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Ptérosaures

Mode de vie et reproduction

Les ptérosaures (ordre des Ptérosauriens) étaient des Archosaures (sous-classe des Archosauriens) proches parents des dinosaures. Les premiers ptérosaures sont apparus au Trias supérieur.

Les premiers ptérosaures, plus primitifs, sont regroupés dans le sous-ordre des Rhamphorhynchoïdés. Ils se distinguent notamment par les caractéristiques suivantes:

  • Une longue queue
  • Les vertèbres du dos non fusionnées
  • Une taille plus petite

Les ptérosaures, plus évolués, regroupés dans le sous-ordre des Ptérodactyloïdés, sont apparus au Jurassique supérieur et ont survécu jusqu'à la fin du Crétacé. Ce groupe comprend des ptérosaures de grande taille comme Pteranodon ou Quetzalcoatlus.

Ils se distinguent notamment par:

  • Une courte queue
  • Un cinquième doigt court
  • Une taille plus imposante

Tous les ptérosaures ont disparu à la fin du Crétacé en même temps que les dinosaures et les reptiles marins.

Morphologie des Ptérosaures

Les fossiles retrouvés montrent que les ptérosaures femelles possédaient un bassin étroit. Cette caractéristique exclut la viviparité (animal dont l’œuf se développe au sein de l’organisme et qui donne naissance à un jeune déjà formé).
En effet, avec un tel bassin, les petits auraient certainement été mal formés.

Pterodactylus

Pterodactylus Kochi des calcaires de Bavière. © dinosoria.com

On peut donc en conclure que les ptérosaures pondaient des œufs et les incubaient comme le font nos oiseaux actuels.

Alimentation des Ptérosaures

Pour pouvoir avancer des théories sur la manière dont les adultes nourrissaient les jeunes, il nous faut tout d’abord connaître le mode d’alimentation des Ptérosaures.

Les crânes fossilisés apportent de nombreux indices voire des preuves de leurs habitudes alimentaires.
Les becs, différents d’une espèce à l’autre, nous donnent une bonne idée de leur régime alimentaire.

Pterosaures. Comparatif de cranes

Comparatif de différents ptérosaures. © Mark Whythe

Certains ptérosaures étaient piscivores comme Rhamphorhynchus, d’autres insectivores comme Anurognathus.

Pterodaustro

Zoom sur le bec d'un Pterodaustro. © dinosoria.com

Pterodaustro filtrait sa nourriture grâce à son bec muni de « soies » qui mesuraient jusqu’à 4 cm. Animaux minuscules et plancton se retrouvaient pris au piège.

Des ptérosaures charognards ?

Certains paléontologues ont avancé l’hypothèse que Quetzalcoatlus n’était pas un chasseur mais un charognard. Certains ont même été jusqu’à envisager qu’il se servait de son bec pour arracher des lambeaux de chair à des cadavres.
Il possédait un puissant bec édenté d’un mètre de long, des ailes d’une envergure de 11 m au minimum et une vue perçante.
Alors, un super vautour du Crétacé ?
Cette théorie demande à être confirmée. Le fait que l’on ait retrouvé des fossiles, d'ailleurs très fragmentaires, à l’intérieur des terres ne signifie nullement qu’il ne se nourrissait pas de poissons.

Crane de Quetzalcoatlus

Crâne de Quetzalcoatlus. By Rohirrim Raider

En effet, les fossiles sont insuffisants pour établir une théorie sur le mode de vie de ce ptérodactyle. De plus, son cou était très peu mobile ce qui va à l’encontre du ptérosaure charognard.
Il est plus probable que Quetzalcoatlus saisissait poissons et animaux à la surface de l’eau ou du sol.

L’alimentation des petits

Si l’on part du principe que les ptérosaures étaient à sang chaud, ils incubaient certainement leurs œufs.
A l’éclosion, les jeunes devaient être dépendants de leurs parents pour se nourrir.
Le fait que certains fossiles remarquablement bien conservés montrent que le corps de certaines espèces était recouvert d’une sorte de fourrure plaide pour la théorie des ptérosaures à sang chaud.

Ornithocheirus

Ornithocheirus. © dinosoria.com

En se basant sur tous ces indices, on peut en déduire que les ptérosaures avaient besoin de s’alimenter régulièrement comme tous les animaux à sang chaud. Les piscivores comme Pteranodon nourrissaient leurs petits par régurgitation. Ils pêchaient en mer, conservaient dans leur poche une partie de la nourriture pour pouvoir la régurgiter.
D’après les fossiles, c’est l’hypothèse la plus probable.

Les insectivores devaient tout simplement transporter des morceaux de nourriture dans leurs becs.

Des nids d’aigles ?

Toutes les illustrations nous montrent des ptérosaures qui s’occupent de leurs petits dans des nids inaccessibles car construits sur des falaises.
Si cette théorie est sans doute valable pour les grandes espèces, elle est moins évidente pour les plus petites.
Pondre des œufs sur le haut des falaises a trois avantages :

  • Les nids sont inaccessibles aux prédateurs
  • Les jeunes peuvent s’élancer pour apprendre à voler
  • Les adultes peuvent planer et profiter des courants

On constate les mêmes caractéristiques chez certaines espèces d’oiseaux actuels.

Par contre, les petites espèces insectivores devaient plus certainement faire leurs nids dans les arbres.

Dimorphodon

Dimorphodon . Illustration © Mark Whythe

Les griffes pointues du Dimorphodon ainsi que son cinquième doigt crochu sont autant d’indices de ses capacités de grimpeur.

De plus, on a retrouvé des fossiles de ptérosaures dans des sédiments qui correspondent à des environnements marins mais également d'eau douce.
Ils vivaient donc certainement dans des habitats variés.

L’apprentissage du vol

Nos oiseaux et chauves-souris (mammifères) actuels doivent avoir acquis leur taille adulte ou presque avant de voler.
Par contre, les chercheurs pensent que les petits des ptérosaures commençaient à voler avant d’avoir atteint leur taille adulte.
En effet, des fossiles de jeunes ptérodactylus ont été retrouvés. Ils montrent des jeunes de moins de 10 cm de long avec des ailes bien développées.

Rhamphorhynchus

Reconstitution de Rhamphorhynchus. Il a une poche sous la gorge qui pouvait lui servir à stocker les poissons. Parc préhistorique américain. © dinosoria.com

Ceci n’est pas une preuve formelle bien sûr.
On ne sait pas en combien d’années un jeune atteignait sa taille adulte. Mais, il est probable que l’apprentissage du vol ne pouvait être fait que par les parents.

Des parents attentifs

Il existe beaucoup de points d’interrogation sur la vie familiale des ptérosaures. Cependant, on est sûr que les parents n’abandonnaient pas leurs œufs après les avoir pondus.

Ornithocheirus

Reconstitution par la BBC d'un Ornithocheirus

Ils s’occupaient de leur progéniture et cela demandait sûrement un gros travail. Les couples restaient-ils unis pour la vie ? Combien d’années les jeunes restaient-ils sous la tutelle de leurs parents ?
De nombreuses questions restent sans réponse.

Découverte d'un embryon de ptérosaure (juin 2004)

Des chercheurs chinois ont découvert un embryon fossile de ptérosaure, spécimen unique à ce jour.

Le fossile étudié par Xiaolin Wang et Zhonghe Zhou date de 121 millions d'années, période du Crétacé.

L'embryon à l'intérieur de l'oeuf, à un stade proche de l'éclosion, a été bien préservé : il conserve encore les empreintes de ses ailes, des tissus de la peau et des os. Presque complet, l'oeuf mesure 53 millimètres de long et 41 mm de large.
Le bébé ptérosaure, s'il avait vécu, aurait appartenu au groupe des ptérodactyloïdés. Son quatrième doigt très allongé est une des caractéristiques de ces animaux. L'envergure de ses ailes est de 27 centimètres, ce qui le classerait chez des adultes de taille moyenne à large. Le plus grand ptérodactyle adulte connu a une envergure de 12 m.
Cette découverte confirme par ailleurs que les ptérosauriens étaient ovipares : ils ne donnaient pas naissance à des êtres vivants mais déposaient leurs œufs.

Concurrence entre ptérosaures et oiseaux ?

En 2005, une équipe sino-brésilienne a mis au jour les fossiles de ptérosaures jusque-là inconnus en Asie. Les fossiles ont été découverts en Chine dans la province du Liaoning, déjà réputée pour ses découvertes paléontologiques.

Feilongus youngi, nommé d’après le mot chinois feilong qui signifie dragon volant et Young, paléontologue chinois, est apparenté aux ptérodactyles. Nurhachius ignaciobritoi, de Nurhachi, fondateur de la dynastie Ching, et du paléontologue brésilien Ignacio Brito, est apparenté aux istiodactyles. Les deux spécimens appartiennent à des groupes connus en Europe, mais qui n’avaient encore jamais été trouvés en Asie.

Essentiellement présents sur les côtes, ces reptiles vivaient il y a environ 120 millions d’années.

Les ailes des deux reptiles avaient une envergure totale de 2,5 m. Ils ne battaient pas des ailes comme les oiseaux modernes, mais se servaient de ces ailes tendues de peau pour planer sur les courants.

D’après la distribution des fossiles de ptérosaures et d’oiseaux primitifs, les chercheurs suggèrent que les oiseaux étaient plus nombreux à l’intérieur du continent et rares sur les côtes où dominaient les ptérosaures.

V.Battaglia (01.2004) M.à.J 10.2005

Références

L'encyclopédie des dinosaures et de la vie animale primitive. Gallimard
L'encyclopédie des dinosaures de David Burnie
Le livre de la vie de S. Jay Gould
Pterosaur diversity and faunal turnover in Cretaceous terrestrial ecosystems in China. Xiaolin Wang, Alexander W. A. Kellner, Zhonghe Zhou & Diogenes de Almeida Campos
Nature 437, 875-879 doi:10.1038/nature03982

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