Furet . Putois
Le
nom du putois (Mustela putorius) vient
du verbe « puer » en ancien français.
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Le
putois vit surtout dans les plaines boisées
humides et les steppes d’Europe, d’Asie
et d’Amérique. Le putois est un mammifère carnivore de la famille des Mustélidés à laquelle appartiennent également la loutre, le blaireau, le glouton, le ratel ou la martre. Il existe plusieurs espèces de putois. L'espèce la plus répandue est le putois d'Europe (Mustela putorius).
Putois d'Europe. By Nick Lawes Le
putois est un solitaire, discret et furtif. Le
jour, il loge dans des cavités ou dans des
terriers. Comme tous les membres de la famille, le putois possède une solide mâchoire. Les canines perçantes et les carnassières coupantes rendent sa morsure mortelle.
By Nick Lawes Le putois possède cinq orteils munis de griffes non-rétractiles qui laissent des empreintes distinctes sur le sol. S’il est en danger, le putois glousse, siffle, gronde et lance des cris puissants.
« II court, il court... » Rendu célèbre par la chanson populaire, le furet est en fait une forme domestiquée de putois. Putois et furets peuvent être différenciés par une étude du crâne. Celui des furets présente un resserrement crânien juste derrière les yeux.
Crânes du putois et du furet (Illustration © Rachel Lockwood) Décrit au IVe siècle avant Jésus-Christ par le Grec Aristote, le furet est une sous-espèce de putois dont les talents de chasseur semblent avoir été utilisés par l'homme depuis au moins 2000 ans.
Furet. By s+AT Ainsi
au début de notre ère, il aurait
été introduit aux îles Baléares
afin de lutter contre les populations proliférantes
de lapins, et pour la même raison en Nouvelle-Zélande,
au début de ce siècle. Mieux vaut également bloquer toutes les issues du terrier par des filets sans quoi le furet s'échappe et se réadapte vite à la vie sauvage. Lorsque des furets sauvages s'accouplent avec des putois, ils produisent des hybrides fertiles, appelés « furets putoisés », au pelage très clair car le furet est souvent albinos: son poil est blanc et ses yeux sont rouges.
Furet albinos. By Isa Costa Le
furet est maintenant considéré comme
un NAC (Nouveaux Animaux de Compagnie). C’est
un animal joueur et peu agressif. Un furet peut vivre jusqu’à 14 ans.
Des oeufs sur le plat pour ce furet. By Harlequeen La castration n'est pas obligatoire pour les mâles. Elle permet néanmoins de réduire considérablement l'odeur du furet, surtout au moment du rut. La stérilisation des femelles, non destinées à la reproduction, est obligatoire sinon l’animal peut être atteint d'hyperœstrogenie (aplasie médullaire). Cette maladie est souvent mortelle.
Plus
lourds et plus trapus que la belette et l'hermine,
les putois recherchent des milieux ouverts et
apprécient la proximité de l'eau
ou les terrains humides. Parmi eux, les prédateurs des steppes et des prairies ont énormément pâti de la transformation de leur habitat naturel; le putois marbré (Vormela peregusna), par exemple, a décliné dans de nombreuses zones steppiques d'Asie Centrale et de la Russie sous l'action de l'urbanisation, de la déforestation et du développement des exploitations céréalières.
Putois d'Europe. By law keven Seul putois vivant sur le continent américain, le putois à pieds noirs (Mustela nigripes) a quant à lui souffert de l'élimination des chiens de prairies par les fermiers du Middle west. En 1920, plus de 500 000 individus vivaient dans les plaines d'Amérique du Nord. L'extermination des chiens de prairie a entraîné leur quasi-extinction. une petite population trouvée en 1985 a permis sa reproduction en captivité. Il reste cependant très menacé d'extinction. Moins spécialisé, le putois européen est surtout amateur de forêts et de broussailles, jusqu'à 2000 m d'altitude. Cette espèce particulièrement opportuniste sait diversifier son menu en se nourrissant de lièvres comme de vers de terre, et cette souplesse lui a valu de se développer sans encombre dans des milieux exploités par l'Homme: il apprécie les granges abritant des souris, au proche voisinage des faubourgs urbains.
Le
putois n’utilise sa sécrétion
nauséabonde quand cas de danger. Il peut
diriger ses projections de façon très
précise jusqu'à une distance de
3 m.
Etre prédateur suppose savoir prendre des risques. Les carnivores privilégient généralement la qualité et, du fait, passent leur vie dans un état de stress, partagés entre les dangers de la chasse et la menace de la privation. Il convient donc d'effectuer le bon choix: s'attaquer à des proies faciles à trouver mais qui souvent savent se défendre. Quel que soit le cas de figure, chasser représente pour le prédateur une immense dépense de calories, devant être fréquemment renouvelée pour rassasier une énergie fugace. Aussi meurtriers que les félins, par exemple, les Mustélidés sont maîtres en la matière.
On peut admirer la dentition de cette famille sur ce furet. By theogeo Les putois sont essentiellement des chasseurs solitaires, passant beaucoup de temps à suivre leur proie avant de l'attaquer. Ils chassent rarement en équipe et même lorsque plusieurs jeunes d'une même portée partent se ravitailler ensemble, ils n'emploient pas les stratégies de groupe propres aux chasseurs en meute comme les loups ou les lions. Les gros gibiers tel le lapin sont donc entrepris «en solo» et au prix d'un grand risque. Le putois européen consomme un peu tous types de proies, notamment des amphibiens et poissons puisqu'il vit souvent au bord de l'eau et se montre charognard à l'occasion. Cependant, son gibier préféré est le lapin. Dans les zones où le lapin est absent, le putois le remplace par une proie équivalente, comme le surmulot en Russie ou le spermophile en Asie pour le putois d’Eversmann (Mustela eversmannii). Le putois est capable de creuser jusqu'à un mètre sous la neige pour capturer un crapaud en train d'hiberner. D'instinct, il n'en consommera que la partie postérieure afin d'éviter les glandes à venin de l'amphibien.
By Nick Lawes Le
putois fait surtout appel à son odorat
pour chasser. La recherche est active et demande
une grosse consommation d’énergie. L'attaque est très rapide: une seule morsure
à la base du crâne tue en quelques
secondes les petites proies. Avec une proie plus
volumineuse, de la taille d'un gros rat ou d'un
lapin, la mise à mort est plus longue.
Le putois est un excellent chasseur. By Law Keven Les
putois stockent leurs proies en constituant, à
proximité de leurs abris, de vraies réserves
de cadavres. On a noté qu'après
la capture d'une première proie, le mâle
continue de chasser ajoutant 3 ou 4 autres proies
à son tableau de chasse.
Le domaine vital d’un mâle est plus important et dépend de l’abondance des proies. Il peut atteindre 100 hectares au Pays de Galles ou 2 500 hectares en Russie. Mâles
et femelles sont tolérants entre eux mais
les mâles défendent leur domaine
contre les autres prétendants.
Un furet très détendu. By The Wicked Soul A la saison des amours, les mâles circulent en dehors de leurs frontières en quête de femelles consentantes. La
parade et l’accouplement sont longs et brutaux.
Saisissant la femelle entre ses pattes et la mordant
au cou, le mâle ne la lâche pas pendant
le coït qui dure en moyenne une heure. La femelle met bas une fois par an, en juin-juillet, après une gestation de six semaines. Sa portée compte de trois à sept petits mesurant six à sept centimètres et couverts d'un duvet ras et blanchâtre. Ils tètent au moins un mois mais mangent de la viande apportée par la mère dès l'âge de trois semaines. À trois mois ils atteignent la taille des adultes qui vivent environ cinq ans en liberté.
Considérés
comme nuisibles, les putois sont en grand danger.
Aucune mesure de protection n’a été
prise.
Un furet bien installé. By Foxtongue On
les accuse d’attaquer les poulaillers. A
ce titre, on peut voir des sinistres gibets de
putois en Nouvelle-Zélande. V.B (14.10.2006)
Règne
: Animalia
Le Blaireau. Collection Marshall Cavendish 1994
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