Pilier de Delhi Dans la cour de la mosquée du Ktub Minar, à Delhi en Inde, se dresse une impressionnante colonne de fer de plus de 7 m de haut. Érigé au IVe siècle, ce pilier d'un noir bleuté, aussi lisse que de l'acier, surprend par ses dimensions et son état de conservation exceptionnel. Le pilier de Delhi est devenu une véritable curiosité archéologique. Pendant longtemps, le mystère est resté entier concernant la fabrication et la parfaite conservation de ce pilier.
|
On peut admirer ce pilier dans le complexe du Qûtb Minâr dans la banlieue de Delhi. Pesant plus de six tonnes, le pilier a été érigé par le râja Kumaragupta de la dynastie des Gupta. A l’origine, il était surmonté par un symbole de Vishnou, retiré après l’islamisation du site. Contrairement aux autres colonnes de la région, exposées aux mêmes conditions climatiques, celle-ci, malgré ses 1 600 ans, a échappé à la corrosion. Seule une fine poussière de rouille quasiment imperceptible la recouvre. Jusqu'à une époque très récente, la plupart des spécialistes soutenaient qu'avant le XIXe siècle aucune fonderie au monde n'avait pu sortir une pièce de métal de cette taille. Aujourd'hui, on s'accorde à penser que le pilier n'a pas été forgé d'un seul tenant. Il serait en fait composé de plusieurs morceaux de fer forgé martelé à chaud, assemblés au moyen de la soudure par gorgeage, qu'on n'utilise plus de nos jours.
Pilier de Delhi. © dinosoria.com Pour certains métallurgistes, ce mode de fabrication expliquerait la résistance à la corrosion de la colonne. Une couche de protection, composée d'oxyde et de scories, se serait formée à la surface du métal sous l'effet de la chaleur et du martèlement. Pour d'autres, cependant, la solidité de la colonne serait due à sa composition, contenant davantage de phosphore et moins de manganèse que le fer moderne. D'autres pensent encore que la raison principale de la résistance du pilier à la rouille serait l'atmosphère relativement sèche et exempte de pollution de la capitale indienne. En 2002, le pilier a été une nouvelle fois analysé par une équipe de l'Institut indien de technologie de Kanpur. V.Battaglia (02.03.2007) |
