La
Peste
A la fin de 1347, un fléau
que l’Occident n’a plus connu depuis
le VIe siècle fait sa réapparition
: la peste. |
La peste est provoquée par un bactérie dont le rat
est porteur sans en être lui-même affecté. Le
bacille de Yersin se transmet à l’homme par un parasite
commun aux deux espèces : la puce. C'est Alexandre Yersin
qui découvrit en 1894 le bacille de la peste. La peste bubonique : des taches noires apparaissent sur le corps
au niveau des ganglions et enflent en même temps que la fièvre
monte. La mort ou la guérison intervient trois jours après
l’apparition des premiers symptômes. La peste pulmonaire s’attaque aux voies respiratoires et est mortelle dans 100% des cas. C’est cette forme qui est la plus contagieuse. Il n’existe aucun vaccin contre cette maladie.
Durant l’époque mérovingienne, la peste s’était
répandue dans toute l’Europe mais avait ensuite totalement
disparu aussi bien en Occident qu’en Orient.
Allégorie de la Peste (Peinte anonyme du 15e siècle) Dévastatrice, la peste qui prend la forme pulmonaire, emporte des dizaines d’habitants du port méditerranéen.
De Marseille, le fléau se répand vers le reste du
pays et bientôt vers toute l’Europe. L’hiver apporte une accalmie puis la progression reprend dès le printemps 1349. Cette épidémie tue beaucoup et est d’autant plus problématique qu’elle est récurrente. La pandémie de 1348 n’est que la première apparition d’un fléau qui va revenir à intervalles réguliers tous les dix ans environ, durant plus d’un siècle.
Les populations n’ont pas conscience que le mal dont elles
souffrent est dû à des causes naturelles. Inévitablement, les groupes marginaux de la société
sont désignés comme victimes expiatoires.
Peinture anonyme du 15e siècle Les catholiques organisent des pèlerinages pour conjurer l’ire divine. Les « flagellants », adeptes de la pénitence et de la flagellation en public, font leur apparition.
Flagellants (miniature du 15e siècle) Le pape Clément VI incite les fidèles à plus de modération et condamne les flagellants en octobre 1349.
La peste fait disparaître en quelques mois, entre un tiers
et la moitié de la population européenne. Une estimation
plus précise est difficile. Seuls les registres de baptêmes
et des enterrements a permis de prendre la mesure du désastre.
Combat de l'ange et du démon pour emporter l'âme d'un mort (miniature du 15e siècle) Les plus riches et les mieux nourris sont moins touchés
par le fléau. Le plus grave est que les enfants sont emportés
en priorité ce qui aura de graves conséquences sur
la démographie pour les années à venir. Du point de vue économique, les conséquences de la
peste sont très graves. Faute d’hommes, il y a une
totale désorganisation de la production. Les champs sont
en friche et des villages entiers abandonnés. Il faudra attendre la seconde moitié du XVe siècle pour que l’impact du fléau soit en partie réparé. V.B (01.2005)
Lutte contre le rat. Maladies. Peste < Histoire |



