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Champion du camouflage et de l’immobilité, le poisson-pierre (Synanceia verrucosa) s’ensable souvent. Tout plongeur sous-marin doit se méfier du poisson-pierre. Sa piqûre, très douloureuse, peut parfois être mortelle. En effet, ce poisson est considéré comme le plus venimeux au monde.

Son venin est réputé pour être plus mortel que celui du cobra.

Portrait du poisson-pierre

Ce poisson peut nous sembler très laid, voire même monstrueux. Cependant, il est parfaitement adapté à son environnement. Son apparence cauchemardesque lui permet d’évoluer et de se camoufler dans son biotope.

Poisson pierre

Poisson pierre. By Richard Ling

C’est en fait un pur chef-d’œuvre de l’évolution. Le proverbe qui dit « la nature fait bien les choses » lui convient parfaitement.

Le poisson-pierre ne mesure que 35 cm en moyenne mais si petit qu’il puisse paraître, le « petit poisson » vient à bout sans problème des plus gros.

Il possède une large tête aplatie terminée par une grande bouche verticale. Ses petits yeux, posés sur le haut du crâne, lui permettent de voir sans être vu.

Poisson pierre

Poisson-pierre. Synanceia verrucosa. By ~Sage~

Avec un corps recouvert de débris minéraux de toutes sortes et d’algues, ce poisson nous offre un excellent exemple de mimétisme.

Mode de vie

Equipé d’un déguisement en tout point parfait, le poisson-pierre passe sa journée posé sur les rochers, parfaitement immobile, sur les fonds marins.

Synanceia verrucosa

Parfait mimétisme du poisson pierre. By Boogies with Fish

Il porte admirablement bien son nom car rien ne le distingue des éléments minéraux qui l’entourent.
Toujours à l’affût, il attend que les petits poissons et les crustacés passent à sa portée. Rapide, il n’a plus qu’à les happer dans sa grande gueule.

Un venin plus mortel que celui du cobra

Le poisson-pierre est le plus meurtrier de tous les poissons. Le venin contenu dans les aiguilles de son dos est plus mortel que celui du cobra.
De plus, sa peau renferme également une substance toxique.

Poisson pierre

Le poisson-pierre est le poisson le plus venimeux. By Ben Cooper

A la base de chaque rayon épineux de sa nageoire dorsale, on trouve de petites glandes qui contiennent le venin mortel.
Cet aileron dorsal porte 13 épines.
Un plongeur qui pose son pied ou sa main sur l’un des rayons ressent immédiatement une douleur intolérable.

Outre la douleur, quelques fois la piqûre peut provoquer la mort. Dans le meilleur des cas, on s’en sort avec de graves troubles.
Les épines injectent un neurotoxique puissant qui paralyse les muscles et attaque le système nerveux. La piqûre provoque une forte douleur souvent accompagnée d'une perte de connaissance puis une mort par arrêt cardiaque.

Poisson pierre

Le poisson-pierre se fond dans son environnement. By Paul Huber

Ce poisson est d'autant plus dangereux qu'il vit près des côtes à faible profondeur. Il serait ainsi responsable de la mort de nombreux insulaires de l'océan indien et pacifique malgré l'existence d'un anti-venin développé en 1959.

Son venin est d’ailleurs récupéré à des fins médicales.

Ce poisson n’est pas agressif mais c’est son invisibilité qui le rend dangereux.

On pourrait le prendre doucement sous le ventre et le déposer quelques mètres plus loin. Il ne s’enfuirait pas car il est confiant dans son mimétisme et ses armes redoutables.

Synanceia verrucosa

L'invisibilité du poisson-pierre le rend dangereux. By Jenny Huang

La prévention de l’envenimation par poisson pierre consiste à porter des chaussures à semelles très épaisses lorsque l’on marche dans des eaux peu profondes des lagons de l’Océan indopacifique, d’éviter de marcher sur les récifs coralliens et les fonds rocheux.

Il existe également un faux poisson-pierre dont les épines infligent des blessures douloureuses, mais non mortelles.

Classification: Animalia. Chordata. Actinopterygii. Scorpaeniformes. Scorpaenidae. Synanceia

V.Battaglia (08.12.2005). M.à.J 10.2006

 

Références

Poissons. Le poisson pierre. Editions Proxima 2001
What fish ? A Buyer's Guide to tropical fish. Interpet Publishing 2006
E Lieske, R-F Myers et Y Bouchon-Navaro . Guide des poissons des récifs coralliens. Delachaux et Niestlé 2005