Le massacre des bébés phoques
Chaque année, dans le Golf de Saint Laurent, on en
tuait 100 000.
C’est seulement à partir de 1960 que les associations
commencèrent à alerter l’opinion publique.
Mais, il fallu attendre 1987 pour que le commerce des peaux
de bébés phoques soit interdit.
Paradoxalement, par rapport à d’autres espèces
en voix d’extinction, les phoques du Groenland n’ont
jamais été vraiment menacés de disparaître.
C’est l’aspect inhumain de la mise à mort
de ces jeunes qui a scandalisé l’opinion publique.
Aujourd’hui, seule la chasse des adultes en mer est
autorisée.
Malheureusement, la chasse commerciale des phoques a repris
au Canada. Au cours des 10 jours de chasse en 2005, le nombre
de bébés phoques du Groenland massacrés
cruellement a approché les 250 000.
La migration du phoque du Groenland
Chaque année, les phoques du Groenland entreprennent
un voyage qui les mène des régions subarctiques
de l’Atlantique nord jusqu’à l’Arctique
C’est en général entre la fin du mois
de mars et le début du mois de mai, au moment où
la glace fond, que les adultes rejoignent le Nord où
ils trouveront de nouvelles zones d’alimentation.

Phoque du Groenland. By Sparky Leigh
Ils entament leur migration alors que les petits sont nés.
Les femelles épuisées par la mise-bas et l’allaitement,
reprennent des forces en prévision du long périple
de retour.
La période de la mue intervient avant le départ
de la migration. Ce moment est épuisant car ils sont
dans l’incapacité de pêcher.
Pour voyager, les phoques du Groenland forment en général
de petits groupes de 20 à 30 individus. Ils nageront
ainsi pendant 3 mois et atteindront l’Arctique au moment
de l’été.

Pagophilus groenlandicus. By Chuck Whitney
Il peut arriver que les trajets de migration soient totalement
perturbés. Ainsi en 1987, les phoques du Groenland
se sont dirigés vers la Norvège.
Un individu a même été localisé
dans la Seine !
Le principal danger lors de la migration est
l’orque. Pour se reposer, le phoque se met en «
chandelle », le corps immergé à la verticale
et la tête hors de l’eau.
Pour dormir, il fait la « bouteille » en se mettant
sur le dos.
Les phoques du Groenland peuvent faire 4 000 km vers le sud
pour aller se reproduire. On peut observer des colonies de
3 000 femelles regroupées sur la glace.

Un phoque du Groenland très curieux devant l'objectif. By M.V Jantzen
Mais cette glace flottante bouge sans cesse ; les femelles
doivent donc veiller à aménager des trous de
respiration. A sa naissance, la mère renifle son bébé
; elle pourra ainsi reconnaître son odeur toute sa vie.
Le bébé phoque
La gestation de la femelle dure onze mois et demi. L'embryon
porté par la mère voit, au cours de son développement,
et cela pendant deux mois et demi, sa croissance totalement
stoppée. Ce dispositif permet aux femelles de mettre
bas au moment où la glace s'est formée sur leur
site de reproduction.
Un seul petit naîtra en février/mars. Sa jolie
fourrure ne reste blanche que deux semaines. A la naissance,
le petit pèse environ 11 kg.

Bébé phoque. Licence
Le lait maternel est extrêmement riche et permet au
blanchon de prendre plus de 2,5 kg par jour.
Obligé de rester seul quand sa mère va chasser,
son pelage blanc est un bon camouflage dans la neige.
Elle ne reste jamais absente très longtemps car le
petit, malgré ses 10 cm d’épaisseur de
graisse, pourrait mourir gelé.

Regard intense d'un bébé phoque. Licence
Assez bizarrement, le poil du petit n’est pas vraiment
imperméable. Il n’aime d’ailleurs pas l’eau
et ne sait pas nager à sa naissance. Sa première
leçon de natation se fait sous l’œil vigilant
de maman. C’est d’ailleurs très amusant
de voir cette petite boule de poils flotter à la surface
en écarquillant ses grands yeux sombres.
Lorsqu’ils sont terrorisés, les jeunes phoques
ne crient pas mais tombent en catalepsie et restent totalement
immobiles pendant plusieurs minutes. Leur rythme cardiaque
ralentit et leurs yeux fixes se rétrécissent.

Bébé phoque du Groenland. Licence
A deux semaines, le petit se retrouve seul avec les autres
blanchons. Son pelage devient peu à peu gris. Les poils
tombent par touffes. Cette mue est indispensable pour que
le petit puisse nager et pêcher. Il finira par rejoindre
la mer, poussé par la faim.
On donne le surnom de « guenilleux » ou de «
loqueteux » aux blanchons qui sont en train de muer.
Plus tard, il deviendra un champion de l’apnée
et pourra plonger à 275 m de profondeur.
Dès mi-juin, quand les petits sont assez forts, les
femelles repartent vers les eaux du Grand Nord. Pendant cette
migration, les dangers sont nombreux et notamment les orques,
leur principal prédateur.
Le phoque du Groenland: un gros mangeur
L’alimentation se compose principalement de harengs
et de capelans mais également de morues, de crevettes,
de crabes ou de homards.
Le phoque du Groenland traque en général ses
proies en solitaire. Il possède 34 dents dont de puissantes
canines mais il est dépourvu de molaires. Cela le contraint
à avaler ses proies sans mâcher.
On estime la quantité de nourriture ingérée
par un phoque du Groenland à environ 1,5 tonnes par
an.
V.B (01.01.2006)
Découvrir les autres espèces de phoques
Classification
Règne: Animalia
Phylum: Chordata
Sous-phylum: Vertebrata
Classe: Mammalia
Sous-classe: Theria
Infraclasse: Eutheria
Ordre: Carnivora
Sous-ordre: Caniformia
Famille: Phocidae
Genre: Pagophilus
Espèce: Pagophilus groenlandicus
Distribution : Eaux arctiques de l’océan Atlantique
Dimensions: 1,80 à 2,20 m pour 160 à 180 kg
Espérance de vie: 35 ans
Crédit photographique
Les photos, sauf autre licence mentionnée, sont sous licence creative commons et proviennent du site Flickr
<
Monde Marin
|