Les serpents sont tous des prédateurs.
Ils exploitent les sources animales selon leur
environnement.
Certaines espèces se sont spécialisées
et ont un régime alimentaire constant.
On trouve les cochléophages (mangeurs d’escargots)
et les oophages (mangeurs d’œufs).
La prédation
Les serpents utilisent deux techniques de chasse. Soit ils pratiquent
l’embuscade, soit ils maraudent.
Quelle que soit la méthode, ils doivent tout d’abord
détecter la proie, l’approcher, la mettre à
mort pour enfin l’ingérer.
Détection de la proie
Le champ visuel d’un animal se déplaçant au
ras du sol est limité.
Pour pallier à ce problème, certains serpents dressent
leur corps quand ils chassent.
Un python, tête dressée.
By Wander Lustg . Licence
Les espèces arboricoles (certains boas) chassent en se
laissant pendre à une branche.
Le crotale des
bambous de Chine (Trimetesurus stejnegeri) est
arboricole. Sa queue préhensile lui permet
de s'agripper aux branches. Il se nourrit essentiellement
de grenouilles et de petits mammifères.
L’olfaction est le sens prédominant chez les serpents.
Ils possèdent un organe spécial (organe de Jacobson)
qui analyse les odeurs recueillies par la langue.
Pituophis
melanoleucus . By the Horner Jack LizardLicence
Les boïdés et les vipéridés, eux, ont
une image thermique de la proie. Ils sont sensibles aux radiations
infrarouges et peuvent percevoir les plus infimes changements de
température.
L’approche de la proie
Une fois la proie repérée, le serpent se prépare
à la capture. Son approche est lente puis il s’arrête
à une certaine distance. La tête joue un rôle
important lors de l’attaque. Elle est projetée en avant
au moment de saisir la proie. Ce mouvement s’accompagne de
l’ouverture des mâchoires. La proie est alors frappée
avec une énergie considérable.
Les serpents arboricoles ont une approche différente. Ils
se laissent tomber sur leurs proies.
La mise à mort
On distingue quatre processus de mise à mort :
Les constricteurs étouffent leur proie
De nombreuses espèces inoculent un venin
Les serpents minutes ingèrent la victime directement
Une majorité de couleuvres ont une salive toxique et
utilisent aussi la constriction
La mise à mort par constriction est la plus primitive. Boas,
Pythons et certaines couleuvres maintiennent leur victime dans leurs
mâchoires et enroulent leur corps autour d’elle en la
comprimant.
Un python
s'offre un alligator en repas. By Justin Baeder
.Licence
Certains cobras, tels que Naja nigricollis et Naja mossambica en
Afrique, ainsi que certains cobras asiatiques sont des cobras cracheurs.
Ils peuvent projeter leur venin à plusieurs mètres
grâce à une spécialisation des crochets.
L’ingestion
La dimension de la proie étant supérieure à
celle de la tête du serpent, l’ingestion nécessite
une ouverture maximale de la gueule.
En effet, le crâne des serpents comprend plusieurs unités
mécaniques qui jouissent d’une grande mobilité.
Une fois neutralisée, la proie est poussée à
l’intérieur de la cavité buccale, souvent la
tête la première.
La langue n’intervient pas dans le processus d’ingestion.
C’est un organe strictement sensoriel.
Par contre, les glandes salivaires jouent un rôle important
pour la lubrification de la proie.
L’estomac produit des acides extrêmement puissants qui
sont capables d’attaquer tous les tissus, y compris les dents.
En dessous de 10°C, les processus digestifs ne peuvent fonctionner
et le serpent doit régurgiter sa proie.
La température idéale pour la digestion est de 30°C.
Le serpent cherche donc à atteindre cette température
en se chauffant au soleil par exemple
Les rythmes alimentaires
Les serpents absorbent de grandes quantités de nourriture
en une seule fois et sont capables de jeûner pendant longtemps.
Ces jeûnes sont très fréquents en captivité.
Un Python réticulé a survécu pendant 2 ans
½ sans s’alimenter.
On a constaté que les serpents ne s’alimentent pas
pendant la période qui précède la mue.
Par contre, les jeunes serpents ont des besoins alimentaires plus
fréquents.
Des chercheurs ont conclu que l’expansion des mammifères
avait permis l’expansion des serpents au cours de l’ère
Tertiaire.
La réussite des serpents a certainement plusieurs causes.
Cependant, leur faible besoin en nourriture a très certainement
constitué un gros avantage.
Le serpent et l'homme
Les attaques des grands boïdés à l’égard
de l’homme sont très rares. Cependant en 1979, en Afrique
du Sud, un jeune garçon a été avalé
par un Python de 4,50 m. Les secours arrivèrent 20 mn plus
tard mais malheureusement la victime avait déjà été
entièrement avalée.
Attaqué à coups de pierres, le Python régurgita
sa proie. L’adolescent était mort de suffocation.
Un Python réticulé.
Il peut atteindre 10 m de long. By Sworoop CH
. Licence