Les devises de la prophétie des
papes
Les
111 devises latines débutent avec Célestin
II (1143-1144) pour finir avec un pape encore
inconnu qui sera celui qui succèdera à
Benoît XVI.
Il
est certain que l’on peut toujours en fouillant
un peu trouver une corrélation plus ou
moins évidente entre une description et
le pape concerné. Cependant, si certaines
devises sont hermétiques, d’autres
sont remarquablement exactes.
Si cette prophétie a fait couler autant
d’encre c’est que les « coïncidences
» sont nombreuses et donc troublantes.
Il
est impossible de toutes les reproduire mais vous
trouverez ci-dessous une partie de cette liste.
Montium custos (le Gardien des monts)
: le blason d’Alexandre VII (1655-1667)
était timbré de trois collines surmontée
d’une étoile.
Rosa Umbriae (la Rose de l’Ombrie)
: Clément VII (1758-1769) officia
en Ombrie, dont l’emblème est une
rose, avant de devenir pape.
Ursus velox (l’Ours veloce) : Clément XIV (1769-1774) avait les armes
de sa famille timbrées d’un ours
courant.
Peregrinus apostolicus (le Voyageur apostolique)
: Pie VI (1775-1799) passa les dernières
années de sa vie à fuir les conséquences
politiques de la Révolution française.

Pie
VI peint par Pompeo Batoni, 1775
Aquila rapax (L'aigle rapace ou l'aigle
ravisseur) : Pie VII (1800-1823). Il
fut emprisonné à Fontainebleau par
Napoléon Ier le 19 juin 1812, l'aigle rapace,
qui le séquestra et l'obligea de signer
le Concordat le 25 janvier 1813.
De balneis Etruriae (Venu des bains d’Etrurie)
: Grégoire XVI (1831-1846) officia
en Etrurie avant d’accéder au trône
pontifical.

Grégoire
XVI
Crux de cruce (La croix (venant) de la
croix) : Pie IX (1846-1878). Ce pape
eût à supporter la croix de la persécution
lors de la révolution italienne (le Risorgimento)
et cette révolution était dirigée
par la maison de Savoie qui porte une croix dans
ses armoiries.
Lumen in caelo (La lumière dans
le ciel) : Léon XIII (1878-1903).
Ce pape appartenait à la famille des Pecci
dont les armes représentent une comète
dans un ciel d'azur.
Ignis ardéns (le feu ardent),
devise de Pie X (1903-1914), a reçu plusieurs
explications. Ce pape fut élu en la fête
de saint Dominique (le 4 août) dont l'ordre
porte pour écusson une torche ardente,
allusion à une vision que sa mère
eut en songe alors qu'elle le portait dans son
sein.

De
plus, en tant que cardinal il était titulaire
á Rome de l'église Saint-Bernard-aux-Thermes,
et cette église avait été
bâtie sur l'emplacement même du caldarium
des thermes de Dioclétien, qui durant toute
l'Antiquité n'avait été qu'une
fournaise ardente.
Cette
devise fait aussi penser á la Grande Guerre
qui débute sous son pontificat. Pie X avait
prévu le conflit et même fait allusion
á la prophétie de Malachie, à
laquelle il croyait, en confiant à l'un
de ses proches
« Après ma mort, c'est vraiment qu'il
y aura Religio depopulata, la chrétienté
sera dépeuplée. »
Religio depopulata (la Religion dévastée)
: Benoît XV (1914-1922) dont le
pontificat embrassa la Première guerre
mondiale et assista à l’épidémie
mondiale de la grippe espagnole.
Une fois de plus les foules trouvaient dans l'antique
prophétie une explication à leurs
angoisses.

Le
pape Benoît XV
Dans celle de Pie XI, Fides intrepida
(la foi intrépide), on se plut
á voir le pape des missions lointaines
et de l'action catholique, preuves d'une foi intrépide.
Pastor angelicus (Le Pasteur angélique)
: Pie XII (1939-1958) fut un fervent
disciple de Saint Thomas d’Aquin, traditionnellement
surnommé le « Docteur angélique
». Ce pontife visionnaire et mystique auquel
la Vierge serait apparue et qui proclama le dogme
de l'Assomption méritait bien cette appellation
flatteuse.

Pie
XII
Pastor et nauta (le pasteur et le pilote) fut celle de Jean XXIII (1958-1963). Archevêque
de Venise, il fut aussi le pilote de l'Église
et son pasteur en lui donnant le coup de barre
décisif quand il convoqua le concile de
Vatican II qui allait l'engager dans des voies
nouvelles.

Tombeau
de Jean XXIII, dans la crypte de Saint-Pierre,
à Rome
Flor florum (la Fleur des fleurs) : Paul VI (1963-1978) avait une fleur de lis dans
ses armes personnelles. Ce pontife était
en effet natif de Florence, ville qui porte un
lys dans son blason, lequel, en héraldique,
est appelé la « fleur des fleurs
».
De medietate lunae (De la demi-lune) se rapporte à Jean-Paul Ier (1978) qui
ne fut pape que 33 jours. Il mourut le 28 septembre,
approximativement au milieu du mois lunaire marqué
par les pleines lunes du 16 septembre et du 16
octobre.
Celle-là est difficile à interpréter.
Au moment de son élévation sur le
trône de Pierre, certains firent remarquer
qu'elle visait la première partie de son
nom, Lu, c'est-à-dire la moitié
de la lune.
Mais sa mort subite, au bout d'un mois seulement
de pontificat, frappa les esprits et on crut que
la prophétie évoquait plutôt
son très court règne et sa mort
solitaire, dans le silence de la nuit, sous le
signe de l'astre lunaire.

Peut-être annonce-t-elle aussi le règne
suivant dont celui-ci aurait été
la brève préparation, le règne
du soleil qui fait suite á celui de la
lune.
Le
pape qui fut choisi ensuite ne prit-il pas le
même nom que son prédécesseur,
ajoutant ainsi à la complémentarité
des deux devises ?
De labore solis (Du labeur du Soleil) s’applique à Jean-Paul II (1978-2005).
Peut-être une référence au
très long pontificat et au souhait de Jean-Paul
II de construire une nouvelle ère de la
chrétienté ?

Il est indéniable qu’il a œuvré
avec patience pour redonner tout son éclat
à cette religion dans le monde.
De plus, Jean-Paul II était un pèlerin
infatigable qui a œuvré inlassablement
dans toutes les parties du monde.
La dernière sentence et l’Apocalypse
de saint Jean
La
dernière sentence, la 111e, De gloria olivae
(de la gloire de l'olive), est plus énigmatique
encore.
Cette
111e sentence s’applique donc au nouveau
pape élu le 19 avril 2005 qui a pris le
nom de Benoît XVI.
Depuis
son élection, les interprétations
sur la devise le concernant ont fleuri sur le
Net. La plupart ne m’ont pas convaincu car
vraiment trop « tirées par les cheveux
».
Une seule a retenu mon attention : les branches
d’olivier seraient le symbole de l’ordre
de saint Benoît en référence
à saint Benoît fondateur de l’ordre
bénédictin.
Mais, Benoît est un nom assez répandu
chez les papes. Il y en a eut 13.

Certains
la mettent en parallèle avec un autre texte
prophétique, l'Apocalypse de saint Jean.
Il s’agit de la « prédication
des deux témoins» que mentionne ce
livre, à l'apparition du sixième
ange.
N'oublions
pas que cet ange de l'Apocalypse précède
le septième et dernier, celui qui doit
annoncer la fin du monde et le jugement final.
Or ces deux « témoins » sont
désignés sous le nom étrange
d'« oliviers ».
L'apparition
du dernier ange dans l'Apocalypse est la conclusion
naturelle de la lutte engagée entre Satan
et le Christ ; c'est aussi la destruction du mal
et le triomphe de l'Église.
Or
la Prophétie sur les papes se termine par
une pensée identique.
Voici
le texte : « In persecutione extrema sacrae
Romanae Ecclesiae, sedebit Petrus Romanus, qui
pascet oves in multis tribulationibus; quibus
transactis, civitas septicollis diruetur, et Judex
tremendus judicabit populum. »
(Dans
la dernière persécution de la sainte
Église romaine, siégera Pierre le
Romain, qui paîtra ses brebis au milieu
de nombreuses tribulations. Celles-ci étant
passées, la ville aux sept collines sera
détruite et le Juge terrible jugera son
peuple.)
Sur
cette longue sentence se termine la prophétie
de saint Malachie. Elle annonce la venue d'un
pape qui prendrait peut-être le nom de Pierre
II, qui serait l'ultime pontife de l'Église
romaine avant la fin du monde symbolisée
par la destruction de la ville aux sept collines,
c'est-à-dire de Rome.
Ici
encore le parallélisme avec l'Apocalypse
est parfait et les événements se
suivent dans le même ordre dans les deux
textes.
Benoît XVI : avant-dernier ou dernier
pape ?
La
conclusion de la prophétie n’est
pas une devise. Cependant, elle mentionne un certain
Pierre le Romain.
Cette conclusion apocalyptique est-elle liée
à la 111e devise ou doit-elle être
interprétée de manière distincte
?
En
résumé, Benoît XVI est-il
ce Pierre le Romain ou un autre pape doit-il lui
succéder ? Si l’on prend en considération
la deuxième hypothèse, le dernier
pape serait donc un Italien qui prendrait peut-être
le nom de Pierre II.
Il
serait d’ailleurs assez surprenant qu’un
pape prenne ce nom. En effet, depuis la fondation
de la papauté, aucun élu n’a
osé s’appeler Pierre.
Pierre était l’un des douze apôtres
de Jésus. C’était le chef
du collège apostolique, premier évêque
de Rome, à ce titre considéré
par les catholiques comme le fondateur de la papauté.
Mais
c’est également l’apôtre
qui renia Jésus à trois reprises
peu avant la Crucifixion. Cependant, une triple
protestation d’amour répara ce triple
reniement.
Il joua un rôle essentiel après la
mort de Jésus et oeuvra à la conversion
des Juifs.
Le
Vatican a été construit à
l’endroit où Pierre est mort. Ce
décès se situe pendant ou après
l’incendie qui ravagea Rome en l’an
64.
Pour satisfaire le peuple en colère qui
voulait des coupables, Néron fit sacrifier
des chrétiens. Pierre serait donc mort
martyr.
Ce
dernier point me faire d’ailleurs penser
que le dernier pape pourrait s’appeler autrement
que Pierre mais pourrait être considéré
comme un martyr si la Papauté devait disparaître
comme le prévoit la prophétie.
Le jour du Jugement dernier ?
A
quoi se réfère exactement la dernière
description ?
«
A travers de nombreuses tribulations » :
cela peut s’appliquer à des conflits
ou tout simplement à la difficulté
que connaît depuis longtemps la chrétienté
de rétablir une papauté forte et
reconnue.
Le nombre de catholiques pratiquants n’a
cessé de diminuer ces 50 dernières
années. Si le pape représente toujours
une « force spirituelle », il ne représente
plus une « puissance politique ».
«
La cité aux 7 collines sera détruite
» : il s’agit sans ambiguïté
de Rome. Catastrophe naturelle ? Guerre ? Annexion
du Vatican ?

Le
fléau de l'eau, dans l'Apocalypse selon
Jean (enluminure du XIIe siècle)
«
Un Juge redoutable jugera son peuple » :
On retrouve là la notion de Jugement dernier.
Cette phrase est très symbolique. Le «
peuple » désigne t-il le peuple des
chrétiens ou l’Homme ?
Les
croyants y verront une sentence divine. Mais,
nul ne peut affirmer que cette dernière
prophétie prévoit simplement un
effondrement de la Chrétienté ou
une catastrophe plus planétaire.
Certains disent que le monde entrera alors dans
une nouvelle ère mais la prophétie
n’en fait pas mention.
La
prophétie du moine Malachie est á
tout le moins un bon instrument pour permettre
aux hommes que l'avenir angoisse de s'interroger
sur leur destin...
V.B
(13.09.2005). M.à.J 08.08.2006
Partie
I: Les
prophéties de saint Malachie
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