Le 3 juillet 1608, quelques Français conduits
par Samuel de Champlain gravissent pour s’y
installer un escarpement qui domine le Saint-Laurent
: l’endroit, planté de noyers, est
appelé « Québec » par
les Indiens.
Jacques Cartier avait tenté en vain, entre
1534 et 1543, de s’implanter au Canada en
vue d’une colonisation.
Ces nouveaux pionniers retrouvent d’ailleurs
au même endroit l’ancien campement
baptisé Stadacone par Cartier.
Les premiers habitants de Québec vont connaître
le dur climat de l’hiver et la famine. 20
d’entre eux seront décimés
par le scorbut et ce sont les liens qu’ils
vont créer avec les Indiens qui les sauveront.
Aujourd’hui, la communauté francophone
de la Confédération canadienne est
toujours aussi attachée à sa langue
maternelle.
Le Québec français
En 1601, Champlain est nommé par Henri IV « cosmographe
(géographe) royal ». Ce jeune homme
de 31 ans a le goût de l’exploration
et une science de la cartographie.
En 1609, les Indiens Algonquins et Hurons reprennent la guerre
contre leurs ennemis, les Iroquois. Pour consolider les liens que
Champlain avait établi avec eux lors de son arrivée,
il décide de les suivre.
C’est là qu’il découvre « la mer
des Iroquois », un immense lac qui porte aujourd’hui
son nom.
Sur les rives, il participe à un combat entre tribus rivales.
Grâce aux arquebuses des Français, les Algonquins remportent
la victoire.
Samuel de Champlain
(Bibiothèque nationale, Paris)
En 1613, les Français fondent une compagnie commerciale
pour l’exploitation de l’Amérique française.
C’est Champlain qui en a la direction. Il se sent également
investi d’une responsabilité spirituelle. Pour évangéliser
les « sauvages », il fait venir de France des religieux
récollets. Avec quatre d’entre eux, il part pour une
nouvelle exploration qui le mène près des Grands Lacs
(rive nord-est du lac Huron ; traversée du lac Ontario).
Il continue à aider ses alliés contre les Iroquois.
Français contre Anglais
En 1628, la France est en guerre contre l’Angleterre. Les
Anglais sont venus aider les protestants de La Rochelle assiégés.
Les Anglais ont, eux aussi, des intérêts en Amérique.
Ils projettent d’anéantir les établissements
français au Canada.
Le 10 juillet 1628, leur flotte vient menacer Québec mais
Champlain organise une résistance qui les oblige à
reculer.
Ils reviennent l’année suivante. Cette fois, les Français
sont obligés de capituler.
Lac Moraine à plus de 1 500
m d'altitude fait partie du Parc des montagnes rocheuses
De retour en France, Champlain arrive à convaincre Richelieu
de l’importance d’une présence française
au Canada.
Richelieu obtient de l’Angleterre, au traité de Saint-Germain
(1632), la restitution du Canada.
Une nouvelle compagnie de commerce est créée, la
compagnie des Cent-Associés. Champlain meurt en 1635.
Le Canada francophone
La colonisation française au Canada a été
beaucoup plus lente et moins importante que celle des Anglais.
Vers 1 800, on comptait 55 000 Français contre 1 500 000
Anglais.
Le traité d’Ultrech en 1713 a provoqué l’exode
des Acadiens vers le Québec et la Louisiane dont la terre
est devenue anglaise.
Le traité de Paris en 1763 a coupé tous les liens
pendant deux siècles entre les colons du Canada et la France.
En 1926, le Canada devient indépendant. C’est dans
les années 1960 que le particularisme québécois
a pris une dimension politique.
Cette caractéristique est devenue célèbre avec
la fameuse phrase du Général De Gaulle : « Vive
le Québec libre ! », prononcée le 24 juillet
1967.
Le voyage du Général De Gaulle avait pour but la
visite de l'Exposition Internationale de Montréal. Mais,
dès son arrivée, la foule explose. Les pancartes sont
brandies et de Québec à Montréal, le chef d'Etat
est acclamé. C'est dans cette ambiance survoltée qu'il
se laisse emporté par l'immense élan d'amour de la
foule. Le Général s'envole dans une escalade de mots:
"Vive Montréal ! Vive le Québec ! Vivre le Québec
libre ! Vive le Canada français ! Vive la France !".
Discours du Général
De Gaulle en 1967
Ce discours a fait d'un voyage anodin un véritable évènement
international soulevant dans le monde des sentiments de stupéfaction
mais aussi de fureur. La protestation est venue immédiatement
d'Ottawa et le Général a écourté son
séjour.
En mai 1974, est votée la « loi 22 » qui fait
du français la seule langue officielle de la province.
En 1976, le Parti québécois remporte les élections.
Mais, lors d’un référendum sur l’indépendance,
en 1980, le « non » l’emporte.
Cependant, en 1989 la communauté francophone a vivement
réagit à une éventuelle modification de la
« loi 22 ». Ils ne voulaient pas du bilinguisme obligatoire.
Cette réaction montre que l’intégration des
six millions de francophones au Canada n’est toujours pas
réglée.