Le puma est l’un des plus gros prédateurs
carnivores du continent américain.
Le puma (Felis concolor) est également appelé couguar
ou lion des montagnes. Vous serez sans doute surpris
de savoir que votre chat fait partie de la même
famille que cet imposant animal. Baptisé
le « lion » des Amériques, le
puma règne sur les monts neigeux du Canada
jusqu’aux rives de la Terre de feu.
Les petits félidés
Le puma ainsi que 27 autres espèces sont regroupés
dans une famille distincte de celle des grands félins d’Afrique
: Felis felidae. On y trouve notamment le chat domestique et les
chats sauvages, l’ocelot, le jaguarondi, le serval …
Les particularités de cette famille les distinguent des
grands félins du genre des panthérinés (lion,
tigre, guépard, jaguar …).
L’os des petits félidés est totalement ossifié.
Cette rigidité restreint leurs possibilités vocales.
De ce fait, ils ne rugissent pas mais ronronnent en inspirant.
Le puma grogne, feule ou ronronne mais ne rugit pas.
Le puma tient son nom d’un mot quechua, peuple des Andes
qui vivait au Pérou à l’époque des Incas.
Pourtant, c’est en Amérique du Nord, que l’on
a retrouvé les plus anciens fossiles datant d’il y
a 300 000 ans.
Cela démontre que ce mammifère a d’abord colonisé
le nord de l’Amérique pour progressivement descendre
vers le sud en passant par l’isthme de Panama.
D’autres fossiles d’un félidé proche
du puma ont été découverts aux Etats-Unis.
Cette espèce baptisée Felis Inexpectata était
trois fois plus grande que le puma. Les fossiles datent de 2,5 millions
d’années à 500 000 ans.
Aucune filiation n’a pu être établie mais on
sait que les deux espèces ont cohabité.
Portrait du puma
Le puma est doté d’une force exceptionnelle pour un
petit félidé. Traqué par les hommes, il ne
prospère que dans les zones les plus reculées.
Pourtant, il est bien obligé de pénétrer sur
le territoire occupé par les humains pour y chasser. De ce
fait, il se montre d’une extrême prudence et d’une
très grande efficacité. Ses attaques surprises sont
couronnées de succès dans 90% des cas.
L’homme ne lui laisse pas le droit à l’erreur.
Le puma est le plus gros chat du monde. Il mesure
jusqu'à 2 mètres pour un poids
maximum de 120 kg. La femelle est
plus petite que le mâle.
On le trouve en
Amérique du Sud, au Canada, aux Etats-Unis
et en Amérique Centrale. Il peut vivre
jusqu’à 4 000 m d’altitude.
C’est un animal très polyvalent qui
supporte tous les milieux naturels. Cependant,
sa prédilection va aux zones boisées.
C’est d’ailleurs un excellent grimpeur.
Il sait se contenter
de peu ; un point d’eau ainsi qu’un
toit, de préférence minéral
lui suffisent. Son domaine est assez réduit
et va de 50 à 85 km² mais peut largement
s’étendre si ses proies migrent.
Il exploite d’ailleurs son territoire avec intelligence.
Très mobile, il couvre de grandes distances chaque jour sans
avoir de gîte précis. Son exploration s’effectue
par zones en une sorte de rotation.
Le puma est capable d’effectuer des bonds
prodigieux à plusieurs mètres de
haut. A cet effet, ses membres postérieurs
sont nettement plus longs que ses membres antérieurs.
On a mesuré un saut de 12 m grâce
à des traces dans la neige.
Sans élan, un puma peut effectuer un bond
de 4 m.
Des ligaments, couplés à des muscles
extenseurs et fléchisseurs, lui permettent
de rétracter et sortir ses griffes.
Les teintes de son pelage varient d’une région à
l’autre. Un pelage brun roux est caractéristique d’un
puma qui vit dans les zones tropicales, tandis que celui d’un
puma des zones septentrionales est bleu gris. Les pumas à
fourrure noire sont très rares.
Comme les chats, les pupilles du puma s’adaptent
par contraction et dilatation à tous les
éclairages.
Le couguar : un prédateur efficace
Les proies préférées du couguar sont les cervidés,
du grand wapiti canadien au petit poudou des Andes. En période
de disette, il se contente de lièvres et petits rongeurs. C'est un grand amateur de cerfs de Virginie, d'élans et de rennes.
Il préfère chasser au crépuscule pour bénéficier
de l’effet de surprise.
Le couguar s’approche silencieusement de
sa proie afin d’être à bonne
portée pour bondir. Il peut fondre sur
ses proies à plus de 70 km/h.
Comme tous les petits félins, il pratique
l’affût. C’est un maître
de l’embuscade. En quelques bonds, il se
retrouve sur le dos de sa victime. Le choc est
si puissant qu’en principe l’animal
meurt la nuque brisée. Si ce n’est
pas le cas, le couguar l’achève d’un
coup de patte ou en lui enfonçant ses crocs
dans la gorge.
Fin gourmet, il dévore en premier le museau et les entrailles
puis cache le reste de son repas qui le nourrira plusieurs jours.
Sa force lui permet de traîner de très grosses proies
et de les dissimuler sous un tapis de végétaux.
Un puma adulte a besoin d’environ 2 kg de viande par jour.
La reproduction du puma
Dans son milieu naturel, la longévité d’un
puma est assez courte, environ 20 ans. De ce fait, le mâle
atteint sa maturité sexuelle dès 3 ans.
Ce solitaire se montre au moment des amours particulièrement
démonstratif et tendre. Ce sont les femelles qui attirent
leurs partenaires en urinant et en émettant de longs appels
aigus.
Si plusieurs mâles répondent à ces appels,
un combat est inévitable. Les deux partenaires entament un
cérémonial, en se frottant et se reniflant.
L’acte sexuel est bref mais répété. Un
puma peut ainsi consommer une soixantaine de coïts par jour.
Le couple reste ensemble quelques jours, partageant le même
gîte puis le mâle retourne à sa vie de nomade
solitaire.
Après une gestation d’environ trois mois, la femelle
met au monde 3 petits en moyenne. A la naissance, les jeunes sont
aveugles la première semaine et ne mesurent que 30 cm.
Leur fourrure est tachetée ; ces tâches disparaissent
au bout de 6 mois.
Les petits mangent de la viande dès l’âge de
six semaines mais ne seront sevrés que vers 3 mois. C’est
entre 18 mois et 24 mois, qu’ils devront se débrouiller
seuls.
Leur mère est très attentionnée et les protège
des prédateurs mais aussi des autres pumas. En effet, si
un mâle découvre les petits, il n’hésitera
pas à les tuer pour que la femelle soit rapidement fécondable.
En quittant leur mère, les jeunes restent ensemble quelques
temps avant de conquérir leur propre territoire.
Zoom sur l’habitat du puma
Depuis des centaines de milliers d’années, le puma
chasse dans l’univers glacé des montagnes rocheuses.
Résistant à toutes les saisons, le puma prédateur
suprêmement efficace et adaptable, possède toutes les
armes pour la survie.
Chassé par l’homme, il s’est réfugié
dans cette région inaccessible où l’hiver peut
durer 9 mois. Il partage son territoire avec l’ours baribal.
Le long de la côte déchiquetée du Pacifique
nord, la forêt tropicale humide des massifs côtiers
rencontre l’eau froide de l’océan.
Malgré son éloignement des rocheuses et du désert
brûlant, elle est aussi une terre d’accueil pour le
puma.
Là où la terre rencontre la mer, est né un
monde aux merveilles incomparables. Au sommet des massifs côtiers,
l’été offre un bref prélude et chacun
s’empresse d’emmagasiner de la graisse pour l’hiver.
Avec sa végétation luxuriante, la
forêt rivalise avec sa cousine amazonienne.
Pour les jeunes pumas, cette forêt regorge de promesses mais
aussi de dangers.
Le puma est à l’aise partout. Ni la chaleur tropicale,
ni l’enneigement extrême ne semblent le gêner.
C’est sous l’égide des Nations Unis que s’est
créé le parc national de Torres del Paine, au sud
du Chili.
Cette petite réserve de Patagonie, d’une surface de
2 500 km², est le fruit d’un programme exemplaire de
conservation de la faune animale.
Ce parc est la zone d’habitat la plus australe du puma. Bien
que la topographie ne soit pas idéale, ce félin s’y
est parfaitement bien adapté.
La morphologie des spécimens y prospérant s’est
renforcée pour faire face au climat rigoureux.
A tel point que plusieurs scientifiques considèrent désormais
qu’il s’agit là d’une nouvelle sous-espèce
de Felis concolor.
L’avenir du puma
La situation du puma en Amérique du Nord est très
fragile. Bien que sa peau ne soit pas utilisable, il a été
chassé et continue à l’être.
Les éleveurs l’accusent de tuer du bétail et
n’hésitent pas à louer les services de chasseurs
de primes.
De véritables exterminations ont eu lieu. Cette pratique
est aujourd’hui interdite aux Etats-Unis sauf au Texas.
Abattage, dépeçage ou destruction de l’habitat,
la population de pumas a diminué, seulement en Floride, de
plus de 30%. La situation est si grave que le puma a quasiment disparu
des régions d’Amérique de l’ouest où
il était autrefois abondant.
Dans les Everglades, vivait une sous-espèce de puma, Felis
concolor coryi, qui a été protégée à
partir de 1958. Mais l’assèchement des marais a conduit
à son extinction. Aucun puma n’a été
vu dans cette région depuis 1991. Des tentatives de réintroduction
sont en cours mais sans résultat probant pour le moment.
En Amérique Centrale et du Sud, la cordillère des
Andes et les forêts tropicales offrent encore des refuges
pour les populations de pumas. Mais, le déboisement intensif
risque, une fois de plus, de menacer cette espèce.