Des négligences mortelles
Le 25 mai 1720, le Grand-Saint-Antoine est arrivé dans le
port de Marseille, chargé de balles de coton en provenance
de Smyrne et de Tripoli.
A bord, des marins sont déjà morts. En effet, les
marchandises sont infestées de puces qui transmettent le
bacille de la peste.
Au Proche-Orient, la peste est endémique. Les armateurs marseillais
la considérent comme un risque calculé.

Peste, famine et guerre; la mort
emporte les vivants d'une une danse macabre
Depuis 65 ans, Marseille était épargné par
ce fléau grâce à un système rigoureux
de quarantaine de tous les navires suspects.
Mais, au début du 18e siècle, la vigilance se relâche
: les intendants de la Santé sont achetés par les
milieux marchands.
Ainsi, la marchandise est déchargée et les marins
se promènent librement dans la ville. Les puces suivent.
Un laxisme totalement inconscient
En juillet, les premiers cas se multiplient dans le quartier populaire
de la ville. Les autorités qui craignent un arrêt du
trafic portuaire minimisent les morts et parlent de cas isolés.
Ils adressent une circulaire aux autres ports d’Europe pour
affirmer que Marseille n’est pas pestiférée.
Pourtant, 100 personnes meurent chaque jour.
Certains médecins vont jusqu’à affirmer que
le mal ne touche que les organismes affaiblis et les esprits moroses
!
Il s’agit en fait de la peste sous sa forme bubonique. La
maladie se propage par les puces qui sont très à l’aise
dans une ville réputée comme particulièrement
sale.
La piqûre du parasite provoque un empoisonnement du sang qui
aboutit à une septicémie. Il ne faut que quelques
heures à trois jours maximum pour que le malade décède.
Marseille coupée du monde
Les plus riches s’enfuient et vont s’installer dans
leur résidence à la campagne. Les chanoines de Saint
Victor se barricadent dans leur monastère et sont épargnés
par la peste.
Marseille est totalement isolée et toute activité
cesse à l’intérieur de la ville. Cette inactivité
plonge dans la misère ceux qui n’ont pas encore été
touchés par la maladie.
Au mois d’août, alors qu’il meurt plus de 500
personnes par jour, on ne ramasse même plus les cadavres qui
pourrissent dans les rues en pleine chaleur.

La peste à Marseille
en 1720 (peinture du 18e siècle)
Ce n’est qu’en octobre que la maladie commence à
céder du terrain mais à ce moment là 40 000
personnes sont mortes.
Le fléau est sorti de la ville et frappe Toulon et Aix en
1721. Toute la Provence est touchée. Les autorités
isolent cette province en installant des cordons militaires pour
éviter la propagation à tout le pays.
Les épidémies du 18e siècle
La peste disparaît en Europe après 1721. Mais, d’autres
maladies tout aussi redoutables sévissent tout au long du
siècle :
- La variole dont meurt Louis XV
- Le typhus
- La diphtérie
- La dysenterie qui fait 175 000 morts en 1779
- Le paludisme qui est endémique sur toutes les régions
du littoral infestées par les moustiques
- La tuberculose qui provoquera de nombreux décès
jusqu’au 20e siècle
Les médecins décrivent également de multiples
fièvres malignes qui frappent les populations à la
campagne. Le peuple vit et meurt sans avoir la moindre notion d’hygiène.
Concernant la transmission de la peste, rappelons que le rat n'est
pas le seul vecteur de cette maladie. L'écureuil est également
susceptible de la transmettre.
V.B (09.2004)
Dossier complémentaire
sur la Peste
La Peste
au Moyen Age
La
Peste d'Athènes
Lutte
contre le rat. Maladies. Peste
< Histoire
|