Plante
carnivore
Une
plante peut être qualifiée de carnivore
quand trois critères sont réunis
: attirer une proie, la capturer et la manger.
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Ces végétaux appartiennent à plusieurs familles dont voici les principales :
Nepenthes sp. By Scott Hughes Les plantes carnivores sont présentes sur tous les continents. Il en existe environ 500 espèces. Cette adaptation est très ancienne puisque que l’on a retrouvé des fossiles datant d’environ 85 millions d’années.
Une des nombreuses espèces de grassette (Pinguicula sp.). By Rore Leur
point commun est d’attraper et de digérer
des proies pour augmenter leur apport nutritionnel.
Espèce de la famille des Népenthacées. By Spike 55151 Ces plantes se développent des plaines côtières jusqu’en haute altitude, à plus de 3000 mètres. La majorité des plantes carnivores sont terrestres mais certaines sont aquatiques telle que la plante aquatique à roue (Aldrovanda vesiculosa). Toutes les plantes carnivores possèdent des fleurs mais ce ne sont pas ces fleurs qui jouent le rôle de piège. Ce sont toujours les feuilles.
Rossolis du Cap (Drosera capensis). By Rore Il semblerait donc que certains végétaux soient devenus carnivores pour compenser la pauvreté du biotope. Les proies leur apportent notamment de l’azote et du phosphore. Elles survivent d’ailleurs beaucoup moins bien sur des sols riches.
Des
mécanismes variés permettent d’attirer
les proies : feuille-mâchoire, glu, feuille-toboggan,
nasse, mimétisme …)
Rossolis à feuilles rondes (Drosera rotundifolia) est présente en Europe. Les feuilles sont couvertes de poils glanduleux. By Adm Scoo Parmi les pièges les plus caractéristiques, certains sont très subtils comme les pièges à urnes. Par exemple, les sarracénias attirent les insectes par leurs superbes couleurs et leur nectar.
Trompette jaune (Sarracenia flava). By Jovike Attirée
par ce festin, la victime se pose en haut du cornet
pour récolter le nectar. Mais, aussitôt,
elle glisse, tombant au fond du cornet, et ne
pouvant se rattraper tant les parois sont cireuses
et garnies de soies rigides tournées vers
le bas.
Trompette blanche (Sarracenia leucophylla). By Klynslis La
dionée utilise le système de la
feuille-mâchoire. Lorsqu’un insecte
se pose à l’intérieur de la
feuille, il touche des poils qui commandent l’ouverture
et la fermeture de la feuille. Le piège
se referme en une fraction de seconde.
Dionée. By Bibi La
noyade est utilisée par d’autres
espèces comme le Brocchinia. Les feuilles
sont étroites et forment une sorte de gouttière.
Cette plante d’environ 25 cm de haut ressemble
à un cornet dans lequel l’eau stagne.
Drosera sp. By The Skillet Lickers On trouve également des pièges à tentacules. C’est le système du papier attrape-mouche. Ces plantes sécrètent de la glu qui immobilise la proie. Les tentacules peuvent alors se recourber emprisonnant définitivement la victime dans la feuille. Il n’y a pas que les insectes ou les fourmis qui se laissent prendre aux pièges de ces plantes. En 1987, on a eu la confirmation que les népenthès piégeaient des rats. Apparemment, les rongeurs voulaient s’abreuver et sont tombés dans les urnes dont ils n’ont pu ressortir.
Nepenthes albomarginata. By The World Through Athene's Eyes Les
pièges les plus sophistiqués des
plantes carnivores sont les pièges à
aspiration des Utricularia, des plantes aquatiques.
Les vraies plantes carnivores (Dicotylédones) possèdent des enzymes pour la digestion. Ces plantes sécrètent une ou plusieurs enzymes et peuvent assimiler leurs proies en quelques heures. Par contre, les protocarnivores (Monocotylédones) utilisent des bactéries pour la digestion. Le fond des urnes contient des bactéries qui liquéfient la proie et libèrent les éléments nutritifs nécessaires à la plante.
Nepenthes sp. By Rune Jonhson (a.k.a Certassar) Comme chez l’être humain, les plantes carnivores peuvent avoir des indigestions si la proie est trop grosse. Cette « indigestion » peut entraîner le pourrissement de la feuille à cause d’un excès de sécrétions enzymatiques. Les parties dures des insectes ne sont pas digérées car non dissoutes.
Plante carnivore en action. By Pookasaurus Majoritairement, les proies sont des mouches, guêpes, papillons et autres insectes ainsi que des araignées, des mollusques et plus rarement des petits batraciens.
La dionée est au monde végétal ce que le tigre est au monde animal : une prédatrice. Dans cet univers silencieux où tout semble immobile, la mort rôde. Une mouche explore le cœur rouge d’une belle fleur blanche avec insouciance. C’est la dernière erreur de sa brève existence. Aussitôt les feuilles se referment l’anéantissant sans un bruit.
Dionea muscipula. By Aleiex La dionée (Dionea) est originaire de Caroline du Nord et du Sud. Ses feuilles pivotent sur une sorte de charnière, des ressorts, qui ressemblent à des filaments, assurant la bonne marche du piège. Au milieu des feuilles épanouies, cette jolie fleur blanche laisse admirer son cœur rouge particulièrement attractif pour les insectes.
Insecte piégé dans une plante carnivore. By Green Thumbs L’insecte
vient aussitôt explorer la belle et se retrouve
subitement enfermé dans un piège
mortel.
By Sphistikittenlin Lorsque l’insecte effleure l’un de ces ressorts, le piège se détend et les sucs digestifs de la plante entrent en activité. L’ensemble
du processus de digestion prend environ 10 jours.
Puis la dionée ouvre de nouveau ses feuilles.
Elle se débarrasse ainsi des débris
indigestes de la proie, ailes ou écailles.
Le
népenthès est originaire d’Australie
et des régions orientales de l’Amérique
du Nord. Cette plante est munie de petits récipients
en forme de cruche qui pendent de ses feuilles.
Nepenthes x Ventrata. By The World Through Athene's Eyes Des poils rigides, pointés vers le bas, lui interdisent de s’en échapper. La proie succombe bientôt, empoisonnée par les sucs digestifs.
Le plus remarquable des pièges végétaux est dû à l’utriculaire qui se rencontre habituellement dans les régions tropicales à la surface des étangs et des eaux dormantes. Dépourvue de racine, cette plante dérive au gré des vents et des courants. C’est une plante longue et mince, avec des feuilles très ramifiées, dont chacune supporte environ une douzaine de petites vésicules.
Utricularia pubescens . By The World Through Athene's Eyes Ces
petites outres, les utricules, constituent les
pièges : devant leur ouverture se trouve
une « trappe » que l’on peut
ouvrir du dehors mais non du dedans.
Certaines plantes carnivores recourent à des systèmes différents. C’est le cas de la superbe droséra d’Australie et d’Afrique du Sud (Drosera hamiltonia. Drosera spatulata).
Les droséras sont surnommées "rosées du soleil". Une espèce photographiée à Madagascar. By Daniel Montesinos C’est
une plante odorante, mais dont la fleur, recèle
des charmes mortels. Son cœur, qui ressemble
à une pelote d’épingles, renferme
une colle extrêmement puissante.
By Cpurrin 1 La
grassette feuillue procède d’une
façon semblable. Quand une abeille ou un
papillon s’y pose pour se nourrir, la plante
exsude une substance gluante et capture l’insecte.
La
convention CITES, signée à Washington
en 1973, a été ratifiée par
la France. Y est listé dans l’annexe
I les plantes menacées par le commerce
international. Toute exportation et importation
sont interdites.
Urnes de Nepenthes. By Scott Hughes En cas d’achat, vous devez détenir tous les justificatifs. Des peines assez lourdes sont appliquées en cas de non respect de la loi. Précisons qu’il n’existe qu’une trentaine de pépinières dans le monde qui soient spécialisées en plantes carnivores dont deux en France. V.B (25.05.2007)
Les photos, sauf format flash, sont sous licence creative commons proviennent du site Flickr
Pépinière Nature et Paysages qui détient le record d’espèces à la vente Un site pour se familiariser avec l’entretien des plantes carnivores |



















