Permien : la plus grande extinction La fin du Permien a été marquée, voici environ 245 millions d’années, par la plus dramatique extinction de masse jamais enregistrée. J’ai réalisé ce dossier en synthétisant les nombreuses théories qui ont été suggérées sur les 50 dernières années.
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Au Permien (295-245 Ma), les continents se rapprochèrent beaucoup. Les supercontinents du nord et du sud, la Laurasie et le Gondwana, entamèrent leur rapprochement pour se réunir à la fin de la période en une seule masse continentale appelée Pangée. Le climat devint de plus en plus chaud et aride. Les grands marécages, les lacs et els plaines inondées s’asséchèrent. Cependant, les conditions climatiques étaient encore trop froides au sud pour permettre l’évolution des reptiles. Le Permien se caractérise par une détérioration du climat. Le niveau des mers a continuellement baissé durant la plus grande partie de cette période. Cette régression a été provoquée par des grands phénomènes de tectonique des plaques ayant conduit à la formation de la Pangée. La Pangée correspond à la fusion de tous les continents. Cela signifie que la fusion des plates-formes continentales a asséché de gigantesques zones, auparavant immergées, qui hébergeaient toute une faune marine. On a également des preuves d’un épisode glaciaire survenu à la fin du Permien, d’après des traces observées en Sibérie et dans l’est de l’Australie. Ces glaciations ont dû être cycliques car le niveau de la mer semble avoir baissé et monté tous les 2,5 millions d’années au milieu et à la fin du Permien. A l’intérieur de la Pangée, d’énormes déserts ont pris place. Tous ces phénomènes physiques ont été décelés d’après les traces paléoclimatiques retrouvées dans les roches permiennes.
Les pélycosauriens sont les animaux les plus connus du grand public. On les appelle communément « reptiles à voilure » bien que cette dénomination soit inexacte. Les pélycosauriens sont les premiers synapsides ou reptiles mammaliens. C’était le groupe le plus répandu au début du Permien.
Recontitution de Dimetrodon. By Diveofficer. Licence Il fallut 80 millions d’années d’évolution reptilienne avant qu’un membre de ce groupe ne s’adapte à la vie dans l’eau. Mesosaurus fait partie des premiers reptiles marins. Il mesurait environ 1 m de long. Les immenses récifs fourmillaient d’animaux marins. Les brachiopodes se multiplièrent et de nouveaux groupes de poissons firent leur apparition.
La fin du Permien fut aussi la fin du Paléozoïque « l’ère de la vie ancienne ». A la fin du Permien, il y a eut des bouleversements dramatiques. Que ce soit sur Terre ou dans les mers, presque toutes les espèces ont été décimées. Que s’est-il passé ? Depuis que les scientifiques se sont penchés sur les grandes extinctions, deux théories se sont opposées : celle dite du « catastrophisme » et celle appelée « uniformitarisme » inaugurée par Hutton à la fin du 18e siècle. Cependant, il est difficile de maintenir une vision totalement « uniformitariste » de l’évolution de la vie. Selon les recherches actuelles, l’apparition des espèces dans les archives fossiles ne résulte pas toujours d’une série continue de changements mais d’une série de sauts. L’extinction de la fin du permien est la plus destructrice mais également la plus difficile à étudier. Des problèmes de datation de roches rendent l’échelle des temps mal définie. Plusieurs causes ont été mises en avant :
Mais, ces phénomènes sont présents à d’autres périodes sans qu’il y ait eu extinction de masse. La détérioration du climat a obligatoirement modifié les biotopes et donc entraîné quelques extinctions. Toutes les espèces n’ont pas été touchées de la même façon. Certaines extinctions ont été plus soudaines que d’autres. Sur les continents, Stephen Jay Gould a établi que 27 familles sur 37 d’amphibiens et reptiles avaient disparu au cours des 5 derniers millions d’années de cette période. Des études ont suggéré que les extinctions chez les tétrapodes terrestres ont commencé 5 à 10 millions d’années avant la fin du Permien. Bien sûr, ces statistiques sont à prendre avec recul car elles sont basées sur les archives fossiles connues. Beaucoup d’espèces restent encore à découvrir sur cette période. Tony Hallam, de l’université de Birmingham et Paul Wignall, de l’université de Leeds, ont souligné que la baisse du niveau de la mer à la fin du Permien a exposé de grandes surfaces continentales à une altération chimique. En 2001, Paul Wignall a renforcé sa théorie en soulignant le fait que la fonte massive de glaces sous-marines libère du méthane qui est un gaz à effet de serre puissant. D’après plusieurs calculs, la teneur en oxygène de l’atmosphère aurait chuté à la valeur très basse de 15% (30% normalement). Dans ce scénario, ce serait une lente asphyxie des espèces sur les continents et dans les mers qui aurait causé les grandes extinctions. Un autre scénario met en vedette les éruptions volcaniques. D’après les traces retrouvées, deux grands épisodes volcaniques se sont produits à la fin du Permien. Steven Stanley, de l’université J.Hopkins à Baltimore, a soutenu l’hypothèse du refroidissement planétaire. Ce refroidissement est effectivement attesté ainsi que la formation de calottes glaciaires aux deux pôles à la fin du Permien. De plus, personnellement, je ferais remarquer que d’autres épisodes glaciaires se sont produits sur notre planète sans que cela entraîne de grandes extinctions de masse. Il est certain que la fusion des continents, la baisse du niveau des mers et les changements climatiques ont affecté les espèces animales. Concernant l’extinction du Permien, il n’existe aucune preuve d’un impact météorique. Du moins, on n’a pas encore retrouvé un cratère suffisamment grand et daté de cette période qui pourrait correspondre au bouleversement de la transition permo-triasique. Beaucoup plus récemment, en mars 2009, une nouvelle théorie a été publiée dans la revue Doklady Earth Sciences. Selon eux, ces gaz volatils aux effets toxiques sur la flore environnante, auraient été à l’origine d’un changement majeur de la composition de l’atmosphère. Les chercheurs ont estimé le taux de gaz halogénés volatils provenant du bassin du Zechstein, une ancienne mer intérieure de près de 600.000 km² située au niveau de l’actuelle Europe du Nord. Parmi toutes ces théories, il est difficile de désigner un seul coupable. On peut simplement affirmer que sur une période d’environ 20 millions d’années (environ le milieu du Permien à la fin), de gigantesques bouleversements à l’échelle planétaire ont été provoqués par la fusion des continents et le changement climatique. Il est donc plausible que cette grande crise a été l’aboutissement d’une interaction entre différents changements. Dans l’étude des extinctions, il est possible que nous n’ayons jamais aucune certitude. V. Battaglia (14.05.2009) |
