Des écologistes québécois défendent la chasse aux phoques Quand des écologistes affiliés à l'Union mondiale pour la nature (IUCN) prennent la défense des chasseurs de phoques, on peut se demander si la crise ne fait pas un peu perdre la tête à certains qui se mettent à tenir des raisonnements que je qualifierais de kafkaïens. Ceux qui sont fidèles au site se doutent que ne suis pas du tout favorable à la chasse aux phoques. Cependant, par honnêteté intellectuelle, je me devais d’analyser sans à priori les arguments de cet organisme.
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Comme vous le savez, le Canada a repris la chasse aux phoques depuis quelques années. Cette chasse avait été interdite pendant plusieurs années suite aux réactions horrifiées du public face à ses bébés assommés à coups de bâton. Pour des raisons économiques, cette chasse a repris bien que de nombreux pays s’y soient montrés hostiles. Le Parlement européen, sous la pression des associations, doit bientôt voter une loi qui interdira l’importation des produits dérivés du phoque dans toute l’Europe.
Bébé phoque du Groenland. Licence Nature Québec a envoyé à chaque député européen une lettre les informant que cette interdiction serait une erreur. Voici les arguments mis en avant :
Le dernier argument est sans aucun doute celui qui a motivé ce retournement de position. Nature Québec rappelle que les zones maritimes sont pauvres économiquement. L’arrêt de cette activité ne ferait donc que renforcer un chômage déjà nettement supérieur à la moyenne nationale.
En rappelant que cette chasse n’a aucun fondement scientifique, Nature Québec souligne implicitement que les vrais motivations des activistes viennent du cœur et non de la raison. Ce à quoi, je réponds « oui » et « non ». De plus, malgré ce que prétend cet organisme, des autopsies avec rapport à l’appui ont prouvé que de nombreux petits phoques étaient écorchés encore vivants. Difficile de qualifier cette méthode d’abattage d’humaine.
Un phoque du Groenland très curieux devant l'objectif. By M.V Jantzen Non, la sensiblerie n’est pas la seule motivation. Il faut quand même rappeler que l’on comptait plus de 3 millions de phoques du Groenland au début du 20e siècle et qu’il n’en restait plus qu’un million dans les années 60. Les statistiques sont formelles et établies par des scientifiques que l’on ne peut accuser de sensiblerie excessive. Les populations subissaient des pertes annuelles de 70% de nouveau-nés, taux énorme qui vouait l’espèce à l’extinction. Ce n’est qu’avec l’arrêt de la chasse, sous la pression du public et des associations, que les effectifs ont commencé à remonter pour atteindre actuellement environ 5 millions d’individus. Alors, oui effectivement cette espèce n’est plus menacée d’extinction et l’on s’en réjouit car il est très rare qu’une espèce ne soit pas inscrite comme étant en danger sur la Liste de l’IUCN. L’arrêt de la chasse peut-elle dérégler l’équilibre de l’écosystème. Je ne sais pas s’il faut rire ou pleurer tant cet argument semble absurde. Avant que l’homme se mette à exterminer tout ce qui bouge sur terre, dans les airs ou dans la mer, les espèces se débrouillaient très bien sans notre intervention et la nature avait trouvé son équilibre. A ma connaissance, la seule espèce qui déséquilibre tous les écosystèmes, c’est la notre. Nous passons la moitié de notre temps à exterminer des espèces et l’autre moitié à nous demander comment faire pour réparer les dégâts. Si les populations de phoques augmentent plus qu’au 19e siècle, c’est avant tout parce que nous avons fait disparaître une partie de leurs prédateurs, les requins en tête. D’une manière générale, en moins de 100 ans, nous avons réussi l’exploit de complètement dérégler tout l’écosystème marin. Rendre les phoques responsables de la diminution des populations de poissons est absurde. Le Canada devrait plutôt demander au Japon et à la Norvège d’arrêter d’écumer les océans avec leurs navires-usines. Quant à l’aspect purement économique, il est beaucoup plus compréhensible mais pas pour autant recevable, surtout venant de la part d’un pays industrialisé comme le Canada. Que doit-on dire alors aux Africains qui vivent largement pour la plupart en dessous du seuil de pauvreté ? Avec un tel raisonnement, il y a longtemps que les savanes africaines seraient désertes. Le Japon et la Norvège justifient, eux-aussi, les massacres par des raisons économiques. N’est-il pas grand temps de revoir notre manière de fonctionner ? Des alternatives économiques existent pour peu qu’on prenne le temps d’y réfléchir. Je suis en tout cas persuadée d’une chose : l’équilibre économique mondial va de paire avec l’équilibre de tout l’écosystème. Véronique Battaglia (12.03.2009)
Note aux internautes: Je ne modifierai pas mon article car cela reviendrait à renier mes convictions. Par contre, vos réactions seront publiées car chacun est libre de s'exprimer. 13.03. De Miguel Article sur la défense des chasseurs de phoques par les écologistes sur cyberpresse.ca |



