élevage que pour uriner et déféquer.
L’activité des ouvriers comprend la recherche de nourriture
et le creusement des tunnels. Ils ne travaillent que le matin et
en fin d’après-midi pour éviter les trop fortes
chaleurs.
La construction d’une galerie fait intervenir le travail
d’une équipe bien coordonnée.

Illustration © Angela Hartgreaves
Le premier ouvrier « le mineur » creuse le tunnel.
Le second ouvrier récupère les déblais qu’il
évacue derrière lui et ainsi de suite jusqu’au
dernier ouvrier de la chaîne, préposé à
l’évacuation de la terre à l’extérieur.
Mineurs, pousseurs et préposés à l’évacuation
sont remplacés régulièrement par d’autres
membres.
Le trou de sortie reste toujours ouvert et des déblais sont
continuellement éjectés. L’entrée d’une
galerie active fait ainsi penser à un volcan en éruption.

By Scaparius
Une société peut occuper un réseau de 300
mètres de galeries qui rayonnent au départ d’une
vaste chambre commune.
La reproduction du rat-taupe glabre
La reine choisit son partenaire sexuel parmi les mâles non-ouvriers.
Les nouveau-nés sont aveugles et glabres.
En captivité, une reine peut donner naissance, par an, à
4 ou 5 portées d’une douzaine de jeunes en moyenne.
Ce chiffre peut atteindre 27 ce qui est un record pour un mammifère.
Les jeunes sont soignés par les ouvrières qui leur
procurent chaleur et nourriture. Elles les alimentent avec des morceaux
de tubercules.
Les jeunes se développent très lentement et n’ouvrent
les yeux qu’après quelques semaines. Ils atteignent
leur taille adulte au bout d’un an.
Cependant, ils commencent leur vie d’ouvrier juste après
le sevrage, vers un ou deux mois.
V.B (26.03.2006). M.à.J 04.2008
Classification
Règne: Animalia
Phylum: Chordata
Sous-phylum: Vertebrata
Classe: Mammalia
Sous-classe: Theria
Infraclasse: Eutheria
Ordre: Rodentia
Sous-ordre: Hystricognatha
Infra-ordre: Hystricognathi
Famille: Bathyergidae
Genre: Heterocephalus
Espèce: Heterocephalus glaber
Bibliographie principale et crédit photographique
Le rat-taupe, Editions Marshall Cavendish 1994
Mammifères
de l'Afrique Australe, Gus Mills et Lex Hes, Editions Könemann
1999
Les photos, sauf copyright, sont sous licence creative commons
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