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La Peste au Moyen Âge

À la fin de 1347, un fléau que l’Occident n’a plus connu depuis le VIe siècle fait sa réapparition : la peste.
Du monde musulman à l’Europe occidentale, la peste décime les populations et fragilise les structures sociales.

Le bacille de la peste

La peste est provoquée par une bactérie dont le rat est porteur sans en être lui-même affecté. Le bacille de Yersin se transmet à l’homme par un parasite commun aux deux espèces : la puce. C'est Alexandre Yersin qui découvrit en 1894 le bacille de la peste.
La maladie prend deux formes :

La peste bubonique : des taches noires apparaissent sur le corps au niveau des ganglions et enflent en même temps que la fièvre monte. La mort ou la guérison intervient trois jours après l’apparition des premiers symptômes.
Sous cette forme, la peste est mortelle dans 70 % des cas. C’est elle que l’on a baptisée la peste noire.

La peste pulmonaire s’attaque aux voies respiratoires et est mortelle dans 100 % des cas. C’est cette forme qui est la plus contagieuse.

Il n’existe aucun vaccin contre cette maladie.

La Peste au Moyen Âge

Durant l’époque mérovingienne, la peste s’était répandue dans toute l’Europe, mais avait ensuite totalement disparu aussi bien en Occident qu’en Orient.
En 1346, après six siècles d’absence, elle resurgit dans la région de la mer Noire. En effet, à Caffa, Mongols et Génois s’affrontent.
Au cours du siège, les Mongols, atteints de la peste contaminent les Génois. En regagnant Constantinople, les Italiens propagent à leur tour la maladie.
Cette dernière se diffuse à Messine, puis à Marseille par l’intermédiaire de galères qui débarquent en novembre 1347.

La Peste. Peinture du 15e siecle

Allégorie de la Peste (Peinture anonyme du 15e siècle)

Dévastatrice, la peste qui prend la forme pulmonaire emporte des dizaines d’habitants du port méditerranéen.

La diffusion de la peste

De Marseille, le fléau se répand vers le reste du pays et bientôt vers toute l’Europe.
La peste atteint Paris en juin 1348 puis elle touche le sud de la Grande-Bretagne et la Flandre.

L’hiver apporte une accalmie puis la progression reprend dès le printemps 1349. Cette épidémie tue beaucoup et est d’autant plus problématique qu’elle est récurrente. La pandémie de 1348 n’est que la première apparition d’un fléau qui va revenir à intervalles réguliers tous les dix ans environ, durant plus d’un siècle.

Panique et expiation

Les populations n’ont pas conscience que le mal dont elles souffrent est dû à des causes naturelles.
Elles y voient un signe de la colère de Dieu et cherchent des responsables.

Inévitablement, les groupes marginaux de la société sont désignés comme victimes expiatoires.
Les Juifs sont les premières cibles de cette colère. Accusés d’avoir empoisonné les puits, ils font l’objet de massacres répétés en France, en Suisse et en Allemagne.

La Peste au Moyen Age

Peinture anonyme du 15e siècle

Les catholiques organisent des pèlerinages pour conjurer l’ire divine. Les « flagellants », adeptes de la pénitence et de la flagellation en public, font leur apparition.

Peste. Flagellants. Miniature du 15e siècle

Flagellants (miniature du 15e siècle)

Le pape Clément VI incite les fidèles à plus de modération et condamne les flagellants en octobre 1349.

Conséquences démographiques de la peste

La peste fait disparaître en quelques mois, entre un tiers et la moitié de la population européenne. Une estimation plus précise est difficile. Seuls les registres de baptêmes et des enterrements ont permis de prendre la mesure du désastre.
Mais tous les calculs aboutissent à un minimum de 40 % de décès dans chaque village.

Peste au Moyen Age. Combat de l'ange et du démon

Combat de l'ange et du démon pour emporter l'âme d'un mort (miniature du 15e siècle)

Les plus riches et les mieux nourris sont moins touchés par le fléau. Le plus grave est que les enfants sont emportés en priorité ce qui aura de graves conséquences sur la démographie pour les années à venir.
La maladie fait d’autant plus de ravages qu’elle touche une population qui souffre déjà de la famine et de la guerre.
En ce siècle de troubles, la mort est omniprésente.

Du point de vue économique, les conséquences de la peste sont très graves. Faute d’hommes, il y a une totale désorganisation de la production. Les champs sont en friche et des villages entiers abandonnés.
La main-d’œuvre se raréfie partout et s’il y a une hausse des salaires, il y a également une hausse de l’inflation.

Il faudra attendre la seconde moitié du XVe siècle pour que l’impact du fléau soit en partie réparé.

V.Battaglia (01.2005)

La Peste noire à Marseille . La Peste d'Athènes . Les maladies transmissibles par le rat . Lutte contre la peste au 21e siècle

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