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Naissance et évolution du pont du Gard
A qui doit-on cette construction colossale ? Les archéologues
ont découvert au XVIIe siècle, une inscription latine
gravée sur une pierre de l’arche principale du pont.
Elle se résume à trois mots : MENS TOTUM CORIUM.
La traduction qui en a été faite est la suivante
: L’élévation de l’édifice a été
totalement mesurée.
Cette inscription anonyme a probablement été faite
par celui qui a conçu et construit l’ouvrage.
On ne connaît pas la date exacte de la construction du pont.
Les archéologues privilégient la période située
entre 40 et 80 de notre ère.

A l’époque, ce type de construction était financé
par des fonds publics et privés. Les Romains adoptaient alors
des mesures fiscales particulières.
La durée du chantier nous est également inconnu.
Par contre, le plus énigmatique dans la construction de cet
aqueduc est sa courte durée de fonction.
En effet, pour des raisons inconnues, l’aqueduc a été
abandonné entre le Ve et le VIIe siècle.
Destiné à devenir une carrière de pierres,
il a été sauvé car considéré
comme une voie de passage très pratique pour la circulation
et cela jusqu’au XVIIIe siècle.
Le pont du Gard est devenu monument historique en 1914. Enfin,
il a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial
par l’UNESCO en 1986.
Caractéristiques du pont du Gard
Ce pont culmine à 48,77 mètres de haut. C’est
le plus élevé des aqueducs antiques. Sa longueur est
de 275 m dans sa partie supérieure.
En maçonnerie jointe avec du mortier, la partie supérieure
est formée d’un ensemble de 35 petites arcades.
Ces arcades supportent le canal couvert par un dallage.
Il faut souligner que les petites arches du sommet ont une portée
de 4,5 mètres !

Le matériau utilisé est la pierre de Vers, un calcaire
coquillier extrait des carrières de Vers, toujours exploitées.

Afin de franchir le Gardon, rivière au débit très
irrégulier surtout pendant les grandes crues de printemps,
l’architecte a superposé trois étages d’arches.
Ce pont canalise les eaux d’une telle façon que toutes
les piles se trouvent au sec durant la plus grande partie de l’année.
Le pont routier qui est accolé aux arches de l’étage
inférieur a été achevé en 1747. Cette
décision a été prise afin que la circulation
puisse s’effectuer sans endommager l’ouvrage. Effectivement,
il ne faut pas oublier que ce pont n’a jamais été
conçu pour le trafic routier.

Les Romains avaient conçu des engins de levage très
ingénieux qui ont été utilisés pour
la construction de l’aqueduc.
Grâce à ces engins, on estime que moins de 1 000 personnes
ont travaillé sur le chantier.
Un ensemble très complexe
Le pont du Gard n’est que la réalisation la plus spectaculaire
d’un ensemble qui traduit bien le génie romain en matière
de constructions.
Un aqueduc « du latin, aqua (eau), et ducere (conduire) «,
conduit l’eau d’une source vers un bassin de réception.
Pour l’aqueduc du Gard, la source, dite de l’Eure, se
trouve dans la vallée de l’Alzon, près d’Uzès.
Elle se situe à 72 mètres d’altitude.

Pont du Gard. 1787. Musée
du Louvre. Paris
Pour conduire l’eau de sa source jusqu’à la
ville de Nîmes, les ingénieurs romains ont du enterrer
le canal et construire bien d’autres ponts.
Ainsi, si vous vous promenez dans la région, vous pourrez
repérer d’autres ouvrages, aujourd’hui en ruines,
qui faisaient initialement partie de l’ensemble.
Vous avez par exemple, le pont-aqueduc de Bornègre, sur
la D3 vers Argilliers. Je vous conseille particulièrement
d’aller l’admirer.
Des aqueducs romains
Aqueduc de Fréjus (Var. France)
Cet aqueduc date du Ier siècle de notre ère. Il menait
l'eau jusqu'aux portes de Rome. Il en reste de majestueux fragments.

Aqueduc de Fréjus
Vaison-La-Romaine (Vaucluse. France)
Vaison-La-Romaine était une
cité romaine très active. Elle était approvisionnée
en eau au moyen de deux aqueducs branchés sur deux sources
voisines. Leur débit total donnait environ 500 litres d'eau
par jour et par habitant, ce qui est proche de notre norme actuelle.

Voie dallée
de Vaison-La-Romaine qui mesure 4,20 mètres de large.
Elle permettait la circulation simultanée des chariots et
des piétons.
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