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Une morphologie qui donne des
indices
Les fossiles retrouvés montrent que les
ptérosaures femelles possédaient
un bassin étroit. Cette caractéristique
exclue la viviparité (animal dont l’œuf
se développe au sein de l’organisme
et qui donne naissance à un jeune déjà
formé).
En effet, avec un tel bassin, les petits auraient
certainement été mal formés.

Pterodactylus
Kochi des calcaires de Bavière
On peut donc en conclure que les ptérosaures pondaient des
œufs et les incubaient comme le font nos oiseaux actuels.
Alimentation des ptérosaures
Pour pouvoir avancer des théories sur la manière
dont les adultes nourrissaient les jeunes, il nous faut tout d’abord
connaître le mode d’alimentation des Ptérosaures.
Les crânes fossilisés apportent de nombreux indices
voire des preuves de leurs habitudes alimentaires.
Les becs, différents d’une espèce
à l’autre, nous donnent une bonne
idée de leur régime alimentaire.

Illustration © Mark Whythe
Par exemple, Pterodaustro
filtrait sa nourriture grâce à son
bec muni de « soies » qui mesuraient
jusqu’à 4 cm. Animaux minuscules
et plancton se retrouvaient pris au piège.

Pterodaustro ©
John Sibbick 2002 L'encyclopédie des Dinosaures
Certains ptérosaures étaient piscivores
comme Rhamphorhynchus,
d’autres insectivores comme Anurognathus.

Reconstitution
de Rhamphorhynchus. Il a une poche sous la gorge
qui pouvait lui servir à stocker les poissons.
Parc préhistorique américain. ©
Terra Nova
Des ptérosaures charognards ?
Certains paléontologues ont avancé
l’hypothèse que Quetzalcoatlus
n’était pas un chasseur mais un charognard.
Certains ont même été jusqu’à
envisager qu’il se servait de son bec pour
arracher des lambeaux de chaire à des cadavres.
Il possédait un puissant bec édenté d’un
mètre de long, des ailes d’une envergure de 11 m au
minimum et une vue perçante.
Alors, un super vautour du Crétacé
?
Cette théorie demande à être
confirmée. Le fait que l’on ait retrouvé
des fossiles, d'ailleurs très fragmentaires,
à l’intérieur des terres ne
signifie nullement qu’il ne se nourrissait
pas de poissons.

Illustration
de Quetzalcoatlus. By Mark Witton Licence
En effet, les fossiles sont insuffisants pour
établir une théorie sur le mode
de vie de ce ptérodactyle. De plus, son
cou était très peu mobile ce qui
va à l’encontre du ptérosaure
charognard.
Il est plus probable que Quetzalcoatlus saisissait poissons et
animaux à la surface de l’eau ou du sol.
L’alimentation des petits
Si l’on part du principe que les ptérosaures étaient
à sang chaud, ils incubaient certainement leurs œufs.
A l’éclosion, les jeunes devaient être dépendants
de leurs parents pour se nourrir.
Le fait que certains fossiles remarquablement bien conservés
montrent que le corps de certaines espèces était recouvert
d’une sorte de fourrure plaide pour la théorie des
ptérosaures à sang chaud.

Sordes pilosus
était recouvert d'une fourrure assez épaisse
sur tout le corps. By Mark
Witton Licence
En se basant sur tous ces indices, on peut en
déduire que les ptérosaures avaient
besoin de s’alimenter régulièrement
comme tous les animaux à sang chaud. Les
piscivores comme Pteranodon
nourrissaient leurs petits par régurgitation.
Ils pêchaient en mer, conservaient dans
leur poche une partie de la nourriture pour pouvoir
la régurgiter.
D’après les fossiles, c’est l’hypothèse
la plus probable.
Les insectivores devaient tout simplement transporter des morceaux
de nourriture dans leurs becs.

Anurognathus. Un insectivore. By
Mark Witton Licence
Des nids d’aigles ?
Toutes les illustrations nous montrent des ptérosaures qui
s’occupent de leurs petits dans des nids inaccessibles car
construits sur des falaises.
Si cette théorie est sans doute valable pour les grandes
espèces, elle est moins évidente pour les plus petites.
Pondre des œufs sur le haut des falaises a trois avantages
:
- Les nids sont inaccessibles aux prédateurs
- Les jeunes peuvent s’élancer pour apprendre à
voler
- Les adultes peuvent planer et profiter des courants
On constate les mêmes caractéristiques chez certaines
espèces d’oiseaux actuels.

Des ptérosaures
qui s'élancent du haut des falaises. By
Mark Witton Licence
Par contre, les petites espèces insectivores devaient plus
certainement faire leurs nids dans les arbres.
Les griffes pointues du Dimorphodon
ainsi que son cinquième doigt crochu sont
autant d’indices de ses capacités
de grimpeur.

Dimorphodon . Illustration © Mark Whythe
De plus, on a retrouvé des fossiles de ptérosaures
dans des sédiments qui correspondent à
des environnements marins mais également
d'eau douce.
Ils vivaient donc certainement dans des habitats variés.
L’apprentissage du vol
Nos oiseaux et chauves-souris (mammifères) actuels doivent avoir acquis leur
taille adulte ou presque avant de voler.
Par contre, les chercheurs pensent que les petits
des ptérosaures commençaient à
voler avant d’avoir atteint leur taille
adulte.
En effet, des fossiles de jeunes ptérodactylus
ont été retrouvés. Ils montrent
des jeunes de moins de 10 cm de long avec des
ailes bien développées.

Reconstitution
par la BBC d'un Ornithocheirus en plein vol
Ceci n’est pas une preuve formelle bien
sûr.
On ne sait pas en combien d’années
un jeune atteignait sa taille adulte. Mais, il
est probable que l’apprentissage du vol
ne pouvait être fait que par les parents.
Des parents attentifs
Il existe beaucoup de points d’interrogation sur la vie familiale
des ptérosaures. Cependant, on est sûr
que les parents n’abandonnaient pas leurs
œufs après les avoir pondus.

Reconstitution
par la BBC d'un Ornithocheirus
Ils s’occupaient de leur progéniture
et cela demandait sûrement un gros travail.
Les couples restaient-ils unis pour la vie ? Combien
d’années les jeunes restaient-ils
sous la tutelle de leurs parents ?
De nombreuses questions restent sans réponse.
Découverte d'un embryon
de ptérosaure
(juin 2004)
Des chercheurs chinois ont découvert un embryon fossile
de ptérosaure, spécimen unique à ce jour.
Le fossile étudié par Xiaolin Wang et Zhonghe Zhou
date de 121 millions d'années, période du Crétacé.
L'embryon à l'intérieur de l'oeuf, à un stade
proche de l'éclosion, a été
bien préservé : il conserve encore
les empreintes de ses ailes, des tissus de la
peau et des os. Presque complet, l'oeuf mesure
53 millimètres de long et 41 mm de large.
Le bébé ptérosaure, s'il
avait vécu, aurait appartenu au groupe
des ptérodactyloïdés. Son quatrième
doigt très allongé est une des caractéristiques
de ces animaux. L'envergure de ses ailes est de
27 centimètres, ce qui le classerait chez
des adultes de taille moyenne à large.
Le plus grand ptérodactyle adulte connu
a une envergure de 12 m.
Cette découverte confirme par ailleurs
que les ptérosauriens étaient ovipares
: ils ne donnaient pas naissance à des
êtres vivants mais déposaient leurs
œufs.
V.B (01.2004) M.à.J 06.2004
Bibliographie
L'encyclopédie des dinosaures et de la vie animale primitive.
Gallimard
L'encyclopédie des dinosaures de David Burnie
Le livre de la vie de S. Jay Gould
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